Deuxième dimanche du carême B - 2012

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Ils sont redescendus de la montagne, tous en profond recueillement, et en silence. Ils ont repris la route avec Jésus, seuls avec lui, montant vers cet autre haut lieu où devait se dresser la croix pour la mort et le sacrifice du Bien-aimé. Certes, le jour viendra, par-delà le troisième jour, où ils iront joyeusement sur les chemins pour annoncer : Dieu a ressuscité son Fils ! Ils en seront témoins, mais témoins d'une foi qui ne révèle la splendeur de sa lumière que dans le clair-obscur de la nuit du monde.

Qu'est ce que cela veut dire que Jésus Christ, le Fils de l'homme, soit ressuscité d'entre les morts ? Cette question vitale demeure à travers tous les siècles de notre foi. Pour y répondre, il faut traverser le domaine et l'agonie de la mort et être transfiguré par le face à face avec le Dieu vivant, où le Seigneur Jésus siège à la droite du Père. Dieu seul peut révéler à notre foi le mystère insondable de la mort.

Dieu nous l'a révélé en s'engageant lui-même dans la mort et le sacrifice de son Unique bien-aimé. « Il n'a pas refusé son propre Fils, il l'a livré pour nous tous ! » Et, à l'avance, notre père Abraham en était la figure, obéissant dans la confiance la plus totale au seul mystère qui nous atteigne jusqu'au fond de nous-mêmes : faut il donc mourir pour vivre ? Il n'y a pas d'autre chemin. Dieu n'est jamais autant le Dieu de vie surabondante qu'en ce moment où il nous donne tout en s'engageant à perdre tout, car le seul bien de Dieu est son Fils unique, celui qu'il aime de toute éternité, livré pour nous et pour la multitude. Dieu nous aime jusque dans la folie de la haine, de la violence et du mal. Dieu i descend jusqu'à l'abîme de l'horreur et d'innommable pour y mettre sa vie et chasser les puissances de mort.

Le cœur de ce que nous appelons le mystère pascal n'est pas la poussière et la cendre, mais la transfiguration de la mort inhumaine par le feu de l'amour jusqu'à l'extrême. Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité : il l'est en demeurant toujours le Crucifié en croix, l'Agneau de Dieu immolé, glorieux, intercédant pour nous. Que dire, sinon que Dieu a intégré la mort jusqu'en sa propre vie, source de toute vie ? « Celui-ci est mon Fils bien aimé ! » Il nous le dit en élevant nos yeux jusqu'à la croix sur la colline qui réunit le ciel avec la terre.

Préférons-nous lever notre regard vers la montagne où resplendit la gloire du Transfiguré ? Mais c'est Jésus le Crucifié qui est transfiguré ! Sa croix est notre vie. Ne craignons rien ! Et pour rester dans la paix et le calme intérieurs, il est essentiel pour nous, d’entrer en contact avec Dieu de façon régulière chaque jour, pour ensuite vivre avec Jésus le grand passage pascal à travers nos joies et nos peines quotidiennes.

Le dimanche de la Transfiguration est un peu comme une oasis au milieu du désert, un puits dans une steppe aride, une source d’eau vive sur notre route vers l’éternité de Dieu. Dans ce moment de rencontre avec Dieu qu’est la prière, le Seigneur nous rassure et nous rappelle que nous sommes toujours les filles et les fils bien-aimés de notre Père du ciel.

Si Dieu est à ce point pour nous, qui sera contre nous ? (2e lecture) Ni la mort ni la nuit, ni les ténèbres, rien ne pourrait nous séparer de son amour. Au feu de cet amour, nous entrons, à travers nos souffrances et nos morts vécues avec Jésus, dans l'intimité même du Père. C'est cela « ressusciter d'entre les morts ».

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