Quatrième dimanche de carême C - 2000/2001

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Tel Père, tel Fils ! On ne peut pas en dire autant des deux fils de la parabole. Regardons-les : l'aîné entretient une relation totalement fausse, tant avec son père que son frère. Du père, il parle comme d'un patron : « Il y a tant d'années que je suis à ton service ! » Il est dans une relation de donnant-donnant. Vis à vis de son frère, il ne manifeste que jalousie et envie. Son frère est parti, il n'a pas réussi ? Eh bien, il n'est plus son frère. "Ton fils que voilà", dit-il à son père. Souvent, nous sommes comme cet aîné, introduisant une espèce de comptabilité dans notre relation à Dieu.

Quant au cadet, ce n'est pas mieux. D'abord, en réclamant sa part d'héritage du vivant même de son père, il agit comme si, pour lui, il était déjà mort. « Il tue le père », dirait les psychanalystes. Ne parlons pas de ses fredaines qui ne lui apportent que tristesse, désillusion et pauvreté. Regardons plutôt ses motivations quand il revient à la maison. A aucun moment il ne pense à son père ni à sa peine. Il ne cherche qu'à trouver à manger pour ne pas mourir de faim. Il n'y a pas de vrai repentir, à peine l'esquisse d'un geste... Comme le cadet, nous vivons des pans entier de notre vie en nous passant de Dieu.

Le Père de la parabole, lui, est le père par excellence. D'abord, parce qu'il respecte totalement la liberté de son fils : « Tu veux partir? Eh bien, tu le peux. » Il ne nous abandonne pourtant pas : il nous attend. Bien plus, il court après nous. Il faut se rappeler que, dans le monde biblique, jamais on ne voit un notable se mettre à courir. Il marche toujours posément, avec dignité. Le père de l'histoire, on le voit sortir au-devant de ses fils, on le voit même courir au-devant du prodigue. C'est un père qui ne refuse qu'une chose : que son fils ne soit plus son fils. Un père dont l'amour gratuit nous fait vivre ("Il était mort et il revit") ; un père dont l'amour est un don total ("Tout ce qui est à moi est à toi.")

Certes, nous pouvons nous reconnaître, tour à tour, dans l’un ou l’autre des deux fils. Mais tel n’est pas l’essentiel du message de la parabole. L'image de Dieu que Jésus nous y présente, il tient à la reproduire dans tous ses comportements de fils. Plus, il nous invite à l’imiter à notre tour. « Soyez les fils de votre Père, qui fait lever son soleil sur les méchants comme sur les bons... », et encore : « Soyez parfaits comme votre Père du ciel est parfait. »

Quelle est notre réaction devant les enfants, la femme, le mari, l'ami qui nous lâchent ? Devant l’ingratitude ou les calomnies qui nous atteignent le plus parce qu’elles proviennent de nos proches ? Colère? Vengeance ? On cherche les mots qui tuent. Ce peut être : « Oeil pour œil, dent pour dent », « Il est mort, elle est morte pour moi » .

Mais le Père ? Lui, il ne dit rien. Son silence est attente. Quand le fils revient, il n'évoque rien du passé. Ne reste que l'explosion de joie. Voulez-vous connaître la joie parfaite ? Apprenez à ressembler au Père, à donner et à pardonner. Ah, si on pouvait dire de nous :  « Tel Père, tels fils »  !

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