Quinzième dimanche dans l'anné A - 1998/1999

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Le temps des vacances est favorable au recul et à la retraite. Nous pouvons mieux nous y interroger sur nous-mêmes. Nous y avons aussi la possibilité de surtout y découvrir la prodigieuse fertilité de la Parole de Dieu quand elle a trouvé un sol hospitalier.

Quelle terre sommes-nous ?

La graine semée en terre est donc la Parole de Dieu. Elle est gonflée de vie, de bonheur, de force irrésistible. Mais encore faut-il qu’elle tombe dans une bonne terre. Quelle terre suis-je pour recevoir cette Parole ? Suis-je comme un sentier à la croûte durcie, me tenant à l’écart, indifférent à toute attente religieuse ? Ou suis-je pareil à un humus léger, superficiel qui se laisse attendrir par une lecture, un film ou une rencontre, mais qui oublie très vite la grâce donnée ? Suis-je encore comme un champ envahi par les ronces des convoitises, des amertumes, de la jalousie, et qui ne permet pas à la voix de Dieu de se faire entendre ? Et même, si je suis une bonne terre, ne puis-je pas la travailler davantage pour la préparer à recueillir la semence ? Les congés ne sont-il pas un moment propice à un sérieux bilan spirituel ?

Fécondité de la Parole

Ce regard sur soi, honnête et lucide, est important. Mais en même temps la liturgie de ce jour élève nettement plus haut. La Parole de Dieu, dit le prophète Isaïe, est comme une pluie bienfaisante qui arrose la terre pour la féconder. C’est elle qui permet aux légumes du potager de grandir et au froment de mûrir. Quand elle est accueillie dans une bonne terre, ses fruits dépassent largement toute prévision. Quand Dieu parle, dans le même mouvement, il réalise ce qu’il dit. « Tu visites la terre, Seigneur, et tu l’abreuves », chantions-nous dans le psaume. Tombées du ciel, les pluies n’y retournent qu’après avoir accompli avec surabondance leur mission de fécondité.

Et mesurons-en les dimensions ! C’est la création toute entière, nous dit saint Paul, qui est appelée, après une douloureuse et mystérieuse transformation, à « connaître la liberté, la gloire des enfants de Dieu ». Rien ne mourra de ce que Dieu a créé, mais tout sera glorifié !

Oui, lorsque à vue humaine, tous les obstacles s’accumulent sur les pas, quand toute la peine apostolique que l’on se donne semble vaine, Jésus invite à vivre dans la certitude que la moisson finira par venir et qu’elle sera magnifique. Pour cela, nous avons à nous faire terreau accueillant à la Parole divine. Qu’elle vienne émonder et purifier nos terrains encombrés !

Un jour, en Marie, Dieu a préparé une très bonne terre. Et sa Parole a pris chair, au sens le plus fort du terme. Et l’univers a donné son fruit le plus précieux. C’est une grâce à demander par la Vierge : que notre vie soit remise et maintenue en cohérence avec l’évangile. Quelle ne sera pas alors notre joie dès que nous apercevrons qu’en nous nourrissant de la Parole, nous aurons de quoi rassasier les autres !

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