33e dimanche dans l'année B

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La Bible, nous parle du futur de notre humanité, et même de la fin du cosmos. On trouve ces prédictions dans des textes assez particuliers, au style étrange, qu'on appelle les apocalypses. Ces textes ont été écrits à une époque bien particulière, à partir du 2e siècle avant Jésus, dans des périodes particulièrement troublées de l'histoire d'Israël, où se succédaient conflits sanglants, persécutions et malheurs de toutes sortes. Le mot apocalypse signifie « lever le voile », révéler. L'auteur se situe à la fin du temps et dévoile le sens du présent de son époque, qui est aussi notre présent. Les évangiles eux-mêmes mettent dans la bouche de Jésus des prophéties « apocalyptiques » concernant la fin des temps. A nous de les entendre avec intelligence et d'y lire à la fois notre présent et notre futur, tant collectif qu’individuel.

Que nous disent donc ces textes ? Il y aura une fin du monde. Brutale ou progressive, on ne sait pas. Ce qu'on sait, c'est qu'il y a une fin, et qu'il y aura un bilan. Une fin, au double sens du terme : non seulement quelque chose qui se termine, mais quelque chose qui a un sens, un but, une finalité. L'histoire n'est pas une succession indéfinie d'actes et d'événements qui ne conduiraient nulle part. Tout cela marche vers quelque chose : un objectif, un but. Les destins individuels et le destin collectif de l'humanité s'acheminent vers un « nouveau », imprévisible et impossible à dater. N'allez pas croire certaines sectes qui vous disent que la fin du monde est pour telle date. « Nul ne sait ni le jour ni l'heure, pas même le Fils », nous dit Jésus.

Alors, terreur, ou joie ? Il y a un peu des deux.

Si on regarde ce qui se passe : pollution galopante, guerres fratricides, génocides, conflits plus ou moins sanglants, mais qui, toujours, tuent des hommes par milliers ; si on envisage les simples querelles pour un bout de terrain ou des puits de pétrole ou des mines de colpan, si on énumère le nombre de trahisons, et les gaz à effet de serre, la masse des pauvres écrasés par la guerre économique, il n'y a pas de quoi pavoiser. Le clair regard de Dieu nous fera comprendre nos puérilités (« C'est lui qui a commencé...Faut bien vivre...Ne te laisse pas faire... ») et nos médiocre alibis. Devant la cruauté, l'injustice, l'agression, le péché du monde, comment l'univers, créé par l'Amour, peut-il tenir debout ? « Comment la création entière ne se révolte-t-elle pas contre les insensés ? » se demandait déjà le pape Léon le Grand au 5e siècle… L'Evangile de ce jour décrit la victoire du néant. Le péché est une puissance dé-créatrice.

Mais l'Ecriture n'en reste pas là. Elle n'admet pas la victoire du mal. Ce serait la défaite de Dieu et la défaite de l'homme. On n'en reste donc pas au scénario-catastrophe. « En même temps viendra le salut de ton peuple », dit le prophète Daniel. Les crises sont aussi l’enfantement douloureux d'une humanité nouvelle, d'un monde nouveau. Le jugement dont parlent nos textes porte en même temps un autre nom : le Salut. La « colère de Dieu » s'exercera, certes, mais pas contre l'homme. Elle s'exercera contre nos idoles : l’appât du gain, la volonté de puissance...

Pour nous, ne restera que la tendresse. Le jour du « jugement » sera le jour de notre libération définitive. La fin de l'humanité n'est pas une disparition, mais un achèvement. Il ne s'agit pas d'une extinction, mais d'une transfiguration.

Si la première partie de ce récit évangélique parle de la chute des potentats, de la fin d'un monde d'oppression, la deuxième partie, toute remplie de la fraîcheur de la vie nouvelle, décrit le monde nouveau - celui qu'il a commencé et nous a donné la responsabilité d'achever ici-bas - sous la figure toute délicate d'un figuier dont les branches, au printemps, deviennent tendres et dont les feuilles commencent à sortir. « Redressez-vous, levez la tête, votre délivrance approche. »

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