6ème dimanche ordinaire A - 2014

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 Dimanche dernier, l'évangile nous demandait d’être « sel de la terre » et « lumière du monde ». Mais voici qu'aujourd'hui la parole de Jésus semble bien austère et radicale : à la loi du Premier Testament, il semble ajouter une morale impossible comme ce contrôle parfait des pensées et du cœur.
Ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Jésus n’a rien d’un moraliste pointilleux qui déclinerait  des règles de bonne conduite, rajoutant aux interdits de la loi mosaïque. Avec toute sa douceur, il nous appelle à la sainteté. Certes, il connaît nos pauvretés humaines, mais il sait aussi tout ce que nous pouvons devenir : des ressuscités avec lui. Il dit « accomplir » la Loi et les Prophètes, le Premier Testament. Accomplir, c'est autrement dit magnifier, donner toute sa plénitude. Lorsqu’à la transfiguration Jésus apparaît éblouissant de lumière à ses trois apôtres, Moïse (la Loi) et Elie (les Prophètes) se tiennent à ses côtés. Le but de la Loi, c’est l’homme debout.

Jésus nous offre un chemin de résurrection, un chemin de divinisation Nous avons à devenir et à agir comme lui,  Jésus, qui accomplit les Ecritures. Et comment le fait-il ? Nous le voyons en Mt 22, 36-40 : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » -  « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »

Et Jésus, de donner six exemples : trois sont repris ce dimanche, les trois autres nous les entendrons dans huit jours. Aujourd’hui, il  parle de la  douceur des gestes, de la droiture du regard, de la sincérité des paroles. « Va d’abord te réconcilier... Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le... Que ton oui soit oui... »

Douceur et non-violence dans les relations humaines sont choses difficiles. Sans en arriver au meurtre, les tensions ne manquent pas, ni les rancœurs. Pourtant, il nous reste possible de donner le meilleur de nous-mêmes, si nous vivons dans la prière et dans la réconciliation fraternelle. « Va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. »

Ce n’est bien sûr pas tout désir d’un homme pour une femme que condamne Jésus, mais de s’approprier  l’épouse ou la fiancée d’autrui. Il nous est difficile de regarder les autres sans que nos yeux ne soient troublés par la convoitise consentie ou la jalousie... Voilà pourquoi Jésus nous offre de voir le monde comme il le voit : par un regard qui grandit l’autre, qui le respecte et n’en fait pas un objet.

La parole vraie, le langage clair sont nécessaires pour vivre en commun dans la confiance mutuelle. Notre langage doit devenir si vrai qu’on n’aurait pas besoin de serment… Jésus nous offre à chacun un chemin de lumière et de vérité.

Ce n’est pas du prêchi prêcha comme les scribes et les pharisiens enfermés dans leur casuistique. C’est une parole qui conduit l’homme au cœur de lui-même : que ta bonté advienne, que ton amour soit beau, que ton langage soit vrai !  « C'est à nous que Dieu, par l'Esprit, a révélé cette sagesse. Car l'Esprit voit le fond de toutes choses, et même les profondeurs de Dieu » (2ème lecture). Oui, avec la grâce de Dieu, « si tu le veux, tu peux observer les commandements » (1ère  lecture).

Bon dimanche !

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