Fête de l'Ascension C - 2000/2001

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L’évangile est d’une étonnante sobriété en ce jour d’Ascension. Le Christ est emporté, non pas au ciel des astronautes, mais vers un état nouveau, l’état glorieux. Il rejoint définitivement la « Maison du Père ». Le ciel, c’est Dieu lui-même.

Or Dieu n'a pas de demeure, on ne peut le localiser. Il n'habite pas dans les espaces interstellaires, au-dessus de nos têtes, mais il vit au centre de notre cœur, plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes.

Nous continuerons à dire et à croire que Jésus est « monté aux cieux », mais par cette expression nous n'entendons pas célébrer un événement distinct de la Résurrection mais seulement un aspect du mystère de la Résurrection. Certes le point de départ de cette fête, d'après la première lecture et l'évangile de ce jour, est bien la dernière apparition de Jésus à ses Apôtres. Mais son objet propre, c'est le mystère invisible de sa glorification, de son couronnement par le Père, de sa « session » à la droite du Père. Or cet état de Jésus est acquis dès la Résurrection. Mais l'Ascension permet pédagogiquement de mieux souligner, d'une part le retour définitif de Jésus vers son Père, d'autre part sa seigneurie, sa maîtrise sur tout l'univers, y compris l'univers céleste et angélique (Eph. 4, 9).

Notre admiration et notre louange seront de reconnaître en Jésus glorifié notre propre humanité qui partage définitivement la gloire divine. Joie du ciel, joie de la terre, joie de l'Église qui fête son Époux rayonnant de gloire et de majesté. Il ne l'a quittée visiblement que pour se rendre spirituellement plus présent à tous et à chacun. L'absence révèle la présence de celui qu'on aime. Il faut relier ces deux affirmations complémentaires des lectures de ce jour  : « Il fut emporté au ciel » et : « Vous allez recevoir une force, celle du Saint Esprit ». L'explication, c'est que Jésus couronné par son Père comme Roi du monde, participe désormais, jusque dans son humanité, à la souveraine présence de Dieu dans tout l'univers et à l'action illimitée de sa puissance. La Pentecôte révélera aux Apôtres désemparés par ce départ la présence éclatante du Seigneur, par son Esprit, au sein de son Église.

Si le ciel n'est pas un lieu, mais si pour nous il est Jésus Seigneur, cette fête ne pourra pas être une évasion par rapport à nos responsabilités terrestres mais une recherche du Seigneur à travers toute notre action : travail, éducation, relations humaines, loisirs, actions « citoyennes » et politiques... Nous savons non seulement pourquoi mais pour qui nous vivons : pour Jésus, pour que son règne se réalise sur cette terre. L'Eglise a sa tête au ciel mais elle a encore les pieds sur la terre et elle construit son état glorieux avec la matière première de l'humain et du charnel, transfigurés par l'Esprit.

Le  « départ » de Jésus coïncide avec le départ en mission des Apôtres : « Vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre ». Participons à l’épopée de l’évangélisation, ne serait-ce que par un sourire à l’inconnu rencontré.

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