Quatrième dimanche de l'Avent A - 1998/1999

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Vendredi prochain, c’est Noël. En ce dernier dimanche de l’Avent, notre regard se porte vers les parents de l’enfant qui va naître : Joseph et Marie... Un couple qui est bien plus proche de nos situations humaines qu’une lecture superficielle de l’évangile ne pourrait le laisser croire.

Au départ, voici donc deux jeunes, entre quinze et vingt ans, qui ont fait ensemble le beau projet de devenir époux. Ils sont des fiancés heureux. Ils connaissent ce temps du bonheur que sont les fiançailles.

Or, voici que vient la souffrance. Joseph connaît l’affreuse souffrance morale d’apprendre que sa fiancée est enceinte. Tout son rêve de bonheur vole en éclats. Et là, il décide de ne pas épouser Marie. C’est la décision d’un homme juste, nous dit l’évangile. De quelqu’un qui s’efface de la vie de Marie et de son enfant qui vient de Dieu.

Cette histoire, en son essentiel, est parfois la nôtre. Nous nous trouvons dans des situations de contraintes que nous n’aurions pas choisies mais que nous sommes invités à dépasser, pour trouver une solution en Dieu. Couples stériles, enfants inattendus, enfants malades, grands adolescents qui donnent du souci, enfants adultes qui suivent un chemin qui nous est douloureux... dans toutes ces situations, nous sommes tentés de nous passer de Dieu. Or, la solution dernière de nos problèmes humains, comme pour Joseph, ne se trouve qu’en Dieu !
Car voici que Dieu demande à cet époux de revenir sur sa décision. Et il confie à Joseph une double mission : 1° prendre Marie chez lui comme épouse; 2° donner un nom à l’enfant, c’est-à-dire assumer la paternité légale de cet enfant. Pour des parents, adopter un enfant, c’est l’accueillir comme s’il était né de leur chair, comme dit une belle chanson d’Yves Duteil : « prendre un enfant pour le sien ». Au temps biblique, l’adoption avait beaucoup plus de valeur encore qu’aujourd’hui. Les liens adoptifs étaient même plus forts que ceux du sang. En adoptant le fils de Marie, Joseph devient son vrai père, mais par une sorte de don de Dieu. Osons-nous accepter que Dieu modifie nos projets pour nous les rendre purifiés et transformés ?

Ce qui est unique dans l’histoire de Joseph et Marie, c’est la conception virginale de l’enfant que suppose très clairement l’évangéliste : « elle fut enceinte par l’action de l’Eprit Saint ». C’est la signature de Dieu sur une oeuvre qui nous dépasse infiniment. Donner au monde un enfant qui soit à la fois Fils de Dieu et fils de l’homme, Fils du Père et fils de Marie. Par la chair, Jésus naît dans une famille, celle de David, à laquelle il est introduit par l ’adoption de Joseph. Par l’esprit, il est bien plus qu’un homme habité par Dieu. Il est Dieu en personne. L’Homme-Dieu.

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