Epiphanie B - 2009

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Par ce récit, beau comme un conte oriental, des Mages qui demandent où se trouve le roi des Juifs qui vient de naître et dont ils ont vu apparaître l’étoile, l’évangéliste Matthieu donne un message d’universalité. Ce message, comme celui de la première lecture, tirée du Livre d’Isaïe, nous enseigne que tout homme et toute femme de bonne volonté, qui cherche sincèrement le bien, la justice et la paix, peuvent se reconnaître en ces mages autour desquels l’imagination des chrétiens, au cours des âges, a brodé tant de belles légendes. C’est le même message que l’on retrouve dans la seconde lecture, tirée de la lettre de Paul aux Éphésiens, où il annonce la bonne nouvelle que « les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. »

Si les mages de l’évangile se sont mis en route, c’est en vérité pour répondre à l’initiative toujours première de Dieu. C’est bien là le sens évident de l’étoile : c’est toujours d’abord Dieu qui se met à la recherche de l’homme, qui lui lance le premier son appel Et il appelle tous les hommes : avec lui, il n’est pas question de races, de classes ni même de sainteté. Dieu appelle tous les hommes, les blancs, les jaunes, les noirs, les riches et les pauvres, les pécheurs et les saints. Tous peuvent trouver place dans la caravane des mages.

La conséquence s’impose : nous avons à accepter de répondre à l’invitation de Dieu. Peu d’hommes, au temps des Mages, ont remarqué et suivi l’étoile. Ne faut-il pas être un peu fou pour partir ainsi à l’aventure, comme jadis Abraham ? Dieu n’est-il pas le laissé-pour-compte de nos emplois de temps trop chargés ? Heureusement qu’il existe toujours des chercheurs de Dieu, des Mages assoiffés d’infini, des jeunes comme ceux de Taizé réunis à Bruxelles qui cherchent un sens à leur vie.

Lorsque les Mages arrivent à l’entrée de Jérusalem, l’étoile disparaît, ils posent alors à Hérode puis aux prêtres une question capitale : Où est-il ce roi qui vient de naître dont nous avons perdu la trace ?

- « Où es-tu, Seigneur ? » Les Mages t’ont trouvé sous les traits d’un enfant. Peut-être devons-nous te chercher tout simplement sous les traits des plus faibles, des pauvres, de ceux qui ont besoin d’amour.
- « Où es-tu, Seigneur ? » Élie t’avait trouvé non pas dans la tempête mais dans la brise. Dieu se cherche et se trouve dans le silence. Dans la prière qui est d’abord écoute.
- « Où es-tu, Seigneur ? » Les Mages t’ont trouvé à Bethléem qui signifie la « maison du pain ». Et là, ils t’ont trouvé réellement. Nous pouvons avoir la certitude de te trouver réellement, nous aussi, dans le pain de la Parole et de l’eucharistie.

Le père Loew se posait la question : « Comment donner la soif et le goût de Dieu aux hommes qui l’ont perdu ? Comment faire boire un âne qui n’a pas soif ? » Une seule réponse : « trouver un autre âne qui a soif et qui boira longuement, avec joie et volupté, au côté de son congénère. » Des hommes qui ont soif de Dieu sont plus efficaces que tout ce que l’on peut dire de lui. Humblement, devenons ces mages - ou ces ânes - assoiffés de Dieu, qui seront pour les autres comme une étoile qui leur donnera l’envie d’en faire autant !

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