Troisième dimanche de l'Avent A - 2007-2008

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Espérer résume la troisième étape vers Noël Oui, aujourd’hui, c’est le dimanche de l'espérance au cœur même du doute  et du découragement.

Impossible d'oublier le trouble qui a saisi Jean-Baptiste. Il est en prison. Hérode l'a fait jeter dans la forteresse de Machéronte, sur les hauteurs de la Mer morte. Comment pourrait-il ne pas s'interroger, ne pas douter ? Il n'a plus rien à espérer, la suite le prouvera. Et pourtant, il a été fidèle à sa mission de prophète. Alors, où est Dieu, que fait-il ? Ne pourrait-il pas épargner un tel châtiment injuste à ceux qui lui sont fidèles ? Et Jésus, est-il vraiment l'envoyé de Dieu ? « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »

Cette question est aussi la nôtre. Quand l’épreuve nous accable, ne disons-nous pas : « Où est Dieu, que fait-il ? » On nous invite en effet à célébrer à Noël le souvenir d'un événement capital, vieux de plus de 2 000 ans, et rien, en apparence, n'a changé. Le loup n'habite pas avec l'agneau, la paix n'est pas pour demain, les boiteux continuent à boiter et les aveugles à ne pas voir. N'a-t-on pas raison d’être désenchanté ?
La question est on ne peut plus claire. Elle exige une réponse claire. En ce 3e dimanche de l'Avent, écoutons l'inlassable exhortation d'Isaïe : « Prenez courage, ne craignez pas, voici votre Dieu. Il vient lui-même et vient vous sauver. Le boiteux bondira comme un cerf et la bouche du muet criera de joie. »

Écoutons Jésus nous dire avec persévérance :  « Le Royaume de Dieu est proche, il est au milieu de vous » ; « Allez rapporter à Jean ce que vous voyez : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, la Bonne Nouvelle est pour les pauvres. »
L'apôtre Jacques, dans sa lettre que nous venons de lire, a trouvé les mots qui peuvent nous mener, par la patience, à la joie de l’espérance : « Frères, en attendant la venue du Seigneur, ayez de la patience. Voyez le cultivateur, il attend les produits précieux de la terre avec patience. »

Dans le quotidien de nos journées, nous sommes invités à ne faire qu'un avec le Christ pour qu'il continue, par nous, à réaliser sa Promesse. Le Christ, aujourd'hui, n'a pas d'autres mains que les nôtres pour transformer le monde. Les mains du Christ, le regard du Christ, la tendresse du Christ passent désormais par nos mains, nos yeux et notre cœur.
La joie ne se fait plus attendre, quand mon « moi » se remet en question et se retrouve sorti de chez soi. Dans la première lecture, Isaïe avance vingt-deux verbes qui font rebondir la vie : « Se réjouir, exulter, crier de joie, fleurir, se couvrir de fleurs, voir la gloire et la splendeur, s'ouvrir, fortifier, affermir, prendre courage, ne pas craindre, venir, arriver, s'ouvrir, bondir, se réunir, illuminer de bonheur, rejoindre, douleur et plainte s'enfuiront... » La joie est là. Elle est donnée à ceux qui veulent bien la désirer, comme le cultivateur qui travaille, qui sème et qui attend. C'est le fruit de l'Esprit qui, seul, peut dégager l'horizon de notre vie, ouvrir au large notre tête et notre cœur, libéré des idées toutes faites… 

C'est la joie de Jean, le précurseur qui, même emprisonné, se sent délivré de l'image rêche du Messie qu'il a cru bon d'annoncer. Jésus n'est pas le justicier qui tient dans ses mains la pelle à vanner. Il est celui qui cherche à guérir tous les blessures des hommes.

Oui, osons l’espérance, car Dieu est avec nous sur la route de notre vie. Il a déposé en nous les graines de vie et d’amour qu’il nous revient de faire fleurir, puisqu’il nous en donnera chaque jour la force !

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