Deuxième dimanche de l'Avent A - 2004-2005

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La Parole de Dieu que nous venons de proclamer est d'une telle richesse qu’elle dépasse nos attentes et notre imagination. On ne compte plus les images que le prophète Isaïe a utilisées pour annoncer ce qui va venir. Il est le prophète de l’Avent. Nous arrivons aujourd’hui au grand chapitre 11. L’avenir de notre monde n’est pas dans des promesses, mais dans un homme sorti de la communauté humaine comme un rameau de sa racine.
Il réalise les attentes des hommes car, sagesse, discernement, esprit de conseil, esprit de force, esprit de connaissance, de crainte de Dieu constituent sa personnalité. Il est l’homme de justice, de droiture et de fidélité.

Avec la venue du rameau qu’annonce Isaïe, Israël se relève, et le monde change. Le rapprochement des extrêmes, prédateurs et victimes, donne des images si fortes qu’on ne cesse de les répéter, de les paraphraser au point qu’elles risquent de devenir des images d’Epinal : loup - agneau, léopard - chevreau, veau - lionceau, nourisson - cobra, enfant - vipère.

Il faut les convertir et les actualiser : les Serbes font la fête avec les Kossovars, les Tutsis gouvernent avec les Hutus, les Juifs et les Arabes vivent dans une palestine unie, les Chinois accueillent les Tibétains et reconnaissent leur terre natale au toit du monde, les Ukrainiens échangent paisiblement avec les Russophones comme les Wallons avec les Flamands. Il n’y a plus de gens ni de gauche ni de droite, ni d’extrême centre non plus, il n’y a que des rencontres, des vis-à-vis. On peut allonger encore la liste des opposés.
Mais plus près de nous encore, en nous-mêmes, il y a aussi des rapprochements à réaliser. Je ne suis plus allergique à la présence de telle personne, je cherche à échanger avec celui que j’ai envie d’exclure, je vais au devant de celui que je voudrais fuir.
C’est sur cette base que Jean le Baptiste crie dans le désert. Il interpelle les gens à se convertir car ce que le prophète Isaïe a annoncé est proche. Le message est si fort que les gens n’hésitent pas à gagner le désert « en grand nombre pour se faire baptiser par lui en reconnaissant leurs péchés. » 

L’intervention de Jean a mis encore au clair bien des choses. L’aveu du péché n’est pas seulement un acte de purification comme on prend un bain pour se laver. Il doit conduire à des comportements nouveaux, au changement complet de sa façon de vivre.
Jean a exprimé sa pensée en des invectives violentes à la façon des anciens prophètes. Comme eux, il est saisi par le sens de Dieu. Il n’est pas en colère contre ce qui ne lui plaît pas. Son langage n’est pas l’expression de sa propre vengeance, de sa rancœur envers les pharisiens et les sadducéens, camouflée sous les citations de la Bible. Il ne cite pas les Ecritures pour régler son compte avec ceux qu’il n’aime pas.

Il revendique hautement le droit de Dieu, en commençant à être sévère contre lui-même. Il le dit : Dieu dépasse à l’infini son inspiré. Il n’est que le rite de l’eau alors que l’œuvre de Dieu est le souffle de feu qui infuse la vie divine à l’homme, dans son intérieur.
On est à l’école de Jean Baptiste sans le savoir. C'est en image qu'il parlait à la foule. Il faut tout simplement tracer un chemin, enlever tout ce qui bloque la route pour que le Messie puisse venir.

Le monde, notre cœur sera alors rempli de la connaissance du Seigneur, « comme les eaux qui couvrent le fond de la mer. » Le mot est du prophète Isaïe. Et St Paul nous redit la même expérience : « Dieu sera tout, en tous ».

Jean-Baptiste a raison : il y a urgence à nous convertir. Alors supplions le Dieu de la persévérance et du courage de venir à notre secours. Et tout à l’heure, en venant communier, nous recevrons la force de renouveler notre relation avec Dieu et nos relations avec nos proches...

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