2ème dimanche ordinaire A - 2014

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Nous retrouvons en ce 2ème dimanche du temps ordinaire la figure de Jean Baptiste que nous avions rencontrée durant l'Avent et puis, encore lors du Baptême du Seigneur. Aujourd'hui, nous l'entendons désigner Jésus par cette appellation à décrypter : « Voici l’Agneau de Dieu »

Par cette expression, Jean-Baptiste nous invite à entrer dans le mystère insondable d’amour et de miséricorde que Dieu vient nous offrir en Jésus. Et comme il connaît parfaitement les Ecritures, il utilise pour cela une image souvent utilisée dans l’Ancien testament : celle de l'agneau.

Cet agneau on peut le voir comme la réponse à la question posée jadis par Isaac, le fils d’Abraham. Lorsque lui et son père se rendent au mont Moriah pour offrir un sacrifice, Isaac se tourne vers son père et lui dit : «Père, voilà le feu et le bois, mais où est l’agneau pour l’holocauste ? ». Et Abraham répondit : « Dieu lui-même pourvoira à l’Agneau, mon fils. » (Gn 22,7-8). Sans doute, Jean-Baptiste comprend-il à cet instant que Dieu est en train de réaliser la promesse qu’il avait faite à Abraham, à savoir de lui donner une descendance aussi nombreuse que les étoiles du Ciel (Gn 22,17), celle de toutes les femmes et de tous les hommes de tous les temps qui acceptent de se laisser envelopper par l'infinie miséricorde de Dieu.

L'agneau est aussi celui dont le sang avait libéré les hébreux de l’esclavage d’Egypte et leur avait permis de marcher vers la liberté (Exode 11, 15). A chaque fête de Pâque, les juifs célébrent cette libération en mangeant un agneau « rôti au feu ». Lorsque Jean-Baptiste désigne Jésus comme l’Agneau de Dieu, il le présente comme le grand libérateur, le nouveau Moïse, qui vient nous libérer non plus de l’esclavage des pharaons, mais de l’esclavage du péché.

Jean Baptiste, le prophète, le voyant, ne pressentait-il pas à ce moment la réalisation du mystérieux chant d'Isaïe : « comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche... Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes » (Isaïe 53, 7. 11).

« Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ! » Jean-Baptiste discerne en Jésus, Dieu lui-même qui s'approche de toutes nos blessures du corps et de l'âme, de tout ce qui défigure l'image de Dieu en nous, non pour juger ni pour excuser, mais pour enlever ce qui nous rend captifs, pour nous rendre notre dignité, notre beauté de fils de Dieu, de fille de Dieu.

C'est le sens profond du témoignage de Jean sur Jésus : il voit en lui celui qui ôte le péché du monde, « celui-là même qui baptise dans l'Esprit Saint.» C'est dire que quelles que soient nos pauvretés ou nos échecs, le Christ est capable de nous recréer de l'intérieur, de nous communiquer son Esprit pour nous rendre capables, en toute situation, d'oser dire : « Père ». C'est dans ce même Esprit que nous pouvons chacun dire : « Oui, j'ai du prix aux yeux du Seigneur, c'est mon Dieu qui est ma force » (Isaie 49, 1ère lecture). C'est lui aussi qui nous permet, malgré nos limites, d'aimer nos proches comme des frères, comme des sœurs, avec l'amour même du cœur de Dieu.

A chaque Eucharistie, à la suite de Jean-Baptiste, le prêtre, en nous montrant le Corps et le Sang du Christ nous dit : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». Répondons avec ferveur : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri ».

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