Septième dimanche ordinaire B -2006

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Le fil rouge qui unit les lectures de ce jour est le pardon. Il est à l'œuvre dans le passage d'Isaïe où Dieu déclare faire un monde nouveau. Il se poursuit dans le psaume pénitentiel que nous avons écouté et chanté et nous le voyons s'épanouir dans l'évangile du pardon-guérison offert au paralysé de Capharnaüm.

Voici que je fais un monde nouveau : il germe déjà, ne le voyez-vous pas ?, disait Dieu par le prophète. En Jésus, cette nouveauté est accomplie. Il vient détruire le péché et le mal qui enchaînent l'homme. Et comment le démolit-il ? En le transformant en chemin d'un amour renouvelé.

Un vieux rabbin racontait : chacun de nous est relié à Dieu par un fil. Et lorsqu'on commet une faute, le fil est cassé. Mais lorsqu'on regrette sa faute, Dieu fait un nœud au fil. Du coup, le fil est plus court qu'avant. Et le pécheur un peu plus près de Dieu !

Ainsi, de faute en faute, de nœud en nœud, nous nous rapprochons de Dieu. Finalement, chacun de nos péchés est l'occasion de raccourcir d'un cran la corde à nœuds et d'arriver plus vite près de cœur de Dieu. Tout est grâce ! Même les péchés !

Nous identifier au paralysé…

Mais pour cela, il faut accueillir le pardon que nous offre en Jésus. Car le pardon nous révèle d'abord ce que nous sommes, et que nous n'avons pas envie de voir. Tout notre être est paralysé  par le mal, celui que nous commettons, mais aussi le bien que nous omettons d'accomplir.
Et si je me reconnais dans le paralysé, il m'est bon de me demander qui sont alors mes porteurs. Quels sont les frères qui m'apportent à Jésus ? Quels sont ceux qui ont intérêt à ce que je sois davantage vivant, actif, meilleur ? Oui, autour de moi, il y a mon entourage qui aurait intérêt à ce que j'aille mieux : mon conjoint, mes enfants, mes collègues, mes voisins… Vais-je me laisser porter par leur désir, pour oser présenter à Jésus ce qui est figé et durci en moi ?

… mais aussi aux quatre porteurs.

Mais je puis aussi m'identifier aux quatre porteurs qui ont été jusqu'à défaire le toit de roseau pour faire descendre leur ami aux pieds de Jésus. Si, à certaines heures, nous avons besoin d'amis qui nous harcèlent, nous soulèvent  et nous portent en présence du Seigneur, rendons ce même service à tous ces pécheurs-paralysés qui ne peuvent pas, d'eux-mêmes, venir à Jésus.

Notre prière doit souvent se faire intercession : Seigneur, guéris un tel et une telle. Tu vois combien le mal les atteint. Je te les présente, dans ma prière secrète, sans paroles, pour que tu les libères et les guérisses.

Dans le récit d'aujourd'hui, ce n'est pas la foi de l'infirme qui est soulignée, mais le foi des porteurs, de la communauté fraternelle qui entoure le malade-pécheur et qui obtient son pardon et sa guérison. Ne laissons pas les autres seuls. Devenons à notre tour des porteurs. Soyons, en Jésus, instruments de réconciliation dans la vie quotidienne.

Inlassablement, osons donner et redonner notre confiance à Celui qui a seul le pouvoir, en remettant les péchés, de guérir notre mal jusqu'à la racine. Laissons-nous guérir de nos paralysies. Dieu nous donnera de devenir alors sauveurs pour les autres.

 

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