Noël B

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La fête de Noël est certainement la plus populaire, celle qui remue le plus de monde sur note planète. Aucune autre fête de l'année ne provoque un tel déplacement de familles, de cadeaux, de coutumes religieuses et profanes. L'événement, quand il s'est produit il y a plus de 2.000 ans, n'aurait dû ne laisser aucune trace. Un bébé est né chez un couple des gens très modestes, dans une petite bourgade aux marges de l'empire romain et qui n'a été remarqué que par quelques pauvres bergers. Ce qui aurait dû demeurer, c'est ce puissant Empire, à l'apogée de sa gloire, quand Auguste ordonnait de recenser toute la terre ! Et pourtant, ce qui subsiste, ce n'est pas cette grande puissance romaine, mais l'humble fête née d'un petit enfant : Noël de tous les hommes, Noël de toutes les nations, Noël de tous les jours… Pourquoi cette réussite improbable ?

Les « deux » évangiles de Noël, - celui de la nuit où Luc décrit la naissance de Jésus dans la crèche de Bethléem et celui du jour où Jean laisse entrevoir la naissance éternelle de la Parole de Dieu -, nous en donnent ensemble et de manière complémentaire. Nous continuons, au fond, à ne pas trop croire à l'Incarnation de Dieu. Depuis deux millénaires toutes les hérésies montrent bien à quel point nous résistons à accepter cette révélation vertigineuse : l'union indivisible de l'homme et de Dieu dans une seule Personne, Jésus de Nazareth.

Nous n'osons pas croire que Dieu, à Noël, épouse l'humanité et que la terre, par là, y a donné son fruit le meilleur: Jésus, inséparablement Fils de Dieu de toute éternité et fils de Marie entré dans la chair et le temps.. Nous voulons bien l'un ou l'autre ; plus rarement l'un et l'autre.

- Oui à Dieu, à la recherche du divin, à la mystique désincarnée, en se désintéressant de la cité humaine…

- Oui à l'homme, à la construction de la société, mais dans l'indifférence à Dieu, en s'agitant dans l'action temporelle sans plus laisser place à la respiration de l'âme.

Chaque fois que nous faisons cette séparation entre l'homme et Dieu, nous oublions la vérité profonde de Noël. Noël nous crie que Dieu et l'homme sont liés pour toujours, qu'on ne peut vraiment servir l'homme sans s'ouvrir à Dieu, et qu'on ne peut adorer Dieu sans respect de l'homme et de ses droits. Car ce n'est pas seulement l'enfant de la crèche qui porte en lui la double identité humaine et divine, fragile et infinie. Chacun de nous est un être imprégné de Dieu. Le Verbe s'est fait chair pour que nous devenions fils et filles du Père. Dieu devient homme pour que l'homme devienne Dieu. ! Joyeux Noël, car Dieu se donne et nous invite à partager sa vie !

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