Quatrième dimanche de carême A - 1998/1999

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Au tiercé des candidats au trône, le petit roux aux yeux bleus n’avait aucune chance. Le dernier-né de Jessé, le huitième, n’était d’ailleurs qu’un jeune adolescent. Samuel, le prophète, ne songeait pas à lui... Mais c’est le benjamin qui fut choisi : David ! Un bien mauvais choix aurait dit les spécialistes ou les frères évincés. Une imprudence et une folie ! Mais Dieu ne juge pas selon les apparences humaines. Le Seigneur regarde le coeur. « L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là » (1ère lecture), au point qu’il devint une lumière pour son peuple.

Etrange lumière d’ailleurs : elle ne jaillit pas des ressources de la connaissance ni de l’habileté du pouvoir, mais bien de cette intelligence du coeur qui se nourrit de l’intimité avec Dieu. Nous voici donc invités à nous laisser éclairer par la lumière véritable pour devenir à notre tour petite lampe qui produit dans l’obscurité du monde « bonté, justice et vérité » (2ème lecture).

Le mendiant des souks de Jérusalem était né aveugle. Il ne pouvait voir la lumière. Jésus, pourtant, refait pour lui le geste du créateur. Car cet homme né dans les ténèbres est le vivant symbole de l’humanité plongée dans la nuit de l’incroyance. Jésus pétrit de la boue pour en faire un homme nouveau. Il va le faire naître de l’obscurité à la lumière. Il va le faire passer de l’ignorance à la confiance.

L’homme accepte de se laisser envoyer à la piscine de Siloé. Il est recréé voyant par l’eau qui régénère.

Il devient alors le témoin de Celui qui l’a fait voir en racontant ce qui lui est arrivé. Et de proche en proche, la parole de l’aveugle guéri s’affermit. Après les doutes des voisins, ce sont les refus réitérés des pharisiens, qui jugent Jésus sur l’observance du sabbat telle qu’ils la comprennent. La défiance s’installe, alors que grandit la foi de l’ancien aveugle. Il est frappant de constater que Jésus que Jésus n’est présent, dans cette scène d’évangile, qu’au début et à la fin. Au cours du véritable procès qu’on lui intente, il est absent. Et c’est l’aveugle qui devient son représentant dans le monde incroyant.

Les parents à leur tour se dérobent. Quand leur fils est exclu de la communauté, Jésus l’accueille. Et c’est de cette rencontre personnelle que peut vraiment s’épanouir la véritable joie de croire. On croirait déjà entendre, dans ce dialogue, la liturgie baptismale de la nuit de Pâques :

- « Crois-tu au Fils de l’homme ? »
- Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »
- « Tu le vois, et c’est lui qui te parles. »    - « Je crois, Seigneur » et il se prosterna devant lui. »

Nous avons toujours à poursuivre notre initiation baptismale. Nous avons à nous laisser abreuver de l’eau vive de sa parole, comme la Samaritaine de dimanche dernier, pour célébrer avec lui le culte en esprit et vérité. Nous sommes invités, particulièrement en Carême, à renaître d’eau et d’Esprit Saint, pour, le regard purifié, accéder à la claire vision de Jésus. Ainsi, nous serons les témoins de la transfiguration qu’il opère en nous.

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