Epiphanie - 2011-2012

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« L'Épiphanie » est un mot qui vient du grec et qui nous a donné le français « fanal ». Elle signifie dès avant le christianisme l'apparition d'une divinité ou se disait d'un roi quand il venait visiter une ville. La fête chrétienne de l'Épiphanie célèbre Celui qui vient visiter son peuple (Luc 1, 68).

Ces mages, qui étaient-ils ? Ils étaient vraisemblablement à l'origine une tribu mède (nord de l'Iran actuel). Ils constituaient depuis des siècles une caste distincte qui remplissait des fonctions sacerdotales, interprétaient les songes, pratiquaient la divination, mesuraient le temps, afin de déterminer les saisons et de fixer la date des fêtes lunaires. Pour ce faire, ils se livraient à une étude approfondie des phénomènes célestes, ce qui fit d'eux les inventeurs de l'astronomie. Mais il faut noter que dans toute la Bible , les mages sont perçus très négativement. Le seul passage où l'on trouve de « bons » mages, c'est celui que nous venons d'entendre.

Le grand message que l'évangéliste veut nous y communiquer c'est que si même des mages se sont mis en route pour être les premiers témoins de la naissance de Jésus, cela entraîne que ce sont tous les hommes de toutes les nations qui sont invités à se mettre à la recherche de Dieu. Pour Luc donc, les premiers adorateurs ce sont les petits, les bergers méprisés à l'époque dans le peuple juif. Pour Matthieu, ce sont les prêtres d'une religion rivale, le Mazdéisme, donc des gens pas trop bien vus. Jésus est le Sauveur, et des Juifs, et de toutes les nations sans exception.

A vrai dire, c'est toujours Dieu qui, le premier, cherche l'homme ! C'est bien là le sens de l'étoile des mages : c'est Dieu qui prend l'initiative.

Mais n'est-il pas le celui dont on s'occupe quand on n'a rien d'autre à faire Celui qu'on a toujours de bonnes raisons d' oublier : parce qu'il ne répond pas instantanément à nos prières, parce que les croyants ne sont pas meilleurs que les autres, parce qu'il y a trop de souffrance dans le monde… sans négliger ceux qui ont une connaissance intellectuelle des Ecritures (les prêtres et les scribes consultés par Hérode), mais ne se mettent pas en route.

Les mages nous apprennent donc trois choses. D'abord, à rechercher. Ils nous disent que Dieu est en avant : nous sommes destinés à être des explorateurs de Dieu : la vraie fidélité est c'est d'aller de l'avant. Ensuite, le goût du risque. Quand on se met à chercher, il est toujours possible de se tromper. Mais nous sommes sûrs que Dieu nous accompagne dans nos recherches et même dans nos égarements. Ils nous montrent enfin que Dieu n'est jamais là où on pense qu'il devrait être. Ils s'imaginaient le trouver dans une capitale au Temple prestigieux, mais ils sont conduits vers une maison d'une bourgade obscure. Offrons, avec eux, nous aussi, l'or, l'encens et la myrrhe.

L'or évoque tout ce qui relève de notre vie économique. Nous pouvons lui demander, pour chacun de nous, une existence plus équilibrée et sûre. Mais aussi, demandons-lui la force d' agir pour que les biens soient plus équitablement répartis, car tant de gens manquent du nécessaire.

L'encens est le signe de la prière : ça sent bon et ça monte vers Dieu. Souhaitons-nous pour chacun une vraie vie de prière et une relation confiante et simple avec Dieu.

La myrrhe , qui servait à embaumer les corps, nous invite ne pas laisser seuls ceux qui connaîtront cette année l'épreuve de la souffrance et de la mort, mais que l'espérance reste la plus forte. Oui, au début de l'année nouvelle, plutôt que d'ajouter une année à notre vie, ajoutons de la vie à cette année en y accueillant davantage Dieu et nos frères.

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