Cinquième dimanche de Pâques C - 2012/2013

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L’Évangile de ce dimanche a un mot central dans chacune de ses deux parties.

- Le mot qui synthétise toute  la 1ère partie est le mot GLOIRE. Quand Judas fut sorti, Jésus déclara : « maintenant le Fils de l’Homme est glorifié et Dieu est glorifié en Lui. Si Dieu est glorifié en Lui, Dieu, en retour, Lui donnera Sa propre gloire ».

La gloire se dit en hébreu kabôd. Ce qui signifie étymologiquement « être lourd », « ce qui donne du poids », « ce qui en impose ». Par exemple, la richesse et le pouvoir donnent du poids à un homme, c’est-à-dire de la renommée, de l'honneur, de la puissance, de la considération ou de l'influence. Ainsi on parle de Churchill comme d’un « poids lourd » de la politique, un grand fauve. Là où le français parlera du « poids » d’un homme, l'hébreu dira la « gloire » de cet homme. 

Appliqué à Dieu, la « gloire » est ce qui le rend important. La gloire est ce qui manifeste de manière éclatante sa toute-puissance.

Remarquons comment l’évangile de saint Jean  nous dit que c’est au moment précis où Judas part dans la nuit pour trahir Jésus qu’est est manifestée sa « gloire ». A cet instant précis, Jésus est « glorifié » et Dieu est glorifié en lui. La gloire de Dieu, c’est-à-dire tout son poids d’amour,  rayonne tout au long de la Passion de Jésus et éclate au matin de de la Résurrection.

C’est bien l’heure de la gloire de Jésus parce que le Fils trahi, abandonné de tous, persécuté par tous, persévère, seul contre tous, à n’être que compassion et miséricorde, que pardon et non-violence. Il révèle aux hommes jusqu’où va la toute-puissance d’amour du Père, c’est-à-dire jusqu’à l’infini, jusqu’à la folie sans limites.

Ce que nous avons à faire, c'est "rendre gloire" à Dieu, c'est-à-dire lui donner toute sa densité, le laisser exister en nous. Mais comment? La suite du texte nous le montre.

- Le mot qui récapitule toute la 2ème partie est le mot COMME. Jésus parle d’un commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres… » Ce n’est pas là que réside sa nouveauté. La tradition juive et la sagesse grecque recommandaient l’une et l’autre l’amitié et le service mutuel. Ce qui est neuf, c’est de dire : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.. »

L’Evangile ne cesse de nous demander de bâtir un monde fraternel, parce que Dieu est Amour, parce que Dieu n’est qu’Amour jusqu’à aimer l’ennemi. « Aimez-vous comme je nous ai aimés » dit Jésus, c’est-à-dire le même Esprit qui est Celui du Père en même temps que Celui du Fils. Laisser Dieu grandir en nous, c'est le laisser grandir entre nous en nous aimant comme il nous aime.

On voit donc que dans notre évangile d’aujourd’hui les deux parties, la gloire et le commandement de l’amour sont liés. Jésus révèle au monde jusqu’où va l’amour du Père et il nous donne un commandement nouveau : c’est d’aimer de la même manière.

Cette nouveauté, nous la trouvons aussi dans l’Apocalypse, ce livre étrange rempli de visions et de symboles ésotériques. Il n’est pas destiné à nous faire fantasmer, mais à entretenir en nous la certitude de la victoire finale du Christ sur toutes les puissances du mal. Lisons l’Apocalypse, non pas pour nous faire peur, mais bien au contraire pour y chercher le réconfort de l’espérance au milieu des épreuves du monde de ce temps. « J’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle. Alors Celui qui siégeait sur le trône déclara : Voici que Je fais toutes choses nouvelles ».

C’est cette même espérance qui se manifeste enfin tout au long des Actes des Apôtres dont la liturgie nous propose de larges extraits durant ce temps pascal. Le Livre des Actes n’est pas achevé. Par notre vie de foi, « l'Esprit Saint et nous » en écrivons sans cesse de nouveaux chapitres.

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