Vingt-huitième dimanche dans l'année B - 2012

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L'évangile, que nous venons tout juste d’entendre, touche un point sensible : celui de nos biens matériels. Certes, il ne s'agit pas se culpabiliser par la possession de quelques biens, mais de nous laisser convier à la sagesse, une sagesse qui nous libère parce qu'elle élargit notre horizon.

Marc nous présente un homme de bonne volonté. « Que dois-je faire  pour avoir en héritage la vie éternelle ? », demande-t-il à Jésus ? Voilà, sans nul doute, un excellent objectif. Il s’adresse à Jésus avec droiture et modestie : il n’hésite pas à s’agenouiller devant celui qu’il appelle «  Bon maître ».

Pourtant, quelque chose ne va pas. Tout en s‘adressant respectueusement à Jésus, ne recherche-t-il pas une bonne astuce pour obtenir « la vie éternelle. » La vie éternelle lui paraît être un bien dont il pourrait augmenter son capital. Or, elle n’est pas quelque chose à faire, pas davantage un portefeuille à posséder, mais un chemin sur lequel avancer, guidé par la Parole de Dieu.

Jésus oriente d'abord son interlocuteur en recherche vers Celui qui seul est bon. Il le décentre de lui-même. L’efficacité de nos actions ne provient pas de notre seule générosité, mais elle est donnée au bout d’une prière confiante et profonde : « J'ai prié, et l'intelligence m'a été donnée. J'ai supplié, et l'esprit de la Sagesse est venu en moi », entendions-nous dans la première lecture. La Sagesse est don de Dieu, à demander humblement et à recevoir avec reconnaissance, au plus profond du cœur. « Tout l'or du monde auprès d'elle n'est qu'un peu de sable ». Elle est la présence agissante de Celui qui « nous rassasie de son amour » (le psaume). Elle est l’intelligence du cœur que nous recevons au bout d’une prière fidèle, une présence à accueillir jour après jour.

Et pour cela, il faut consentir à quelque renoncement. Attention, le renoncement peut être positif et libérant. J’étais parti, il y a 30 ans, faire le tour du Queyras à pied chargé d'un sac à dos bourré de tout ce qui me paraissait indispensable pour une longue randonnée. Au bout d’un jour de marche, le dos brisé, j’ai dissimulé sous les galets d’un pont de montagne le 4/5 du sac pour marcher plus légèrement et ne reprendre que huit jours plus tard , en voiture, mon barda bien superflu !

« La parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants  » (2e lecture) : Jésus prend au mot son interlocuteur : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. » Et, précise le récit : « posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l'aimer. » Jésus l’appelle au renoncement : ne plus se préoccuperdes biens à protéger et à faire croître, mais accueillir dans la confiance la sagesse qui vient de Dieu. Pour le dire en d’autre mots : laisser pénétrer la Parole « au plus profond de l'âme, jusqu'aux jointures et jusqu'aux moelles. » 

Il s’agit non pas de partir à la recherche de soi, mais à la recherche de la Sagesse, c’est-à-dire de Dieu. Sa Parole, « énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants », vient nous libérer de nous-mêmes pour nous faire entrer dans un chemin de confiance radicale.

La foi est authentique, quand elle mise sur la présence active de Dieu au cœur du monde et de nos vies, dans les momest de bonheur et surtout dans les épreuves. Jésus invite à l'abandon, au « lâcher prise ». Il est toujours là, à nous aimer, prêt à nous prendre la main que bien souvent nous lui refusons. « Viens et suis-moi… » Désemcombrés du superflu, accueillons son appel. Il nous conduit, à sa suite, jusqu’à la vie éternelle.

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