Epiphanie C - 2009/2010

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L’Eglise latine, surtout depuis saint François d’Assise, l’inventeur de nos crèches, met l’accent sur Noël, et fête joyeusement la naissance de l’Enfant Jésus. Les Orientaux et, dans une bonne mesure d’ailleurs, notre liturgie catholique, fêtent un événement plus profond : l’Épiphanie, la manifestation glorieuse de Dieu au milieu de nous. « Épiphanie » se disait d’un roi quand il venait visiter une ville. La fête de l’Épiphanie célèbre Celui qui vient visiter son peuple (Luc 1, 68). Elle se déploie en trois moments de la vie de Jésus qui seront lus  et médités durant ce mois de janvier dans nos églises : l'adoration des Mages  que nous lisons ce 4 janvier ; le baptême du Christ au Jourdain que nous fêterons dimanche prochain le 10 janvier,  et les noces de Cana que nous célébrerons cette année le dimanche 17 janvier.

Arrêtons-nous aujourd’hui  sur le premier volet de la fête de l’Épiphanie, l’épisode des mages. Le grand message que saint Matthieu veut nous y communiquer c’est  tous les hommes de tous les nations, sont invités à la suite des mages à chercher Dieu. Certes, c'est toujours Dieu qui, le premier, cherche l'homme ! C’est là le sens de l'étoile : c'est Dieu qui prend l'initiative.

Mais n’est-il pas le laissé pour compte de nos emplois du temps ? Celui dont on s'occupe quand on n'a rien d'autre à faire  Celui qu'on a toujours de bonnes raisons d’oublier: parce qu’il ne répond pas instantanément à nos prières, parce que les croyants ne sont pas meilleurs que les autres, parce qu’il y a trop de souffrance dans le monde… autant de raisons que nous nous donnons pour négliger Dieu.  Heureusement il y a toujours des Mages.  La passion des savants à chercher la vérité, la fascination des poètes et des artistes pour la beauté, la soif de justice de ceux qui s’engagent à construire une planète plus belle, le désir d’infini des mystiques sont des signes de cette dimension divine qui habite tout être humain.

Les mages nous apprennent donc trois choses. D’abord, à rechercher. Ils nous disent que Dieu est en avant : nous sommes destinés à être des explorateurs de Dieu : la vraie fidélité est c’est d’aller de l’avant. Ensuite, le goût du risque. Quand on se met à chercher, il est toujours possible de se tromper. Mais nous sommes sûrs que Dieu nous accompagne dans nos recherches et même dans nos errances. Les mages nous montrent enfin que Dieu n’est jamais là où on pense qu’il devrait être. Ils s’imaginaient le trouver dans une capitale,  mais ils sont conduits vers un bourgade obscure pour se prosterner devant l’enfant. Offrons, avec eux, nous aussi, l’or, l’encens et la myrrhe.
L’or évoque tout ce qui relève de notre vie économique. Nous pouvons lui demander, pour chacun de nous, une existence plus équilibrée et sûre. Mais aussi, demandons-lui la force d’ agir pour que les biens économiques soient plus équitablement répartis, car tant de gens manquent du nécessaire.

L’encens est le signe de la prière : ça sent bon et ça monte vers Dieu. Souhaitons-nous pour chacun  une vraie vie de prière et une relation confiante et simple avec Dieu.
La myrrhe, qui servait à embaumer les corps, nous invite ne pas laisser seuls  ceux qui connaîtront cette année l’épreuve de la souffrance et de la mort, mais que l’espérance reste la plus forte dans nos déserts. Oui, au début de l’année nouvelle, plutôt que d’ajouter une année à notre vie, ajoutons de la vie à cette année en y accueillant davantage Dieu et nos frères.

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