Dimanche de la Trinité C - 2009/2010

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La Trinité est un mystère de générosité et d’effacement. Pour la fêter, la liturgie nous offre trois textes. Le premier, un magnifique poème du livre des Proverbes, nous décrit la richesse, la splendeur et la bonté du monde voulues par un Dieu Amour. Dieu est amour en lui-même, car depuis toujours il a en lui-même un Fils qu’il aime d’un amour infini, qui est l’Esprit Saint. L’épitre aux Romains (2e lecture) mentionne les trois noms de Dieu : « nous sommes ainsi en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ,... puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. »

Savoir qui est le Dieu auquel nous ressemblons est la question la plus importante que nous devons nous poser pour découvrir qui nous sommes nous-mêmes. Ce n’est pas à un jeu intellectuel, à la solution d’un problème, que nous invite la fête de la Trinité ; c’est à un engagement de foi, à une remise de soi à Dieu amour. Si nous prêtons attention aux paroles de l’Évangile, nous n’y trouvons pas d’images de la Trinité, mais un magnifique jeu de relations. Jésus nous dit : « Tout ce qui appartient au Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : l’Esprit reprend ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. » La Trinité est un mystère de générosité et d’effacement puisque chaque personne renvoie à une autre. Elle est le modèle de la communion, un modèle à imiter.

Le Père, le Fils et l’Esprit-Saint, le Dieu Un en trois personnes, le Dieu Unique et trois fois Saint, c’est l’image et la réalisation de ce que notre monde devrait devenir. Au lieu de partager équitablement les biens et les richesses destinés à tous, quelques-uns ont voulu et veulent encore s’accaparer les biens du monde. Des pauvres et des injustices, il y en a encore dans le monde même si le Dieu Amour est le défenseur des pauvres, l’ami des abandonnés, le frère des exploités. Les inégalités persistent parce que nous n’avons pas expérimenté que nous sommes Un en Dieu.
Le bonheur et le malheur sur terre dépendent dans une large mesure de la qualité de nos relations ; et, ce qui rend une relation belle, libre et gratifiante, c’est l’amour dans ses diverses expressions. Aimer quelqu’un, c’est l’aimer pour lui-même, et non pour nous, pour notre utilité.

Le plus important n’est pas de vouloir comprendre le mystère de la Trinité, car c’est impossible. « Le mystère n’est pas ce que nous comprenons, mais ce qui nous comprend » (Paul Evdokimov). Nous avons à nous laisser prendre par cet amour qui vient du cœur de Dieu. A nous laisser emporter par ce mouvement d’amour qui vient transformer notre monde.

Aimer Dieu trinitaire, c’est se laisser initier peu à peu à l’amour véritable, à l’amour gratuit du vrai Dieu, tel qu’il est en lui-même. Et par là, à l’amour fraternel. Telle est l’essentiel de notre foi, le secret de notre existence. Dieu nous a créés par amour pour être des visages de son amour par notre comportement dans le monde. Ainsi la Trinité n’est pas une simple affirmation dogmatique, elle est avant tout une manière de vivre qui nous introduit dans le cercle sacré de la communion trinitaire.

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