Premier dimanche de l'Avent C - 2009/2010

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Avec force, Jésus nous parle ici d’un avent qui est tout autre chose qu’une mièvre et sentimentale préparation à Noël. Il y aura des signes dans le soleil, la lune, les étoileset Luc ajoute : « Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde. »

Mais comment comprendre  cette « apocalypse » de l'attente ? Le poète anglais Auden, cité dans le film « quatre mariages et un enterrement », nous y achemine quand il exprime  la tristesse de la séparation d’avec la personne aimée :
« Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,
Mon travail, mon repos,
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant;
Je pensais que l’amour durerait toujours : j’avais tort.

Je ne veux  plus d’étoiles désormais; éteignez les toutes ;
Emballez la lune et décrochez le soleil,
Videz l’océan et balayez les bois;
Car rien maintenant ne vaut plus la peine. »

Lorsque  l'être aimé, le conjoint, l’enfant, le frère, le parent, l’ami… fuit, disparaît, est emporté par la maladie ou par un autre amour, c'est vraiment tout à coup l'apocalypse ! C'est alors qu'une vie, qui n'en est plus une sans l'être aimé, bascule. C'est alors que le prince des ténèbres paraît avoir gagné son immonde combat. C'est alors que l'homme, même croyant, même entouré d'amis, affronte seul son cataclysme intérieur. C'est alors que tombent les étoiles et que s’éteignent les soleils. C’est la fin d’un monde, de mon monde.

Mais l'évangile d'aujourd'hui est vraiment Bonne Nouvelle, autrement il ne serait pas l'Évangile. Alors l'apocalypse qu'il décrit est aussi Bonne Nouvelle et ne peut ressembler en rien aux apocalypses grandes ou petites que se fabriquent les hommes.

Comment arriver à traverser l’épreuve ? Par la vigilance et la prière, nous répond l’évangile.

Si  au sein de nos apocalypses humaines, nous n'avons pas laissé notre cœur « s'alourdir dans la débauche, l'ivrognerie et les soucis de la vie», si nous avons su rester en éveil et si nous avons persévéré à croire en la vie plus forte que la mort, si nous vivons en femme et en homme debout, alors, la véritable Apocalypse devient Bonne Nouvelle. Elle fait déjà pressentir comment, au grand jour du salut, s'allumeront les astres de la nouvelle création, comment, lorsque le soleil de justice se lèvera sur les forêts refleuries, s’accomplira « la promesse de bonheur » annoncée par le Seigneur.

L’Evangile nous propose un moyen sûr pour rester en éveil : prier en tout temps. La prière n’est pas un somnifère qui nous permettrait de nous endormir pour oublier un moment nos douleurs. Elle nous permet de regarder autrement les évènements qui nous adviennent. Elle nous permet de rester unis aux autres, à Dieu, dans la lumière comme dans l’obscurité. Elle garde nos cœurs en attente, prêts au pardon et à l’amour redonné. Elle nous empêche de nous apitoyer sur nous-mêmes.

Aujourd’hui, nous rappelant la venue de Jésus un jour du temps et attendant le « jour béni de sa venue et de notre joie », célébrons sa présence au milieu de nous dans la parole et le pain eucharistiques.

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