Troisième dimanche de Pâques A - 1998/1999

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En Palestine, il y a au moins quatre lieux  qui pourraient être la localisation d’Emmaüs. Et les manuscrits anciens font varier  entre « 60 stades » ou « 160 stades) la distance de Jérusalem. Cette imprécision est significative, autant que l’anonymat d’un des deux disciples. Emmaüs, c’est partout où un homme marche avec Jésus sans le savoir. Emmaüs, c’est partout où se produit la rencontre avec le Christ vivant.

Mais comment se produit cette rencontre ? L’évangile de ce dimanche le propose par deux moyens indispensables : l’Ecriture et le partage du pain.

L’Ecriture : premier moyen pour reconnaître Jésus dans nos vies

Dans toute vie humaine, un jour ou l’autre, il nous arrive de grandes déceptions, des échecs, des deuils cruels, des situations humainement insolubles. Jésus est là ! Dans ces situations si lourdes à porter. Jésus marche avec nous, au coeur de nos fragilités et de nos désespoirs. Laissons-nous regarder par le Christ.

Les deux marcheurs d’Emmaüs savaient tout sur Jésus, depuis son origine nazaréenne jusqu’à la découverte par les femmes de son tombeau vide. Ils savaient même qu’un messager du ciel a dit que Jésus est vivant. Que manquait-il pour qu’ils le « reconnaissent », pour que leurs coeurs deviennent « brûlants » ?

La foi ! Et Jésus leur dit d’abord : «  O esprits sans intelligence et coeurs lents à croire ! ». Et puis, sur les événements de sa vie et de sa passion, il projette la lumière des Ecritures. L’Ancien Testament éclaire le Nouveau, la Bible introduit à l’Evangile. C’est la fréquentation de la Parole, lue, écoutée, partagée, assimilée comme une nourriture qui éclaire, fortifie et rend l’espérance. Nous avons à relire, souvent, l’Ecriture, pour voir clair dans nos vies, dans nos déceptions, nos échecs et nos découragements. Souvent, nous avons à progresser dans une connaissance plus profonde et plus intime de Jésus.

Pourtant, l’Ecriture ne suffit pas. L’enseignement de Jésus ne leur a pas encore ouvert les yeux. Il y a un pas supplémentaire à franchir.

La fraction du pain : deuxième moyen de reconnaître Jésus

Que faut-il donc ? Une certaine ouverture du coeur : « Reste avec nous : le soir approche et déjà le jour baisse.» Et puis c’est seulement, lors du rite eucharistique, quand Jésus « dit la bénédiction », que leurs yeux s’ouvrent totalement. Le récit devient liturgie et l’invité prend le rôle du maître de maison : « Il prend le pain, prononce la bénédiction, rompt le pain et le leur donne .»

On ne peut rencontrer pleinement Jésus aujourd’hui vivant , qu’en recevant le Pain que Jésus veut rompre dans l’eucharistie.

Après la « liturgie de la Parole », il faut entrer dans la « liturgie de la Table » pour rencontrer Jésus ressuscité. On ne rencontre jamais Jésus sans rejoindre la « communauté Eglise » réunie dans le repas de la Dernière Cène.

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