Cinquième dimanche de carême A - 2007-2008

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Les trois textes de la liturgie de ce dimanche nous parlent de la vie plus forte que la mort. Le peuple hébreu vivait en Exil. Il était comme mort. Il n’avait aucune lumière, aucun espoir devant lui. Au nom de Dieu, le prophète Ézéchiel lui annonce un retour à la vie : « je vais ouvrir vos tombeaux… je vous ramènerai sur la terre d’Israël… Je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez. » C’est une promesse ferme : « Je l’ai dit et je le ferai ! »
L’Apôtre Paul, lui, parle de deux situations opposées : vivre « sous l’emprise de la chair » ou « sous l’emprise de l’Esprit ». Pour Paul, être baptisé, c’est être appelé à mener une vie nouvelle dans l’Esprit. Autrement dit, notre corps nous rattache à un monde marqué par la mort, mais l’Esprit qui nous habite, nous appelle à une vie divine.

Le premier texte annonce une vie nouvelle dès ici-bas, le second en proclame une au-delà de la mort. Les deux textes invitent à croire fermement que le Dieu auquel nous adhérons est un donneur de vie. Il fait vivre maintenant ; il fera vivre éternellement ceux et celles qui s’en remettent à lui.

Le message de l’évangile est en lien étroit avec les deux premiers textes. Il les complète et les éclaire. Lazare était bel et bien mort. Il était au tombeau depuis quatre jours ! Le Christ le ramène à la vie pour un temps , puisque Lazare mourra de nouveau. Ce miracle est un signe. Il invite à croire que Jésus peut faire resurgir la vie là où la mort s’est installée.

La mort n’est pas que physique. Il y a aussi la mort du cœur et de l’âme. Il y a la mort de l’espérance, celle de l’enthousiasme, celle de l’idéal, celle de la joie de vivre. Que d’hommes et de femmes, encore vivants, et qui pourtant sont déjà comme des morts ! Plus aucun sourire sur leurs lèvres, plus aucune flamme dans leurs yeux, plus aucune confiance aux autres au fond d’eux-mêmes, plus aucun désir d’avancer vers la lumière.
C’est à tous ceux-là et toutes celles-là – et ce peut être à nous ! – que Jésus est redit : « moi, je suis la résurrection et la vie ! ». Le premier appel qui nous est donc adressé à quelques jours de Pâques à travers cet évangile : nous tourner vers le Dieu de la vie pour apprécier à sa valeur la vie reçue et donnée, pour entrer dans la vie que Dieu vient nous donner et qui va au-delà de la vie biologique. En Jésus Dieu se révèle comme le Dieu de la vie. Il veut nous faire entrer dans sa vie, une vie que rien ne peut détruire.
Le deuxième message que nous pouvons retenir en ce jour est celui de la foi :  « Si tu crois, dit Jésus à Marthe, tu verras la gloire de Dieu.» Et encore : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » Notre foi nous ouvre à Dieu qui vient donner la vie. Croire, ce n’est pas d’abord savoir, c’est d’abord aimer et faire confiance.

La troisième leçon à tirer de ces textes, c’est que cette foi ne nous épargnera pas les difficultés et les pesanteurs de notre condition humaine, mais elle ouvre un au-delà. Là où les forces de mort sont à l’œuvre, elle nous aide à continuer de croire que le bien est possible, qu’il y a dans le cœur de chacun une étincelle divine qui lui permet de faire du bien, de pardonner, de redonner une chance à la vie.

Osons croire qu’une vie nouvelle s’ouvre, dès maintenant et par delà notre mort, la vie dans le Christ ressuscité. Ce n’est pas simplement un prolongement de la vie terrestre, comme cela pouvait l’être pour Lazare. Il s’agit d’une vie nouvelle, transfiguration de notre terre, métamorphose de notre condition humaine. Que ces quatorze jours avant Pâques nous donnent de le comprendre davantage et de grandir dans la communion au Père, lui le Dieu non des morts mais des vivants.

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