Quatrième dimanche de Pâques C - 2012/2013

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Je ne retiens qu’une image, une seule, de l’évangile de ce dimanche : celle des mains du Père. C’est extraordinaire : si nous écoutons la voix de Jésus, le Bon Pasteur, nous recevrons de lui la vie éternelle. Alors, dès maintenant, nous sommes dans la main du Père, dont personne ne pourra jamais nous arracher !

C'est par ces mains que Dieu a tout créé : « Le ciel est l'œuvre de ses mains », chante le psaume 102. Avec ses mains, Dieu lance les étoiles, dresse les montagnes, creuse les lits de fleuves, plante le jardin d'Éden et façonne l'homme à partir de poussière des étoiles. « Comme l'argile est dans la main du potier, ainsi sont tous les hommes dans la main de leur créateur », remarque le sage (Siracide 33, 13). Et quand Dieu « ouvre la main, il rassasie tout vivant à plaisir » (psaume 144, 16).

C'est par ces mains que Dieu sauve : il libère son peuple d'Égypte « à main forte et à bras étendu » (Deutéronome 7, 19). C'est par ces mains encore qu'il conduit amoureusement Israël, comme un père, une mère élèvent leur enfant : « Et moi j'avais appris à marcher à mon peuple, je les prenais par la main et ils n'ont pas compris que je prenais soin d'eux » (Os 11, 3). Et déjà, dans l'Ancien Testament, en Isaïe, Dieu avait affirmé : « vois, j'ai gravé ton nom sur les paumes de mes mains » (Is 49, 16).

Être dans les mains de Dieu, c'est donc être enveloppé d'une présence aimante. C'est reposer dans la dans la paix de savoir qu'on vivra tout événement « dans la main du Père ».

Être dans les mains de Dieu dont personne ne peut nous arracher, c'est connaître la sécurité. Et d’aventure, nous quittions cette main, ce qui nous est toujours possible, nous pourrons encore nous tourner vers Dieu dont la main viendra « nous arracher aux ténèbres pour nous planter dans le Royaume de son Fils bien-aimé » (Colossiens 1, 13).

A Antioche de Pisidie (2ème lecture), Paul et Barnabé, auraient pu conclure que leur entreprise était ratée. Bien au contraire, ils y ont vu le signe d’aller ailleurs, sur une autre route. Nos échecs ferment un chemin pour en ouvrir un autre, si on les lit dans la foi. Jésus accède à la vie de Dieu, et nous y fait entrer, en acceptant de perdre sa vie humaine.

« Sortir de la grande épreuve » dont parle l'Apocalypse (1ère lecture), pour devenir « cette foule de toutes nations, races, peuples et langues  » purifiée par le sang de l'Agneau, libérée des persécutions. Voilà l'acte de foi de ceux qui vivent dans la foi d’être dans la main Dieu, au cœur même des contrariétés et  des oppositions. « Tout contribue au bien de ceux qui aiment Dieu » (Romains 8, 28).

Car, poursuit saint Paul, «  si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Oui, j'en ai l'assurance, ni la mort, ni la vie, ni le présent ni l'avenir, rien, aucune créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus-Christ Notre Seigneur » (Romains 8, 39).

Osons la confiance. Blottissons-nous dans les mains de Dieu.

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