Troisième dimanche de l'Avent B - 2005-2006

Retour

Avant que ne vienne la fin de notre vie, il y a un temps de la plénitude. Celui où nous connaissons capacités et celui où nous mesurons nos limites aussi. La réussite nous fait plaisir, les échecs nous atteignent également. Le temps des illusions est passé. Nous sommes devenus réalistes. Et maintenant, il nous reste à aller jusqu'au bout. Il y a tant à faire, il y a tant à donner. Sans être plein de soi-même. Jean le Baptiste nous enseigne encore aujourd'hui comment vivre cette plénitude faite d'humilité, de fierté et de joie.

L’humilité d'abord

Jean est au sommet de sa vie. Sa prédication attire les foules. Tous viennent vers lui pour se faire baptiser. Il pourrait en tirer quelque vanité. Tout au contraire, il se définit en disant ce qu’il n’est pas. « Je ne suis pas le Messie, ni le prophète Elie, ni le grand Prophète. » Pour lui, seul Dieu peut dire « Je suis ! » Dieu est origine, source de tout. Lui, Jean ne l'est pas. Cette proclamation de soi en précisant ce qu’il n’est pas, Jean la vit parce qu’il n’est qu'adoration devant le Dieu Vivant, qu'éblouissement devant le Seigneur qui vient ! Il ne se regarde pas. Il regarde Dieu. Il se laisse regarder par Celui à qui il a tout donné. Souvent on croit que pour être humble il faut dire du mal de soi et se mépriser. Non, il y a tant d’orgueil secret dans cette attitude ! Pour être humble il faut se laisser regarder par Dieu, se laisser habiter par sa présence. Notre vie trouve alors sa plénitude. Jean est bien le précurseur de Jésus lui qui dira : « Je suis doux et humble de cœur. » C'est le Père qui emplit son Fils, son Unique, de sa Présence. Nous sommes tous appelés à connaître cette filiation.

La fierté ensuite

Jean se définit aussi positivement. « Je suis la voix. » J'aime écouter une belle voix, son timbre, sa profondeur, ses nuances, l’émotion qui l’habite. Comme cette émouvante voix d’alto d’une cantatrice qui chantait dimanche dernier à la radio le « Stabat Mater » de Pergolesi. Elle s’écoutait pas, elle ne semblait pas dire « Ecoutez comme je chante bien ». Elle était tout au service du texte et de la musique, elle n’était que prière. C’est ainsi que Jean prête sa voix à Dieu. Une voix peut être tonnerre qui réveille ou torrent qui nettoie tout sur son passage ; elle est toujours la voix de la joie ! Dieu vient visiter son peuple ! La voix de l'espérance aussi ; elle vibre au souffle de l'Esprit Saint, elle est animée par la Parole de Dieu. Jean est à la plénitude d'une vie totalement libre et totalement habitée par le Sauveur ! Fierté immense de Jean ! Il annonce le Christ dont la joie est d'être l'envoyé du Père, d'être le Fils.

La joie toujours

L’accomplissement de la vie est de devenir à notre tour fils de Dieu. Jean, telles ces statues qui le représentent à la porte de nos églises, Jean nous fait entrer dans le mystère de Dieu, il s'efface et il trouve ainsi la parfaite plénitude de sa vie. Grâce à lui, nous découvrons une vie encore plus belle, celle que nous donne le Christ Jésus. En lui nous sommes fils et filles de Dieu. Se reconnaître fils de Dieu, goûter ce bonheur, c'est atteindre la joie à laquelle nous sommes tous appelés. Notre Père à tous est le Dieu vivant ! « Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche » chante la liturgie. Saint Paul précise : « Rendez grâce en toute circonstance. » Non que ces circonstances soient toujours heureuses. Mais même dans la nuit et les sécheresses, il y a cette lumière qui nous porte : nous sommes appelés à devenir fils et filles de Dieu. Avec le prophète nous pouvons chanter : « Je tressaille de joie dans le Seigneur, mon âme exulte en mon Dieu. Car il m'a enveloppé du manteau de l'innocence… » L'heure approche où nous le verrons, Lui, notre bonheur et notre vie.

Retour