Deuxième dimanche de carême C - 2009/2010

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Jésus avait pris avec lui ses trois disciples, Pierre, Jacques et Jean, et était monté sur une haute montagne, dans la solitude, pour prier. Et pendant qu'il priait, il fut transfiguré. Sa gloire filiale rayonna dans son corps de chair. Il devint lumière. L'Evangile de saint Luc précise que c'était sur une haute montagne, pendant qu’il était en prière.
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ». La prière et l’écoute de la Parole de Dieu, surtout pendant l’eucharistie, quand elles sont authentique rencontre de Dieu, transfigurent notre existence.

Il y a dans la Transfiguration de Jésus, une révélation de qui il est et de ce qu'il est appelé à être. Qui est-il ? Il est le Fils, le Bien-aimé, l'Unique tout simplement. Et qu'est-il appelé à être ? Il est appelé à l'Exode, c'est-à-dire à un passage, celui de la Pâque. C'est de cela qu'il parle avec Moïse et Elie, sur la haute montagne, en pleine lumière. Il est appelé à la Gloire, par la Croix, pour nous. La Transfiguration est la manifestation de la personne de Jésus et du sens profond, unique, personnel et universel de sa vie.
Nous sommes appelés nous aussi à participer à ce mystère de la Transfiguration. A Pâques, il a réussi, il a gagné. Sa victoire est éternellement la nôtre.

Nous participons à cette transfiguration, en suivant le même chemin. D'abord en prenant une véritable conscience renouvelée de ce qui est vivant, de ce qui seul est essentiel. Et ensuite, par une prière qui soit un contact réel avec le Dieu de vie. Notre prière, si elle veut être authentiquement chrétienne, participante donc de la prière filiale du Christ, doit être imprégnée du mystère de la Transfiguration. Elle doit être révélation de notre dignité d'enfant de Dieu pour l’éternité. Dans un moment de découragement total, devant l'évidence d'un échec définitif, Moïse a fait au Seigneur cette prière : « Efface-moi, de grâce, du Livre que tu as écrit » (Exode 32, 32). Nous voulons nous aussi parfois disparaître pour de bon, être oublié, retourner au néant : « Faites comme si je n'avais jamais existé ». La réponse du mystère de la Transfiguration, c'est justement Dieu qui nous dit : « tu as du prix à mes yeux et je t’aime » (Isaïe 43, 4).

La réponse de Dieu, c'est celle qu'il apporte en acte à Abram plongé dans un profond sommeil, en passant seul telle « une torche enflammée entre les quartiers d'animaux » (Genèse 15,17 - 2e lecture). Ceux qui voulaient sceller solennellement un accord tuaient un animal, le séparaient en deux et passaient au milieu. Si l'un ou l'autre des contractants venait à rompre le serment ainsi juré, il acceptait d'avance de subir le sort de la victime. Ici, c'est que seuls les symboles de la présence divine passent ainsi entre les quartiers d'animaux. Et non pas Abram ; rien ne lui est demandé sinon de croire. Croire : c'est dans ce sens qu'il faut entendre aussi le mot de saint Paul dans la 2e lecture : « Frères, prenez-moi tous pour modèle », non pas parce que c’est lui, Paul, mais parce qu'il croit de tout son être au « Seigneur Jésus Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l'image de son corps glorieux » (Philippiens 3, 21)

Nous sommes nous aussi appelés à dévoiler ce que nous sommes et ce que nous sommes appelés à être : des fils dans le Fils. Nous avons du prix aux yeux du Père. Nous existons réellement, nous comptons vraiment pour lui. Nous sommes nous aussi appelés à faire le passage, à percer la nuée obscure de nos illusions et nos duplicités pour que brille la pure lumière de la vérité profonde de notre être de baptisé.

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