Dix-neuvième dimanche dans l'année C 2013

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On pourrait dire que les lectures de ce jour nous invitent à vivre de ce qu’on appelle les trois vertus théologales, c'est-à-dire qui caractérisent notre relation avec Dieu : la foi, l’espérance et la charité. « Ce qui demeure aujourd'hui, c'est la foi, l'espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c'est la charité.»  (1 Corinthiens 13, 13)

La foi d’abord. Dans sa première encyclique « Lumière de la foi », le pape François écrit ceci : « La foi est liée à l’écoute. Abraham  ne voit pas Dieu, mais il entend sa voix. De cette façon la foi prend un caractère personnel. Dieu se trouve être ainsi non le Dieu d’un lieu, et pas même le Dieu lié à un temps sacré spécifique, mais le Dieu d’une personne, précisément le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, capable d’entrer en contact avec l’homme et d’établir une alliance avec lui. La foi est la réponse à une Parole.» 
Oui, mais me direz-vous, nous n’avons jamais entendu Dieu nous parler à haute voix ! Certes, mais la foi est une confiance en une personne, le Christ. La foi, c’est l’expérience, la rencontre du Christ. Pour l’entendre et en vivre, il faut savoir faire silence, écouter son cœur, entrer dans une lecture priante de l’évangile.

La foi est une assurance dont Dieu nous fait cadeau, que nous sommes destinés à partager sa vie divine, son intimité, à « aller au Ciel » comme disent les braves gens, parce que  nous croyons que Dieu nous aime immensément et que, pour cela, rien ne doit nous décourager sur le chemin vers la sainteté. Nous ne sommes  ni seuls, inutiles ou abandonnés, puisque nous nous appuyons, dans la confiance, sur Celui dont nous savons aimés.

L’espérance ensuite, c’est la foi à son meilleur, comme le disait Charles Péguy. L’espérance nous fait croire que demain, ça ira mieux, quand aujourd’hui, tout va mal. Voilà la merveille de cette petite fille espérance du poète. C’est elle qui nous permet de « rester en tenue de service et de garder nos lampes allumées » (Luc 12,35). Car pour attendre le maître à son retour des noces (Luc 12,36), il faut savoir l’espérer. C’est pourquoi, l’évangéliste Luc formule cette béatitude : « Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : il prendra la tenue de service, les fera passer à table et les servira chacun à son tour » (Luc 12,37). Pour veiller, il faut simplement avoir un cœur en désir, c’est garder au fond de soi un petit peu d’espérance allumée. 

La charité enfin. Si la foi est une grâce, un don de Dieu, la charité, l’amour en est la réponse. Si la foi me fait accueillir l’amour dont Dieu me comble dès avant la création du monde, la charité est la réponse balbutiante que je lui fais. « Tenez-vous prêts : c'est à l'heure où vous n'y penserez pas que le Fils de l'homme viendra. » « Restez en tenue de service ».

Nous oublions que la vie sur cette terre est un trésor précieux à ne pas gaspiller. Nous risquons de laisser notre trésor s'épuiser en oubliant l'essentiel de notre existence. « Au soir de notre vie, nous  pourrons regretter  d’avoir  perdu notre temps si souvent. D’être passé à côté de telle occasion de faire un voyage nourrissant ; d’avoir laissé échapper la chance de l'amitié offerte par un vieil ami qui nous avait invité; de s’être laissé manger par le travail en négligeant nos enfants qui pourtant l'attendaient. Mais nous ne repentirons jamais du temps consacré à aimer et à nous laisser aimer. A aimer Dieu dans la prière et dans le service de nos frères. A nous laisser aimer par Dieu dans l’oraison et dans l’affection reçue de nos proches.

Vivons en serviteurs fidèles, dans la foi, l’espérance et la charité.

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