17e dimanche dans l'anné C

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Ce que Jésus veut nous enseigner, c'est que le Dieu est plus accueillant que le meilleur des amis, plus affectueux que le meilleur des pères de la terre. Il multiplie verbes et images pour dire avec quelle persévérance et quelle confiance nous pouvons nous tourner vers lui. Sans craindre de le déranger, nous avons à demander avec insistance, à frapper sans nous lasser, à chercher sans nous décourager. Jésus veut ainsi éveiller et faire grandir en nous la conscience de l'amour que Dieu nous porte.

La prière de demande n'est ni abaissement ni humiliation, mais relation filiale. Et l'imperfection n'est pas dans l'ami chez qui on frappe, ni dans le Père à qui nous adressons une demande. Elle est en nous-mêmes, dans notre peu de foi. Ce n'est pas Dieu qu'il s'agit de changer, c'est nous-mêmes, qui oublions si souvent de nous tourner vers lui avec confiance. L'amour de notre Père est plus grand que notre cœur, le don qu'il nous fait est n’est autre que son Esprit Saint. C'est donc lui-même qui se donne à nous, et qui vient combler notre vie. La prière ouvre notre esprit et notre cœur, elle l'élargit pour que l'amour vivant y trouve place. La prière commence par une demande toute simple, terre à terre même, et elle nous fait peu à peu entrer dans l'intimité de Dieu, elle nous fait devenir Dieu…

La liturgie de ce dimanche nous présente un passage de la Genèse comme introduction à ces paroles de Jésus. Il nous montre la prière d’Abraham. Le patriarche qui a quitté son pays et sa famille sur la Parole de Dieu, qui accueille la promesse d'une descendance contre toute espérance humaine, qui sera prêt à sacrifier le fils de la promesse : il sait ce que signifie faire confiance à Dieu. Sa prière est pleine de son expérience de la bonté de Celui en qui il a mis sa foi et à qui il a remis sa vie. S'il ne sait pas encore l'appeler « Père », il lui parle cependant avec la liberté d'un fils. Il Le connaît bien. Ce n'est pas possible qu'Il détruise une ville, s'il y a cinquante justes, ou quarante… ou même seulement dix : « Quelle horreur ! »

Et il ne s'agit pas de sauver seulement les justes, mais à cause d'eux d'épargner toute la ville, pécheurs compris ! La suite de l'histoire dira que le compte n'y était pas, et que la ville fut détruite. Mais ce dialogue annonce déjà le salut de l'humanité, malgré son péché, à cause du seul Juste ! Le Dieu qui a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils, comment pourrait-il, avec lui, ne pas tout nous donner ?

emarquons que si la lettre de Paul aux Colossiens, qui nous est proposée aujourd'hui, ne parle pas explicitement de la prière, elle l'enracine dans notre condition nouvelle de ressuscités avec le Christ, déjà morts au péché, pardonnés et sauvés. Elle l'appuie sur la force de Dieu « qui a ressuscité Jésus d'entre les morts ».

En réponse à la demande des disciples, Jésus nous apprend donc à prier comme lui. Il transforme nos appels en prière filiale : « Quand vous priez, dites : “ Père ! ” ». Nos cris touchent Dieu au cœur. Si nous savons persévérer dans la prière, ils nous reviennent avec la douceur de l'Esprit consolateur. Notre fidélité nous rendra la paix et nous établira dans la confiance. Elle élargira aussi notre prière, comme celle d'Abraham, aux besoins de tous nos frères les hommes

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