25e dimanche dans l'année C

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Une fois de plus, aujourd'hui, Jésus nous parle de l'argent. Il nous invite à réfléchir sur l'usage que nous faisons de ce que nous possédons. Alors, il raconte l'histoire de ce gérant astucieux, qui a volé son patron et qui, lorsqu'il est démasqué, va verser de pots de vin pour se faire des amis qui lui en seront peut-être reconnaissants.

Jésus, en gros, nous dit : Soyez aussi astucieux que cet homme. Un jour, vous aussi, vous serez acculés, le dos au mur, dans la même situation que lui. Si vous n'avez pas prévu cette situation, prenez garde ! Mais si vous êtes prévoyants, dès aujourd'hui, comportez-vous en gérants avisés : utilisez tout ce dont vous avez la gestion pour vous faire des amis. Un jour, proche ou lointain, et toujours plus proche qu’on le crois, nous aurons à rendre des comptes. Quand ? Il suffit d'un malheur, d'un accident, d'une maladie grave, et nous voilà dans la situation du gérant malhonnête : le dos au mur. Alors, nous dit Jésus, fais-toi des amis avec le malhonnête argent.

Pourquoi Jésus parle-t-il de malhonnête argent ? Le texte grec parle du « Mammon d'iniquité ». Mammon, c'était une idole syrienne, le dieu de l'argent. Adorer l'argent, voilà le danger qui nous guette, l’idole qui fera notre malheur si nous lui sacrifions tout.

Lorsque le prophète Amos se manifestait, il y avait dans le pays abondance, splendeur et orgueil. Les riches vivaient dans l’opulence. Ils avaient leurs palais d'été et d'hiver, richement ornés d'ivoire, avec des divans splendides sur lesquels ils s'étendaient pour leurs somptueux repas. Ils avaient des vignobles et buvaient du bon vin, et s'oignaient d'huiles précieuses. Au même moment, la justice faisait défaut dans le pays. Les pauvres étaient affligés, exploités et même vendus en esclavage, et les juges étaient corrompus. C'est dans cette atmosphère qu'Amos rugit les paroles que nous venons d’entendre dans la première lecture : « Écoutez ceci, vous qui écrasez le pauvre pour anéantir les humbles du pays, car vous dites: «Nous pourrons acheter le malheureux pour un peu d'argent, le pauvre pour une paire de sandales.» Le Seigneur le jure par la Fierté d'Israël: « Non, jamais je n'oublierai aucun de leurs méfaits ».

Nous sommes invités à bien nous servir de l'argent et de tous nos biens, pour établir entre tous une relation fraternelle. « Se faire des amis », propose Jésus. Donc, il faut revenir à l'usage premier de l'argent comme moyen de partage et non comme moyen de domination ; comme moyen de communication entre les hommes et non comme moyen de pouvoir. Un jour, le Maître nous dira : « Rends-moi les comptes de ta gestion ». Qu’il y aie, ce jour-là, beaucoup d'amis pour nous accueillir !

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