Sixième dimanche de Pâques C - 2009/2010

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Le fil d’or qui court à travers toute la tapisserie de ce dimanche, c’est le thème de la paix. « C'est la paix que je vous laisse, c'est ma paix que je vous donne… »  Nous avons tous un profond besoin de paix. Si l'eau de notre lac intérieur est calme, nous sommes en paix et nous sommes bien; mais si elle est constamment agitée par des inquiétudes, du ressentiment, de l'amertume, des regrets et des remords, la paix a bien du mal à habiter en nous. Les lectures que nous venons d’écouter nous ouvrent des chemins vers cette paix si nécessaire.

Premier chemin : se parler

La communauté d'Antioche se trouvait aux prises avec un beau problème : on était divisé sur la question importante de la circoncision. Fallait-il, oui ou non, garder ce rite ancien prescrit par la torah de Moïse ? Que vont-il faire? Comment vont-ils procéder ?
Ils vont s’asseoir pour en parler ensemble, consulter  les apôtres à Jérusalem, prier l’Esprit Saint et trouver une solution qui convienne à tous. Le livre des Actes nous montre à l’œuvre ce chemin de dialogue fraternel  qui engendre la paix et cimente l'amitié par le dialogue, la médiation et la prière.

Deuxième chemin : prier et contempler le Seigneur

Le voyant de Patmos, qui a rédigé l'Apocalypse, était un homme pacifié et donc capable de communiquer sa paix ou plutôt celle du Seigneur aux Églises à qui il écrivait. Où puisait-il sa paix? De sa prière et plus particulièrement de sa contemplation : à contempler longuement le Seigneur, il devient un peu celui qu’il contemple.
Les personnes qui prient régulièrement, ceux qui entrent en contact constant avec le Seigneur, dégagent une lumière et une sérénité communicatives. C'est avec le Seigneur qu'ils solutionnent leurs conflits intérieurs et qu'ils deviennent capables, par leur seule présence, de favoriser la paix chez les autres. Même sans s'en rendre compte, ils donnent aux autres l'immense tranquillité de Dieu.

Troisième chemin : avoir une vie intérieure

Il est quand même étonnant que Jésus, au milieu de son discours d'adieu, juste avant sa passion, et au cœur de l'annonce de l'envoi de l'Esprit, glisse, comme une incise, cette affirmation merveilleuse : « Si quelqu'un m'aime, mon Père et moi, nous l'aimerons et nous ferons chez lui notre demeure. » Affirmation capitale qui sera reprise par saint Paul : Dieu habite en nous comme en un temple saint (1 Corinthiens 3, 16). Ce qui veut dire que nous pouvons en tout temps le rencontrer au plus profond de nous,  particulièrement quand nous risquons  d'être bouleversés par toutes sortes d'événements, quand nous avons besoin de retrouver notre calme  intime. « Si quelqu'un m'aime... Si vous m'aimiez, vous seriez dans la joie... » : nous pouvons toujours descendre au plus secret de la maison de prière qu’est notre cœur pour nous y laisser aimer, apaiser et reconstruire par la parole du Père qu’est Jésus et ui nous est donnée par le Saint-Esprit .

À la suite de la Vierge de Nazareth, il s’agit beaucoup moins de rechercher l’inouï que de découvrir avec émerveillement et action de grâces la part éternelle du quotidien. Alors « notre cœur cessera de se troubler et de craindre » pour le présent ou pour l’avenir, face à une tâche et à des responsabilités qui de toute façon nous dépassent ; et à chaque tournant de nos journées bousculées, nous saurons percevoir, familière et fidèle, la voix du Ressuscité : « Je vous laisse la paix ; je vous donne ma paix ».

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