Vigile de Pâques A - 2010-2011

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Trois jours, qu’est-ce dans l’histoire de l’humanité et plus encore dans l’histoire du monde ? Trois petits jours et pourtant plus rien ne pourra être comme avant. Trois jours pour changer le monde, cela a commencé un soir par un dernier repas pris en petit groupe, cela a semblé s’achever sur une croix devant une foule voyeuse friande de se repaître du spectacle des derniers condamnés à mort, et nous voici déjà au troisième jour. Il a fallu trois jours à Dieu et non plus sept comme dans la première lecture – la Création – pour que le monde reparte de l’avant, que le monde retrouve un sens à son histoire et arrête d’errer d’impasse en impasse. Trente ans de vie cachée, trois ans de vie publique, trois jours de passage.

Trois petits jours qui pourtant contiennent tout. Comment faire pour en découvrir toute la portée, l’enjeu pour les siècles à venir ? Regardez l’Évangile : «allez dire à ses disciples : 'Il est ressuscité d'entre les morts ; il vous précède en Galilée : là, vous le verrez !'»

L’affaire semblait pliée, trois jours pour oublier cette histoire et repartir à sa vie avant, avec ses petites misères et ses petites compromissions. Tout s’était effondé écroulé, tous les espoirs s’étaient envolés. Il ne reste rien, rien de rien et de ce rien, par ce rien, dans ce rien, Dieu va donner sens à notre histoire. Il faut avoir suivi le Christ jusqu’au bout, avoir peiné avec lui, avoir buté, trébuché sur les pierres qui jalonnent le chemin, avoir douté, pleuré, crié pour pouvoir maintenant entrer dans le temps de Dieu. Dieu s’empare de l’histoire et s’y inscrit pour que celle-ci, non pas se finisse comme dans les ravissantss contes de notre enfance, mais pour que l’espérance ait toujours le dernier mot. Les espoirs sont enterrés, ils sont morts sur la Croix du Christ, ensevelis dans le tombeau et n’en sortiront pas, mais une espérance en cette vigile vient de naître. Une espérance qui brise les portes de la mort, qui en fracture les verrous ; une puissance inouïe de vie, une explosion de vie a jailli du tombeau. Saint  Paul en témoigne dans son épître aux Romains (8,38-39) : « Oui, j’en ai l’assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautés, ni présent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus notre Seigneur. » La Vie est là, éclatante, resplendissante, la lumière brille dans les ténèbres de nos nuits comme nous le signifie le Cierge Pascal.

Trois jours de rien du tout, mais par lesquels il nous faut passer, il nous faut entrer si nous aussi voulons participer à la vie du Christ. Alors oui, trois grands jours qui valent le coup, qui concentrent en eux toute la présence de Dieu, un Dieu à genoux qui lave les pieds de ses disciples puis qui se donne en nourriture pour finir dans un don ultime sur un morceau de bois dressé là sur le chemin. Dans ce sacrifice , ce don total de tout son être, la mort est vaincue, elle est dorénavant à ses pieds et le Christ désormais nous entraîne à sa suite, il nous fait franchir les portes de la mort pour nous donner sa vie.

Oui, trois jours depresque rien mais pas trois jours pour rien. Rrendons grâce à Dieu de nous faire entrer dans sa vie, sa vie éternelle, suivons-le, dans l’espérance que la vie est plus forte que la mort. Oui, nous y participons tout simplement dans cette eucharistie.

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