Troisième dimanche ordinaire C - 2009/2010

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La semaine de prière pour l'unité est aussi une grande fête du Livre. C'est par la façon de lire et d'interpréter la Bible qu'est venue la division entre les chrétiens. En honorant ensemble aujourd'hui le Livre de la Parole de Dieu qui nous est commun, en remontant à la source, nous permettons à l’Esprit Saint  de nous unifier à partir de la Parole de Dieu.
Parler de la Bible, c’est d’abord parler de nos « frères aînés » les Juifs, qui l’ont transmise de génération en génération, de père en fils, de conteur en conteur. Les anciens racontent à la génération qui vient les bienfaits reçus, les épreuves endurées par le peuple. Israël est le Peuple de la mémoire, le Peuple de la parole.
Avec les prophètes, les conteurs se faisaient éditorialistes qui, en une sorte de revue de presse, donnaient sens à la situation générale des événements qui allaient marquer le destin de leur peuple. Ils sont comme des porte-parole de Dieu.
Mais à  partir de l'Exil, Israël risque d'être rayé de la carte du monde et de perdre ce trésor de mémoire transmis par les conteurs et les prophètes. Alors survint une nouvelle génération qui va recueillir la tradition et la mettre par écrit pour que la transmission puisse continuer. Ce sont les scribes. L'un des plus célèbres de ces scribes, celui auquel nous devons peut être la première parution de la Bible, était Esdras. Lui et d’autres scribes ne se sont pas contentés de recueillir une tradition, mais, sous l'inspiration de l'Esprit, ils ont créé une liturgie nouvelle.  Dieu reste ainsi toujours présent au milieu de son peuple, non plus à travers un temple de pierres et des sacrifices d’animaux, à travers des prières, des lectures, des homélies et des chants. Remarquons aussi que les juifs avaient perdu l’hébreu, puisqu’ après la lecture du texte hébraïque, on le traduit en langue populaire, c’est-à-dire l’araméen. C’est l’invention de la synagogue. Notre liturgie de la Parole y puise son origine. Elle est un signe de sa fidélité à la Première Alliance.
La lecture de l'Évangile de saint Luc de ce dimanche est un montage où l’on a rapproché le texte de l'introduction de l'Évangile et la scène de la prédication de Jésus à Nazareth, dans son pays. Le prologue de saint Luc donne ses intentions. Il veut faire œuvre d’historien, tel qu’on pouvait comprendre ce métier dans l’Antiquité.
Puis nous passons dans la synagogue de Nazareth. Jésus est invité à faire la lecture. Comme le scribe Esdras, Jésus, pour lire, se tient sur une estrade au milieu de l'assemblée. Comme lui, il va lire le texte d'Isaïe puis, comme le bon lévite, il va expliquer le texte.
Et c'est alors que tout bascule. Jésus s'est assis, il a fait naître un silence attentif. Puis, quand il élève la voix, c'est pour dire que cette Parole entendue n'est pas une parole morte, faite de souvenirs. Cette parole est vivante, elle se réalise. Elle est efficace, elle qui fait ce qu'elle dit : « Aujourd'hui, cette Parole s'accomplit à vos oreilles. » Avec Lui, la Parole de Dieu est au présent. Elle est dans sa personne. Toute sa personne parle de Dieu. Le principe de l'homélie est énoncé dans ces quelques mots. Désormais, dans nos célébrations, il revient à celui qui fait l'homélie de révéler que l'Esprit est à l'œuvre dans les textes proclamés. Cette œuvre est pour aujourd'hui, en commençant par l'assemblée qui est là, à l’écoute.
Aujourd’hui nous sommes invités à poser des gestes concrets de fraternité en cette semaine de prière pour l'unité des chrétiens. Jésus compte sur nous aussi, pour apporter une Bonne Nouvelle au cœur de toute situation désespérée, comme celle qui se vit en Haïti. Il est capable, en autant qu’on accepte de les partager, de nourrir toute une foule avec quelques pains et deux poissons. Jésus va donc trouver le moyen de multiplier les élans de générosité venus de partout et les divers fruits qu’ils produisent. Nous n’avons qu’à dire oui et à participer chacun selon nos ressources.

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