Quatrième dimanche de l'Avent A - 2007-2008

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A certaines heures, devant les drames de nos vies et du monde, notre foi est mise àA l'épreuve par l'apparent silence de Dieu. C'est pourquoi, à 48 heures de Noël, il nous est bon de rencontrer un homme éprouvé qui a su s'ouvrir ouvert à l'imprévu de Dieu. Dans l'évangile de ce jour, Joseph est, en effet, un homme tellement atteint par ce qui arrive à Marie, qu'il s'apprête à la répudier secrètement. Or, contre toute attente, voilà qu'il la prend chez lui. Que s'est-il passé ?

Si Joseph est sorti de son trouble, c'est d'abord parce qu'il a été un homme d'écoute ! Dans l'épreuve et la nuit, il prête l'oreille comme quelqu'un qui ne sait pas tout, à qui il reste beaucoup à apprendre. Si on dit de Joseph qu'il est un homme juste, c'est qu'il est plus profondément un « homme ajusté ». À travers les aléas de sa vie, il a cherché à s'ajuster à la volonté de son Dieu. N'avons-nous pas comme lui à nous laisser instruire, à nous ajuster nous-mêmes au dessein parfois déconcertant mais toujours bienveillant de notre Dieu, pour l'accueillir et lui donner une confiance renouvelée.

À Joseph, éprouvé, l'ange du Seigneur a révélé deux titres mystérieux de l'Enfant Dieu qui ont illuminé sa nuit et lui ont rendu la paix. « Il s'appellera Jésus, c'est-à-dire « le Seigneur sauve ». Et puis on lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui se traduit « Dieu avec nous ».

Accueillir Jésus, comme « Sauveur », n'est-ce pas d'abord reconnaître que le Christ vient en cette nuit de Noël, comme tout au long de nos vies et de l'histoire, là où il y a des hommes et des femmes à sauver. Jésus dira lui-même, au cœur de sa vie publique, qu'il n'est pas venu pour les bien-portants et pour les justes, mais pour les malades et les pécheurs. Aussi, voici pour nous une source inouïe d'espérance. En dépit des apparences, des situations qui nous semblent sans issue, il nous faut oser croire qu'avec Jésus, il n'y a plus d'impasses définitives et insurmontables dans nos vies ; on ne peut plus désespérer de soi ni de personne, car devant Dieu, il n'y a plus rien qui soit à jamais perdu. C'est pourquoi, la nuit de Noël, une joie secrète habite le cœur de tout homme, de tout âge et en toute situation de péché ou de grâce.

À Joseph, inquiet, l'ange du Seigneur donne à l'Enfant Dieu un autre titre qui va apaiser son cœur : « On lui donnera le nom d'Emmanuel, ce qui se traduit “Dieu avec nous”. » Accueillir Jésus comme l'Emmanuel, « Dieu avec nous, c'est reconnaître que, malgré l'impression de silence voire d'abandon, nous ne sommes plus jamais seuls, abandonnés, que même aux heures d'épreuve et d’obscurité, une présence secrète nous accompagne. Dieu lui-même habite notre nuit et fait route pour toujours avec nous.

L'Emmanuel, Dieu avec nous : c'est, en définitive, le premier et le dernier mot de notre Dieu, l'unique bonne nouvelle de tout l'Évangile. La lumière de la nuit de Noël sera encore, nous le savons, comme la lumière de la nuit de Pâques, capable de s'infiltrer dans ténèbres les plus épaisses pour nous rendre joie et espérance. En cette avant-veille de Noël, au moment où partout des hommes et des femmes cherchent à tâtons l'espérance et la joie, où tant d'êtres seuls appellent le réconfort d'une présence, puissions-nous croire et aider à croire que, depuis Noël et Pâques, toutes les heures de notre vie, jusqu'à l'heure de notre mort, sont des heures bénies où Dieu nous est indéfectiblement présent.

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