Quatrième dimanche dans l'année B - 2012

Retour

Marc nous raconte que, dès le sabbat arrivé, Jésus se rend à la synagogue. Il y prend la parole, ce qui est habituel pour tout homme adulte sachant lire distinctement l’hébreu. Mais là où il impressionne son auditoire, c’est par l’ « autorité » de ses paroles. Il fait autorité d’une autorité qui libère et fait grandir. On rencontre parfois de ces personnes qui nous laissent bouche bée, non tant par leurs paroles que par la manière dont elles les habitent. Il n’y pas chez elles d’hiatus entre leurs mots et leur vie profonde Jésus est de cette trempe. Quand il parle, on ne peut qu’être touché. Jésus est ce prophète semblable à Moïse dont parlait le première lecture, dans la bouche duquel Dieu a mis ses paroles..Plus encore : il ne dit pas la parole de Dieu. Il est la Parole de Dieu faite chair. Il ne se contente pas de la commenter, il la manifeste par sa seule personne. Il ne dit pas seulement la Bonne Nouvelle de Dieu : Il est cette Bonne Nouvelle.

Peut-être pourrions-nous regretter de n’avoir pas été ce jour là dans la synagogue de Capharnaüm pour l’entendre. Mais Jésus est toujours là. Il prononce encore les mêmes paroles, aussi fortes et aussi libres.. Il le fait par le livre de la Parole, par toute la Bible, Ancien et Nouveau Testament. Il nous révèle la miséricorde du Père. En certaines circonstances, les paroles de l’Esprit nous sont données du fond du cœur. « Ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous » (Matthieu 10, 19-20). Chaque fois que nous lisons avec foi ainsi ces paroles, chaque fois que nous rejoignons notre cœur profond, nous permettons au Christ de parler aujourd'hui avec des mots d'aujourd'hui.

 « Il y avait dans leur synagogue un homme possédé par un esprit mauvais ». L’esprit impur ne l’a pas empêché d’aller à la synagogue le sabbat. Le fond de son cœur reste ouvert à Dieu. Mais il est habité par un esprit impur, c’est-à-dire par un esprit qui l’empêche d’être complètement lui-même. Nous sommes un mélange de bon et de mauvais qui ne nous permet pas d’être complètement donnés à Dieu, d’être « attachés au Seigneur sans partage », comme le disait Paul dans le 2e lecture. Dès que cet homme voit Jésus, il se met à crier. L’esprit impur a reconnu l’ennemi qui va le terrasser. Le démon a senti la présence de la sainteté divine. Il tremble devant Celui qui va l’expulser. « Tu crois qu'il y a un seul Dieu ? », nous dit saint Jacques. « Tu as raison. Les démons, eux aussi, le croient, mais ils tremblent de peur » (Jacques 2, 19).

Jésus, derrière ces vociférations, a entendu la souffrance du pauvre, du frère, du bien-aimé de Dieu : « Silence, sors de cet homme ! » Il vient débusquer nos complicités secrètes avec les ténèbres. Il vient nous délier de tout ce qui nous empêche d’être nous-mêmes. Il vient restaurer notre liberté filiale. Contemplons en son visage l'image de l'infinie miséricorde du Père. Sa seule puissance, c'est celle de l'amour. L’amour et la bienveillance désarment le mal. " Silence ! " dit-il... Dans ce silence cet homme jadis tourmenté va renaître à la paix intérieure.

Avec les témoins stupéfaits de cette douce autorité victorieuse de toute mort, étonnons-nous au seuil du mystère: « Qu'est-ce que cela veut dire ? » Entrons dans le silence pour nous laisser délivrer par Le Seigneur et recevoir par Lui « les dons les meilleurs, les présents merveilleux, qui viennent d'en haut et descendent tous d'auprès du Père de toutes les lumières » (Jacques 1, 17).

.

Retour