Premier dimanche du carême B - 2012

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Au premier dimanche du Carême, la liturgie nous donne de contempler Jésus au désert. Pour la mentalité biblique, le désert est le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu, mais tout autant celui de la tentation. « Jésus, nous dit saint Marc, fut baptisé dans le Jourdain par Jean. Aussitôt, remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit comme une colombe descendre vers lui, et une voix se fit entendre : ‘Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute ma faveur’. »

« Tu es mon Fils ». Pour contempler l’amour de ce Père, pour comprendre ce que c’est qu’être pleinement le fils de ce Père, Jésus a besoin de faire l’expérience de quarante jours de solitude et de prière. La chiffre 40 est symbolique. Il indique le temps d’une gestation, d’un mûrissement : il faut 40 semaines pour façonner un petit d’homme dans le sein de sa mère. Il faut 40 ans au Sinaï pour former le peuple de l’Alliance. Il faut 40 jours à Moïse et à Elie pour se préparer à la rencontre avec Dieu. Il faut une quarantaine, un « carême », pour renaître à la joie pascale.

Mais aller au désert, c’est encore faire l’expérience de la tentation, du Satan, l'Adversaire, du diabolos, le diviseur. Le mal qui divise les hommes entre eux, qui fait de moi un être partagé, qui creuse les ségrégations, les séparations : tout cela vient du Satan, du diabolos. L’union, l’entente, l’acceptation de l’autre et la coopération viennent de l’Esprit de Dieu, qui est un esprit d’union et de communion. Jésus a vaincu Satan. Il nous apprend à le vaincre avec lui.

L’évangéliste notre ensuite : « il était avec les bêtes sauvages et les anges le servaient. » Pourquoi ce détail étrange ? Parce qu’il renvoie à la prophétie d’Isaïe 11, 6-9 : « Le loup habitera avec l'agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira … Il ne se fera plus rien de mauvais ni de corrompus sur ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer. »

Jésus, le Fils de l'Homme, rétablit l’harmonie entre toutes choses, Il vient réconcilier l’homme avec la création, et les hommes entre eux,  et les hommes avec Dieu. Il vient révéler un Dieu qui veille sur l’homme pour lui apprendre à devenir comme Lui, généreux et infiniment respectueux de sa liberté. Il réunit ciel et terre, animal et ange, homme et Dieu. Il est l’homme-Dieu, il est Dieu fait homme…

 Pour retrouver cette harmonie il nous invite à un vrai retournement : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle. » Saint Pierre nous parle de cette conversion : « être baptisé, ce n'est pas être purifié de souillures  extérieures, mais s'engager envers Dieu avec une conscience droite, et participer ainsi à la résurrection de Jésus-Christ qui est monté au ciel, au-dessus des anges et de toutes les puissances invisibles, à la droite de Dieu ».

Voilà : le chemin vers Pâques est tracé. A chacun de nous, de le suivre, en baptisés, en fils et fille de Dieu confiants dans de l’alliance offerte à Noé, et plus encore livrée en Jésus : « je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu'il soit le signe de l'alliance entre moi et la terre … je me souviendrai de mon alliance avec vous et avec tous les êtres vivants » (Genèse 9, 13.1

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