Vingt-troisième dimanche dans l'année C 1997-1998

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Qui donc est Jésus pour demander de tels arrachements affectifs à ceux qui veulent le suivre ? « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et soeurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. » Avouons que c’est quand même dur et que ces mots nous font même un peu peur... Mais comme toujours avec Jésus, il faut aller plus loin, creuser plus profond que les zones de la sensibilité.

En réalité, il veut dire que nous vivons dans une situation de pécheurs, et notre péché nous met en situation de rupture avec Dieu et avec nos frères. Nous ne savons pas aimer de manière désintéressée. Mais en reconnaissant cette incapacité radicale à aimer vraiment, on commence à se mettre à la suite de Jésus. Pour être véritablement disciple et donc pouvoir aimer en plénitude, il faut élaguer ce qui empêche de marcher à la suite de Jésus.

Préférer le Christ à quiconque et même à sa vie, n’est pas pour ne pas les aimer, mais bien les aimer en vue de ce qu’ils doivent devenir pour Dieu. Jésus ne vient pas supprimer nos amours. Il vient les purifier, les transformer, les diviniser.

« Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple ». Tout ce qui nous fait souffrir peut devenir un chemin de vie. Si nous arrivions à penser, quand nous titubons sous l’épreuve, que Jésus est là, tout près de nous, marchant devant, trébuchant lui-même sur ce chemin de croix qui le mène à la joie de la résurrection ! Notre chemin serait moins rude. Simon de Cyrène, « chargé de la croix pour la porter derrière Jésus » est l’image du vrai disciple.

« Quel est celui(...)qui ne commence par s’asseoir... » En bon palestinien, Jésus sait qu’on ne traite jamais une affaire sérieuse en restant debout. Qui veut discuter un projet commence par s’asseoir. On s’énerve moins ainsi et on prend tout son temps. Suivre Jésus est une aventure de longue haleine et il faut pouvoir aller jusqu’au bout. Pas sérieux, s’abstenir ! Avant de t’engager, assieds-toi et prends le temps de réfléchir : « Voir, juger, agir à la lumière de l’évangile ». En ce début de septembre, cette invitation de Jésus arrive à point. Une année nouvelle est là devant nous. Tout va reprendre : école, profession, catéchismes, groupes... Pour ne pas vivre à la surface de nous-mêmes, la prière est une secret de vie profonde et vraiment efficace, ainsi que la partage fraternel, avec d’autres.

« Qui ne renonce pas à tous ses biens, ne peut pas être mon disciple ». Pour la troisième fois tombe le couperet de la parole du Christ. C’est pour cela qu’il « fallait » s’asseoir : on ne suit pas Jésus dans la facilité. Celui qui n’est pas prêt à aller jusqu’au bout de l’entreprise ferait mieux de ne pas commencer : renoncer à nous rechercher nous-mêmes dans nos affections... renoncer à notre propre vie... renoncer à nos biens... Allons-nous continuer à nous jeter avidement sur « l’avoir » ? Ou allons-nous inventer une autre manière de vivre heureux, dans l’amitié, le partage, la simplicité ?

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