Deuxième dimanche de l'Avent B - 2008-2009

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Dieu dans la Bible est souvent présenté comme un Dieu qui console... Ainsi dans le texte des béatitudes : « Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés », et bien sûr ce superbe texte d'Isaïe que nous offre la liturgie de ce dimanche : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu. Parlez au cœur de Jérusalem et proclamez que son service est accompli… Préparez à travers le désert le chemin du Seigneur… » L'évangile de Marc, - notre évangéliste de cette année -  commence  lui aussi par l'annonce d’une Bonne Nouvelle en prenant les mêmes mots et les mêmes images qu’Isaïe.

« Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le Fils de Dieu ». En quoi consiste cette Bonne Nouvelle ? En son Fils Jésus de Nazareth, Dieu vient lui-même vivre la condition humaine, il vient lui-même essuyer les larmes de ceux qui pleurent, réconforter et consoler ceux qui chancellent et ploient sous le fardeau. C'est dans l'Esprit Saint qu'il va baptiser, annonce Jean Le Baptiste, l'Esprit consolateur...

Pour faire l'expérience de la consolation, il faut être passé par les pleurs, et avoir semé dans les larmes. Les larmes, quelles qu’elles soient, sont toujours à accueillir. Elles sont les signes d'une vulnérabilité, d'une ouverture à la compassion. Voir Jésus pleurer sur Jérusalem, ou sur son ami Lazare, nous est d’un si grand réconfort. C’est le signe qu'il n'est pas un Dieu stoïque et impassible, mais un Dieu de tendresse et de pitié. L’indice qu'il n'est pas un Dieu invulnérable, tout puissant et indifférent au malheur des hommes, mais blessé au cœur à chaque fois que l'un de ses enfants est méprisé, opprimé, ou tué par un de ses frères ?  

Bonne nouvelle :Dieu est réconfort et consolation pour son peuple, proclame Isaïe et il demande à ceux qui croient en lui de l'annoncer : « Voici votre Dieu… Comme un berger, il conduit son troupeau : son bras rassemble les agneaux, il les porte sur son cœur, et il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits. »

Comment accueillir et reconnaître Dieu sans changer notre regard sur lui ? Dieu ne vient pas comme un marchand de moutons, mais comme un berger. Les quatre autres verbes d'Isaïe sont saisissants : il conduit, il rassemble, il porte sur son cœur, il prend soin des brebis qui allaitent leurs petits...

Comment reconnaître et accueillir la tendresse maternelle de Dieu, si nous avons le cœur dur et impitoyable? Comment reconnaître et accueillir ce Dieu cordial, qui porte les petits sur son cœur, si notre cœur est dur comme la pierre, rempli de cynisme ou de désespérance ? Comme reconnaître et accueillir ce Dieu Berger qui nous rassemble, si nous ne respirons qu'égoïsme et division ?

Que cet Avent nous soit un temps de conversion du cœur, pour qu’il ouvre la route à la douceur brisante de ce  Dieu qui vient nous sauver.

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