Premier dimanche de l'Avent A - 2001-2002

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Quand nous prenons ce dimanche de l’Avent comme le premier de toutes les célébrations de l’année qui vient, nous entendons bien faire savoir que, pour nous, il n’y a pas que le soleil, la lune et les étoiles qui font le calendrier de notre vie. Notre vie de prière et d’adoration tourne autour d’un autre soleil : Jésus de Nazareth, Parole vivante de Dieu. Avec lui, tous nos vies humaines deviennent prières et louanges. Il est notre liturgie pour célébrer la présence de Dieu dans notre monde.
Cette année, c’est par la fin de l’évangile de Matthieu que commence l’année liturgique. Dans la vision de L'Evangile, toute fin est un commencement. La Mort et la Résurrection du Christ nous ouvrent vers le temps nouveau où la fin est l’Avènement de Dieu dans notre vie.
Notre premier acte de foi en Dieu n’est-il pas de croire d’abord que notre monde a un commencement et une fin ? Mais ce que nous croyons et ce que nous sommes dans la vie n’est pas toujours au même niveau. Le temps de l’Avent arrive comme un espace de renouveau. Nous pouvons tout reprendre. Nous pouvons changer notre façon de voir. Avec Dieu, chaque jour est nouveau, chaque saison est nouvelle.
Entre le commencement et la fin, c’est la création qui continue avec l’action permanente de Dieu. De l’Éternel jaillit continuellement le don de vie. Nous le recevons à chaque instant qui vient et qui passe, toujours nouveau, actuel comme ce battement de cœur, comme ce mouvement de respiration qui rythme ce merveilleux instant, à la fois fugitif et constant. C’est déjà une prière que d’y s’arrêter, de se laisser émerveiller par la vie qui palpite à chaque instant.
Les textes de l’Avent sont illustrés de nombreuses figures qui ont su découvrir cette façon nouvelle de regarder les événements de la vie. Aux prises de positions habituelles des militaires et des politiciens de son époque qui cherchaient à fortifier et à équiper Jérusalem comme une forteresse, Isaïe a opposé sa vision de porte-parole de Dieu : Jérusalem ne devait pas être une capitale à renforcer et à défendre constamment dans le sang contre les ennemis d’Israël. La cité de Dieu devait être une ville ouverte. Tous les peuples devaient y trouver l’accès pour y adorer et rencontrer le Dieu de tous les hommes. C’est alors que les hommes renonceront à la course aux armements et transformeront en instruments de travail leurs engins de mort. Ce plan de paix, Isaïe le voyait venir avec un enfant. Son nom sera Emmanuel, Dieu avec nous.
Paroles de prophète, de Paul de Tarse, de Matthieu, l’évangéliste, toutes nous parlent de l’Avènement de Dieu. Il ne cesse de venir tout au long de l’Histoire. En une seule phrase, Teilhard de Chardin résume pour nous l’Odyssée du Salut. « Il ne fallait rien moins que les labeurs effrayants et anonymes de l’Homme primitif, et la longue beauté égyptienne, et l’attente inquiète d’Israël et le parfum lentement distillé des mystiques orientales, et la sagesse cent fois raffinée des Grecs pour que sur la tige de Jessé et de l’Humanité, la Fleur pût éclore ». 
Le temps de l’Avent ose mettre tout homme en face du Fils de l’homme qui vient à sa rencontre. Il rappelle la vocation chrétienne comme celle des guetteurs de Dieu : veiller. Jésus multiplie les images fortes pour nous réveiller et nous rappeler que nous avons un rendez-vous avec Dieu. Les images de l’éclair, du déluge, du cambrioleur insistent sur le caractère personnel et secret que Dieu tient à avoir avec chacun comme son unique. Pour nous réveiller des torpeurs de paradis artificiels,  l’Avent nous invite à la conversion.
Le Seigneur est déjà venu. Il est là. Nous ne réalisons pas complètement sa présence. L’Avent porte ainsi le caractère d’attente et d’accueil. En suivant la vie de l’Église, nous savons qu’attendre c’est être là, intensément. C’est monter la garde du présent.

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