Vingt-quatrième dimanche dans l'année C 1997-1998

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Les pharisiens reprochaient à Jésus ses fréquentations douteuses : « Il fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux ». ce qui est une autre façon de dire : il pactise avec eux, il est leur complice. Repas de pécheurs avec force libations, chansons à boire et histoires paillardes. Brebis perdues, pièces perdues, fils perdus, pensaient les pharisiens. Brebis retrouvées, pièces retrouvées, fils retrouvés, nous dit Jésus. Non qu’ils soient revenus d’eux-mêmes, mais parce qu’on a été les chercher, qu’on a balayé la maison, qu’on s’est précipité à leur rencontre, qu’ils se sont laissés porter sur les épaules et serrer dans les bras.

Malheureux sont ces pharisiens, engoncés dans leur fausse justice, et qui se privent du meilleur de la joie de croire : se savoir pardonné ! La Bonne Nouvelle de Jésus est celle du pardon offert : ni au paralytique, ni à l’aveugle-né, ni à Zachée, ni à la femme adultère, Jésus ne dit qu’ils sont pécheurs, mais à chacun Jésus révèle qu’il est pardonné.

Mais malheureux aussi ces chrétiens qui, en venant confesser leurs fautes, cherchent à sauver la face de leur bonne conscience. Ils limitent leur confession à quelques peccadilles qu’il ne viendrait à l’esprit de personne de leur reprocher. En refusant d’avouer qu’ils sont gravement coupables de trahison de l’Amour, ils se privent de la joie se savoir gravement et grandement pardonnés. Paul, qui avait persécuté les chrétiens et nourri une haine féroce contre Jésus, savait ce que c’était d’être pardonné par le Christ. Il nous en dit la joie.
Si j’ai eu l’occasion de prendre mieux conscience de l’énormité de l’amour dont je suis aimé, alors il me sera donné de pouvoir me réjouir « pour un seul pécheur qui se repent ». Car, alors, je saurai, par expérience, ce que cela veut dire : « Il m’a aimé et s’est livré pour moi ».

Prenons une comparaison toute simple. Une petite fille a commis une désobéissance. Elle sait qu’elle a mal agi. Elle est mal à l’aise. Survient sa maman, qui la prend dans ses bras et l’embrasse. C’est à ce moment-là, quand elle se sent aimée de sa maman, que, tout d’un coup lui est révélé le mal qu’elle a fait. Elle avoue sa désobéissance à sa maman. Elle est triste, mais pas comme tout à l’heure lorsqu’elle était toute seule avec sa désobéissance. Elle  est triste, mais en même temps elle est heureuse, car elle se sait aimée dans sa désobéissance elle-même. Reconnaître son péché, c’est, en quelque sorte, le voir en étant « dans les bras de Dieu », comme la petite fille dans les bras de sa mère.

La vraie notion du péché n’est pas du côté des tabous, des interdits, mais du côté de l’amour. Le péché, c’est « ce qui fait souffrir Dieu qui nous aime ». Le berger souffre de brebis perdue. La femme souffre de sa pièce de monnaie perdue. Le père souffre de son enfant perdu.

Et la vraie notion de conversion n’est pas « l’effort pour devenir quelqu’un de bien ». La conversion, c’est « donner de la joie à Dieu .»

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