Quatrième dimanche du carême A - 2010-2011

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Le carême nous invite aujourd'hui, à passer peu à peu des ténèbres à la lumière, à nous efforcer de marcher vers la lumière.

Beaucoup de questions sont posées au cours de ce long évangile, même si l'aveugle lui-même ne demandait rien. C'est Jésus qui le voit le premier, d'un regard attentif, et qui prend l’initiative de l’envoyer vers la piscine de Siloé après lui avoir enduit les yeux de boue. C’est un acte qui évoque le récit de la Genèse où Dieu crée  l’homme. Jésus pose un geste de recréation. L’aveugle de naissance symbolise l’humanité que Jésus vient rencontrer et toucher. « Le Verbe est la vraie lumière, qui éclaire tout homme en venant en ce monde », disait saint Jean dans son prologue.

Une fois guéri l’aveugle subit un feu de questions : « Comment se fait-il que tu voies ? Comment a-t-il fait pour t'ouvrir les yeux ? ». La réponse paraît bien simple : « Il m'a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et maintenant je vois » ; elle est simple, si transparente, qu'elle appelle notre réponse unique. Comme tes yeux se sont ouverts à la foi en Jésus ? C'est peut-être une phrase entendue qui m'a bouleversé, ou l'exemple silencieux d'une personne, une sorte de clarté dans la nuit que je traversais, ou encore une parole de la Bible qui m'a brûlé le cœur... Chacun de nous a sa réponse personnelle.

Les questions portent d’abors sur la véritable identité de l’aveugle guéri. « Est-ce bien toi ? ». L’enquête se fait sourcilleuse, même les parents sont convoqués : « Est-ce bien votre fils ? ». Les parents ne peuvent pas nier que ce soit leurs fils, mais ils ne veulent pas être mis en cause. Aurons-nous plus de courage et, en écoutant cet évangile, voudrons-nous prendre la place de cet aveugle anonyme que personne ne soutient et que les Pharisiens ont si bien jeté dehors ?

Enfin, de l’aveugle, l'interrogatoire passe sur celui qui l'a guéri: qui est cet homme qui a guéri l'aveugle ? L'aveugle a retenu son nom : « L'homme qu'on appelle Jésus » (v. 11). Et il ajoute : « C'est un prophète » (v. 17). Les Pharisiens, sûrs d'eux-mêmes, ne peuvent admettre qu'un vrai prophète accomplisse une guérison le jour du sabbat, et donc rejettentfermement cette affirmation.

Le Christ reprendalors l'initiative, vient trouver l'homme qu'il a guéri et le conduit jusqu'au terme de la foi : « Le Fils de l'homme, tu le vois, c'est lui qui te parle » (v. 35-37). Parvenir à une rencontre personnelle avec Jésus qui nous parle, tel est bien le terme du carême.

Saint Paul, dans la deuxième lecture, donne le même enseignement que le récit évangélique. Les destinataires de sa lettre sont des baptisés de la première génération : par le baptême, ils sont passés des ténèbres à la lumière, ils sont « devenus lumière » et malgré les tentations inévitables ils ne doivent pas revenir à des comportements incompatibles avec leur nouvelle condition. Et Paul cite une hymne pascale et baptismale déjà en usage dans les premières communautés :

Réveille-toi, ô toi qui dors,
Relève-toi d'entre les morts,
Et le Christ t'illuminera.

Que ce dimanche soit pour nous un dimanche où le Christ nous illumine. Laissons-nous regarder par Lui pour voir les autres et notre propre misère avec ses yeux de miséricorde et de guérison.

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