Saint Sacrement B

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Vifs remous autour de la décision de l'administration Trump de rejeter les accords avec l'Iran, risques de voir des euro-sceptiques diriger l'Italie en menaçant l'Europe, épidémie d'Ebola et gouvernement corrompu en République Démocratique du Congo... L’actualité, via les informations données par les médias paraît à première vue bien loin de la fête que nous célébrons aujourd’hui.

Au premier abord seulement. Car voyez le récit, à la fois sobre et solennel, de la cérémonie de l’Alliance tel que nous le rapporte la première lecture. C’est le première Fête-Dieu au désert du Sinaï. Elle s’inaugure par une liturgie de la Parole. Moïse lit au peuple « les paroles et les commandements du Seigneur ». Notre société n’a-t-elle pas grand besoin de retrouver le sens des limites ? La recherche de l’argent et du profit à tout prix ne peut conduire qu’à une impasse, ainsi que la course au plaisir mis comme seule valeur. N'avons-nous pas besoin de retrouver une certaine sobriété de la vie ?

Mais ce type d’exhortation peut rester totalement vain et stérile. Tout autant et même encore plus que de moralisation de la politique et de l'économie, c’est de Dieu dont notre coeur profond a soif. Rappelez-vous la suite du texte du livre de l’Exode. Moïse scelle l’alliance entre Dieu et le peuple par un rituel : il asperge de sang l’autel, symbole du divin, et puis l’assemblée. L’Alliance engage à une réciprocité d’amour. Les prophètes en parleront comme des noces de Dieu avec son peuple. Adopter de nouveaux comportements plus intègres est la conséquence d’une vie spirituelle, d’une relation personnelle avec Dieu. C’est d’une certaine mystique dont nous avons besoin. Elle seule peut changer nos coeurs et nous permettre de construire un monde plus juste, plus honnête et plus fraternel.

Pourtant bien de nos amis n’ont pas besoin de Dieu. Ils vivent dans une totale indifférence religieuse. Ils n’ont pas la chance de découvrir que Dieu nous offre une intimité toute particulière à travers l’eucharistie. Il s’agit d’une source extraordinaire qui nous désaltère sur le chemin de la vie. Et, que de la fontaine de cette amitié divine, nous recevons la force de bâtir le monde nouveau et définitif, celui que décrit la deuxième lecture, celle de l’épître aux Hébreux. Tous les hommes éprouvent un besoin vital d’amour et d’espérance. N’être connu, désiré, attendu ou écouté par personne est la plus grande souffrance. Or, Dieu nous aime d’un amour infini. Nous sommes uniques à ses yeux.

C’est ce que Jésus nous fait comprendre dans le mystère de l’Eucharistie. Le pain rompu, le vin versé deviennent le signe de sa Présence et de son amour. Il se donne à nous entièrement : « Ceci est mon corps livré pour vous ».Il nous invite à passer avec lui dans le royaume nouveau de l’amour partagé. Dans l’Eucharistie, Jésus offre sa vie, sa force à tous ceux qui veulent bien les recevoir. Il nous fait déjà, savourer avec lui les joies de l’éternité. Il nous fait, dès maintenant, choisir la vie ! Sachons accueillir la grâce de cette messe, et nous en réjouir !

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