13e dimanche A

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Les vacances vont commencer. Et déjà dans la tête et le cœur de chacun, il y a le rêve des voyages et des découvertes de l’été. C’est dans cette ambiance que nous avons à recevoir les paroles de Jésus qui nous invitent à aimer plus, ainsi que la lecture du livre des Rois qui nous montre comment pratiquer l’accueil.

Mais les propos de Jésus sont surprenants et même brutaux. Il utilise des formules lapidaires qui dictent des exigences excessives et inhumaines. « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. » « Qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. » « Qui veut garder sa vie la perdra. »

L’amour vrai est exigeant

Jésus ne cherche évidemment pas à négliger l’amour que nous devons à nos parents. Au contraire, dans un autre passage de l’évangile, il dénonce l’hypocrisie de certains pharisiens qui, sous prétexte de servir Dieu, privent leurs familles de leur héritage légitime. (Marc 7, 11-13). Dans ce passage, il nous invite à aimer nos proches, non point selon les critères de la terre, mais à la manière de Dieu. Cette façon d’aimer nous la découvrons dans la lettre aux Romains : « Pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ ». Par le baptême, nous mourons au mal, pour ressusciter à une vie nouvelle.

Et dans le domaine des affections familiales, adopter un comportement nouveau c’est aimer dans l’ordre. Il y a des hiérarchies dans l’amour. Il n’y a pas d’amour vrai sans des choix exigeants. Nous admettons tous qu’il est anormal d’aimer plus sa voiture que sa femme, de préférer son chien à son enfant ou la télévision à un dialogue familial ! Quand Jeanne d’Arc commente l’exigence de Jésus par sa phrase célèbre « Messire Dieu premier servi ! » , elle nous donne une des lois les plus importantes de l’amour. En aimant Dieu par-dessus tout, on donne à tous ses autres amours leur fondement solide.   

L’amour vrai est accueillant

Nous avons toujours tendance à nous évader dans de belles idées. Jésus, lui, ramène toujours  au concret et à la simplicité. Il parle d’ « accueillir », de « donner un simple verre d’eau fraîche ». La femme de Sunam invitait le prophète Elisée « pour qu’il vienne manger chez elle ».(2 Rois 4, 8). Dans notre monde d’anonymat, ces simples gestes d’hospitalité ne sont pas si faciles. Accueillir l’autre et se laisser accueillir par lui, ouvrir sa porte et ne pas fermer son coeur : ce ne sont pas là des actions d’éclat, mais des gestes modestes qui sauvent le monde. « Il n’y a pas de petits rôles, il y a de petits comédiens », disait la grande tragédienne du début du siècle dernier, Sarah Bernhardt. On pourrait transposer en disant : « il n’y a pas de petits gestes, il n’y a que de petits esprits. » Le moindre comportement, lorsqu’il est rempli d’amour, a une valeur d’éternité. Voilà une « bonne nouvelle » pour nos vacances d’été.

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