30e dimanche ordinaire A

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Que va répondre Jésus à cette question : « Quel est le principal devoir ? Quel est le plus important de tous les commandements ? » Comme souvent, Jésus bouscule la réponse. Pour lui, il n'y a pas le grand commandement. Il va en citer deux et les souder ensemble : ici, 2=1 !

Avant d'écouter Jésus, prenons la peine de répondre personnellement à cette question : « quelle est ma priorité ? Quelle est ma première valeur ? » Et puis, demandons-nous ce que répondrait le citoyen moyen ? Il y a gros à parier que beaucoup répondrait du côté de la solidarité, de l'amour du prochain. Mais ce n'est pas toute la réponse de Jésus. Ecoutons-la intégralement.

Jésus n'a pas eu à réfléchir. Sa réponse a fusé de ce qu'il vit, à tout moment. Il est l'homme totalement et spontanément tourné vers Dieu, décentré de soi-même et centré sur un autre. Il est le Fils par excellence. « Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé ». Oui, le premier, le grand amour de Jésus, c'est Dieu, son Père !

Une attitude d'amour envers Dieu n'est pas opposée à l'homme. L'amour de Dieu engage déjà tout notre être : « cœur, âme et esprit. » Jésus a vécu cet amour en remettant sa vie entre les mains de Dieu, jusqu'à la croix. Parce Dieu a un tel respect pour l'homme, qu'il s'est fait l'un de nous.

Car Dieu est Père de tous les hommes, sans distinction de race ou d'appartenance. Dans sa mort sur la croix, le Christ a embrassé toute l'humanité, et désormais tout homme, quel qu'il soit, est de la chair et du sang du Christ. Tout être humain est ainsi notre propre chair : « Si tu partages le pain que Dieu te donne avec celui qui est ta propre chair… »

Jésus, en sa personne, fait de ces deux lois un seul réalité inséparable. « Dans la mesure où vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait. » (Matthieu 25, 45) « Si quelqu'un dit : "J'aime Dieu" et qu'il déteste son frère, c'est un menteur celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne saurait aimer le Dieu qu'il ne voit pas. » (1 Jean 4, 20). La première lecture nous rappelait : «Tu ne molesteras pas l'étranger ni ne l'opprimeras car vous-mêmes avez été étrangers dans le pays d'Egypte. Vous ne maltraiterez pas une veuve ni un orphelin. » (Exode 22, 20-21). Pécher contre le prochain, c'est pécher contre Dieu.

Jésus ainsi humanise l'amour de Dieu et divinise l'amour du prochain. Si pour nous, le sens de l'homme est plus accessible, insistons sur le sens de Dieu dans nos vies. Si, par contre, le sens de Dieu est plus spontané, alors, veillons à notre engagement au service des autres. Dieu et l'homme, pour Jésus, sont l'objet du même amour.

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