Cinquième dimanche du carême A - 2010-2011

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Nous vivons dans un monde de dictateurs de toutes sortes pour qui la vie des autres n’a aucune valeur. Nous appartenons à monde aspiré dansune spirale de violence. C’est à cette civilisation hypnotisée par la destruction et la mort que le Christ nous parle aujourd’hui de vie et d’espérance.  « Vous saurez que je suis le Seigneur quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai sortir, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit et vous vivrez » (1e lecture). Notre Dieu est le Dieu de la vie, il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants. Certes, la mort est inévitable et donc apparemment triomphante et pourtant saint Paul nous dit cette parole pleine d’espérance : « Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous ». (2e lecture). Oui, Jésus-Christ Sauveur, mort et ressuscité,  est vainqueur de la mort et de la violence. Dans l’évangile, nous sommes invités à poser cet acte de foi en Jésus Christ mort et ressuscité pour nous au travers les personnages de Marthe et de Marie.

A Jésus qui lui dit que son frère ressuscitera, Marthe répond : « Je sais que tu le ressuscitera au moment de la résurrection au dernier jour ». Elle renvoie son espérance dans un lointain futur. Jésus la ramène à l’aujourd’hui : « Moi, je suis la résurrection et la vie. » La résurrection n’est pas seulement un événement général de la fin des temps, mais Quelqu’un, Jésus, à qui Thomas dira plus tard et en face : « mon Seigneur et mon Dieu ». La résurrection de Lazare, la vôtre, la mienne, c’est Jésus. Etre en lien avec Jésus, c’est être pris dès maintenant dans la relation éternelle du Christ à son Père. La résurrection n’est pas un seulement et d’abord événement cosmique - la résurrection est un événement relationnel et, en fait, un événement personnel : « celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. » La foi en la résurrection, c’est  croire en Jésus mon Sauveur et mon libérateur ici et maintenant ! C’est croire que je suis en lui et Lui en moi : « Quiconque croit en moi, même s’il meurt, vivra et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu ? »

Peut-être qu’une souffrance trop forte nous empêche de professer une espérance, même dans un avenir éloigné. Peut-être que nous n’avons même plus la force, comme Marie, de reprocher au Seigneur ce que nous croyons être sa passivité : « Si tu avais été là Seigneur ! » Peut-être que nous ne sommes même plus capables que de pleurer. Osons alors regarder vers Jésus. Il y a des larmes qu’il est bon de laisser couler, non pour se complaire dans la souffrance, mais pour la confier au Seigneur.
Pour nous libérer du poids qui nous écrase, Jésus a besoin de savoir où il se trouve : « Où l’avez-vous mis ? » Où as-tu caché ta souffrance, enfoui ta blessure ? « Seigneur viens et vois ». Ce tombeau encore fermé, c’est à nous d’en rouler la pierre et de laisser revenir à la lumière cette partie souffrante de nous-mêmes, ce « Lazare », qui y est prisonnier. Si nous choisissons la vie, alors Jésus rend grâce et lance son cri de recréation : « Lazare, dehors ici ».

Le carême est donc ce temps où le Christ nous invite à laisser les tombeaux de nos fausses sécurités, de nos culpabilités, de nos blessures, de nos repliements sur nous-mêmes. C’est le temps de laisser la Parole nous recréer dans notre filiation divine. « La vie éternelle, c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » (Jean 17)

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