26e dimanche dans l'année  C

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Ah ! si seulement Jésus nous avait présenté un mauvais riche, qui maltraite le pauvre, nous aurions pu respirer. La parabole ne nous aurait pas concernés. Nous ne sommes pas riches, ou si peu ! Et puis, nous ne sommes pas mauvais. Mais précisément la parabole ne donne aucune coloration morale à l’attitude de ce riche anonyme, faisant bonne chère et vivant dans le luxe. La richesse n’est pas mauvaise, elle est même bonne si elle nous rend pas sourd àaux besoins des autres. Jésus ne reproche nullement sa richesse au riche de la parabole, mais bien d’être aveugle et indifférent à la misère du pauvre qui gît à sa porte. Etre riche n’est ni une tare ni un vice honteux. Mais il y a une bonne et une mauvaise manières de l’être.

Une chose est certaine : il est difficile d’être riche et de rester ouvert au partage et à la compassion. Le luxe endort les individus, les sociétés et les nations. Il émousse la vigilance. Outil précieux et efficace, - pensons à ces géants de la charité et de l’action sociale qu’ont été Saint Vincent de Paul et Don Bosco, perpétuellement en recherche de fonds -, la richesse est cependant tellement dangereuse qu’elle sert le plus souvent à creuser davantage le fossé qui sépare les démunis des possédants plutôt qu’à le combler. Enfermé dans sa prison dorée, le riche risque de ne pas entendre les cris de souffrance de ses frères. Il risque tout autant de rester insensible à la Parole de Dieu qui pourrait pourtant le délivrer.

La parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare ne cesse pas d’être d’actualité. Les journaux nous la racontent tous les jours. Les prophètes, comme Amos, en répètent aussi les durs avertissements, les appels pressants à la conversion et aux indispensables changements. Il ne faut prendre à la légère ni le réquisitoire d’Amos ni la parabole de Jésus. Tous deux livrent un message semblable. Tous deux nous invitent à la conversion.

L’enfer et le ciel existent Il arrive de plus en plus aujourd’hui qu’on se demande si l’enfer existe. Et on s’empresse de dire que non... N’est-ce pas un peu léger ? Jésus, lui, en tout cas, ne pense pas comme cela. Pour lui, l’enfer prolonge la vie terrestre. C’est rester loin de Dieu, comme on l’était ici-bas. C’est rester loin des autres comme on l’était déjà sur terre. C’est donc l’homme qui se condamne lui-même. La seule sanction, c’est, simplement, que cette distance que le riche a mise entre lui et Dieu, entre lui et les autres, devient définitive.

Sommes-nous convaincus que nous sommes en train de fabriquer notre ciel ou notre enfer ? Chaque fois que nous nous ouvrons à Dieu et aux autres ou chaque fois que nous nous enfermons en nous-mêmes. Celui qui n’aime pas ici-bas, se met lui même hors du coup, pour ce festin de Dieu, où n’entrent que ceux qui savent aimer. N’attendons pas demain pour nous mettre à aimer.

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