Premier dimanche du carême A - 2010-2011

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La liturgie du carême de cette année A, a été imaginée à Rome au début du 5e siècle pour deux groupes de chrétiens qui pendant six semaines se préparaient à la fête de Pâques. Il y avait les candidats au baptême (ou catéchumènes) qui recevaient le baptême à  la Vigile pascale. Et puis, il y avaient aussi les coupables de fautes graves, exclus de la communion, qui étaient réconciliés le jeudi saint et communiaient à Pâques.

Les évangiles que nous lisons aux dimanches de carême de cette année constituent donc un itinéraire parcouru aussi bien par les catéchumènes se préparant au baptême que par les pécheurs repentis en quête de réconciliation. L'évangile de la Tentation (premier dimanche) est une vigoureuse invitation à rejeter Satan et à proclamer la foi au seul Dieu. Le récit lumineux de la Transfiguration (deuxième dimanche) est un encouragement et une promesse pour tous. Du troisième au cinquième dimanche, nous retrouvons les trois grands évangiles baptismaux : le dialogue de Jésus avec la Samaritaine qui vient puiser l'eau, la guérison de l'aveugle-né qui recouvre la vue, résurrection de Lazare qui revient à la vie.

En ce premier dimanche, l'Église nous fait entendre le récit mystérieux de la tentation de Jésus au désert. En cette année A, la première lecture est aussi celle de la tentation et de la chute d'Adam et Ève dans le jardin du paradis (Genèse 2-3). Là où l’humanité a et continue de céder  à la tentation, le Christ résiste et donne la force de tenir à ceux qui le lui demandent. L'enseignement vaut autant pour les catéchumènes que pour les baptisés qui se reconnaissent pécheurs et vivent le carême comme un temps de conversion et de pénitence.

La tentation est la même au jardin d’Eden et au désert. Il s'agit d'un dialogue entre deux voix, la celle de Satan le Tentateur et celle de Dieu le Créateur. « Écoute ma voix », dit Satan. « Écoute la parole de Dieu », répond Jésus. La femme réplique trop timidement au serpent : « Dieu nous a dit de ne pas manger des fruits de cet arbre. »

Derrière ces deux voix, deux Esprits. L'Esprit de Dieu qui est descendu sur Jésus lors de son baptême sous l'aspect d'une colombe et qui maintenant le conduit au désert pour être tenté (Matthieu 4, 1) et l'Esprit du mensonge qui cherche à tromper par des mirages et des illusions.

Nous sommes donc invités à vivre ces quarante jours comme un temps de combat lucide entre deux Esprits qui nous habitent, entre deux inspirations qui nous poussent dans nos choix quotidiens. Allons-nous être séduits par une publicité mensongère, qui nous promet la satisfaction de tous nos désirs égoïstes, ou bien nous préparons-nous à la profession de foi que nous ferons dans la nuit pascale : « Je crois en Dieu et je veux vivre dans la liberté des enfants de Dieu, je crois en Jésus-Christ et je veux le suivre, je crois en l'Esprit Saint et je veux me laisser guider par lui. » ?

La tentation est peut-être moins une épreuve qu’une occasion de vérifier notre capacité de résister, de lutter et donc de grandir. Mais  dans ce combat, Dieu ne nous laisse pas seuls. Jésus y est passé en vainqueur par sa Pâque. Elle est aussi la nôtre puisque le Christ nous donne la force de traverser avec lui toutes les difficultés de la route.

Bon carême !

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