Epiphanie année A - 2010-2011

Retour

Méditons aujourd’hui sur deux aspects du récit des mages qui nous est proposé en cette fête de l’Épiphanie C’est d’abord la recherche des mages à la suite de l’étoile, et leur retour « par un autre chemin.

Sommes-nous des chercheurs de Dieu ? Rechercher Dieu ne met pas en cause la foi, la confiance qui nous habite, mais c’est prendre conscience qu’il est toujours au-delà de nos prises. Nous n’aurons jamais fini de le découvrir. Mais lorsque nous parlons de lui, nous ne pouvons le faire qu’en passant par des représentations humaines, nécessairement éloignées de la réalité de Dieu. C'est ce qu'écrit au 4 e siècle saint Grégoire de Naziance dans une prière justement célèbre :

«  O toi l'au-delà de tout
N'est-ce pas là tout ce qu'on peut chanter de toi ?
Quelle hymne te dira, quel langage ?
Aucun mot ne t'exprime.
A quoi s'attachera-t-il ?
Tu dépasses toute intelligence.

…Tout ce qui est te prie, et vers toi tout être qui pense ton univers
fait monter une hymne de silence.

… De tous les êtres tu es la fin; tu es tout être, et tu n'en es aucun.
Tu n'es pas un seul être; tu n'es pas leur ensemble ;
tu as tous les noms et comment te nommerais-je, toi qu'on ne peut nommer ?

… Prends pitié, 0 toi l'au-delà de tout n'est-ce pas là tout ce qu'on peut chanter de toi ? »

C’est ce que suggère en d'autre mots le poète indien nous invitant à continuer notre quête de Dieu sans nous lasser : « La perle de grand prix est bien là cachée, cachée tout au fond... Plonge profond, plonge encore plus profond, comme un pêcheur de perles; ô mon âme, et cherche, cherche sans te lasser. » (Swani Paramananda).

La confiance en Dieu ne nous dispense pas de chercher sans cesse sa présence silencieuse, de purifier sans cesse les représentations que nous nous faisons de lui. Nous n’aurons, même dans l’au-delà, jamais fini de Le découvrir « de commencements en commencements par des commencements qui n’auront pas de fin » (saint Grégoire de Nysse).

L’évangile de l’Épiphanie se termine par ces mots : « Avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin. ». Regagner notre pays, c’est regagner la maison de notre Père du ciel, c’est le pays de la plénitude de notre résurrection, de notre accord avec cet amour qu’est Dieu lui-même. Comme pour les mages, chaque fois que nous rencontrons le Christ Jésus, notre vie prend un sens nouveau plus en accord avec notre destin éternel. Certes, ce n’est souvent pas des changements radicaux encore que toute rencontre vraie avec la Christ ne nous laisse pas indemne. Nous y découvrons en même temps notre grande dignité et notre part d’obscurité sordide dans nos vies. C’est un appel à la conversion au sens fort du mot, il s’agit comme les mages de repartir par un autre chemin. Que cette eucharistie nous ouvre la route vers la pleine rencontre avec ce Dieu que Jésus nous a appris à nommer Père, un Père non seulement pour quelques privilégiés, mais pour tous les hommes qui sont en vérité ses enfants.

Retour