Dimanche de Pentecôte C - 2000/2001

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Tel un ouragan prodigieux, qui bouleverse de fond en comble l’humanité, telle la foudre tombée du ciel pour incendier la forêt, L’Esprit Saint, à la Pentecôte, s’est précipité sur la terre pour l’embraser du feu de Dieu. L’Eglise, pour saint Luc, est l’Eglise du feu.

Il accumule d’ailleurs les allusions bibliques  pour nous suggérer que la Pentecôte est l’équivalent de ce que fut pour le peuple hébreu l’expérience du Sinaï. Les phénomènes sensibles sont du même ordre : une tornade, un fracas étourdissant, un tremblement de terre, une colonne de feu. La Pentecôte sonne l’heure d’un rassemblement sans frontières. La mission de convoquer et de regrouper en un seul peuple tous les peuples revient à cette poignée d’hommes et de femmes qui, ce matin-là, « se trouvaient réunis tous ensemble dans un même lieu ».
Le feu, ce matin-là, a bien pris sur la colline de Sion : l’incendie s’étendra de ville en ville, jusqu’aux confins de la terre. L’Eglise née, comme Jésus, de l’Esprit et de Marie, va parler à tous les hommes en leur langue.

Car l’Esprit l’anime. Il l’envoie rassembler. Il la remet à neuf et assure l’unité en recueillant nos diversités pour les fondre en une seule harmonie. L’Esprit ouvre portes et fenêtres. Il fait éclater les ghettos et quitter les nids douillets. L’Esprit réveille, secoue, critique et purifie. Il redonne courage et audace. Il est joie et communion.  Il est douceur et force, eau et lumière, puissance et souplesse. Il est murmure et bourrasque, feu et souffle.

Le monde devient maintenant la patrie de Dieu; plus seulement la petite terre d’Israël. L’humanité toute entière est appelée à devenir peuple de Dieu; et plus seulement quelques millions d’Hébreux. Le signe de l’appartenance à Dieu cessera d’être marqué dans la chair pour laisser place à la circoncision du cœur, qui est conversion. Au Sinaï, la Loi avait été gravée dans la pierre, comme pour en garantir la durée. Le souffle et le feu de l’Esprit ne peuvent ni être enfermés ni maîtrisés.

Sans cesse, et aujourd’hui encore, l’Esprit met au grand jour des zones d’ombre et révèle des coins cachés. Il éclaire le message évangélique, déploie des perspectives nouvelles et dilate les cœurs. Il fait de nous des fils revêtus d’audace et non plus des esclaves plongés dans la peur. Il nous ressuscite de toutes nos morts.

Si nous sommes « remplis de l’Esprit Saint », nous parlerons d’autres langues que celles du monde qui véhiculent l’idolâtrie  et les obscénités, les haines et les querelles, le sectarisme et la jalousie, les dominations et les divisions. Nous porterons les fruits de l’Esprit qui sont douceur et paix, non-violence active et patience, bienveillance et confiance, humilité et maîtrise de soi.

Dieu est plus grand que nos limites. Dans notre monde rongé par le cancer de l’injustice et de la violence, s’enfante une nouvelle création par le don de l’impossible. Le feu de l’Esprit, qui nous est apporté par le Christ ressuscité, fait naître, dès maintenant, la terre nouvelle...

Osons le croire !

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