Cinquième dimanche de Pâques C - 2009/2010

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Le mot central de la première partie de l'Évangile que nous venons d'entendre est celui de gloire. L'on sait que dans la Bible, la gloire de Dieu ou la gloire d'une personne humaine n'ont pas la même signification que dans notre langage. Dans notre langage, elle désigne : la renommée, la popularité et la bonne réputation. Dans l'Ecriture, la gloire représente la qualité de la personne, son poids, sa densité de présence, sa capacité de puissance. sa force d'aimer. Dans ce sens, la Gloire par excellence, fondement de toutes les autres ,n'appartient qu'à Dieu seul et à celui à qui ilveut lui donner.« Maintenant le Fils de l’Homme est glorifié et Dieu est glorifié en Lui. Si Dieu est glorifié en Lui, Dieu, en retour, Lui donnera Sa propre gloire ». C’est doncl’heure de la gloire de Jésus parce que le Fils trahi, abandonné de tous, persécuté par tous, persévère, Lui seul contre tous, à n’être qu’amour, bienveillance et pardon. Il révèle aux hommes jusqu’où va l’amour du Père, c’est-à-dire jusqu’à l’infini sans limites.

Le mot clé de la 2e partie est le mot nouveau. Jésus parle d’un commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres ». Le commandement était déjà présent dans la tradition juive qui recommandait l’amitié et le service mutuel. Ce qui est neuf, c’est de demander un amour qui s’étendrait jusqu’aux ennemis. L’Evangile ne cessera de nous demander de bâtir un monde fraternel. Et la raison en est simple : c’est parce que Dieu est Amour, parce que Dieu n’est qu’Amour. « Aimez-vous comme je nous ai aimés » dit Jésus, c’est-à-dire le même Esprit qui est Celui du Père en même temps que Celui du Fils. Tant que cela n’est pas réalisé, ni en voie de l’être, nous fermons au monde le chemin vers Dieu.

On voit donc que dans notre évangile d’aujourd’hui les deux parties, la gloire et le commandement de l’amour, renvoient l'un à l'autre. Jésus dit : maintenant je vais révéler au monde jusqu’où va l’amour du Père et maintenant je vous donne un commandement nouveau, une mission neuve : c’est d’aimer de la même manière.

La nouveauté, nous la trouvons aussi dans l’Apocalypse, ce livre étrange rempli de visions et de symboles quelque peu ésotériques. Il n’est pas destiné à nous faire rêver. Il entretient en nous la certitude de la victoire finale du Christ sur toutes les puissances du mal. « J’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle. Alors Celui qui siégeait sur le trône déclara : Voici que Je fais toutes choses nouvelles ». La grande nouveauté dont il s’agit, c’est la proximité totale et définitive de Dieu avec les hommes.

Telle est la certitude que le livre de l’Apocalypse veut solidement planter en nous, pour nous rendre capables de témoigner que Dieu nous comblera, surtout auprès de ceux que les épreuves amènent au découragement et au désespoir.


C’est cette assurance qui se manifeste enfin tout au long des Actes des Apôtres dont la liturgie nous propose de larges extraits durant ce temps pascal. Le Livre des Actes n’est pas terminé. Nous en écrivons sans cesse, par notre vie, de nouveaux chapitres.

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