26e dimanche dans l'année B

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Décidément, si on veut être fidèle à la pensée de Jésus, il faut se garder de tout simplisme. Dans la même page, aujourd’hui, Marc a rapproché deux attitudes apparemment contradictoires de Jésus : d’une part une très grande largeur de vue, de l’autre une rigoureuse exigence.

Tolérance...

Un jour, donc, les apôtres viennent se plaindre à Jésus parce qu’ils avaient vu quelqu’un « chasser les esprits mauvais » sans appartenir à leur groupe. C’est une réaction très humaine de vouloir conserver un certain monopole. Nous sommes naturellement portés à nous méfier de ceux qui ne sont pas de notre bord. Le sectarisme n’est pas d’aujourd’hui. Déjà, au temps de Moïse, on voulait interdire à Eldad et Médad de prophétiser parce qu’ils n’étaient pas au bon endroit. Moïse, loin de s’en offusquer, avait répondu : « Ah! si tout le monde pouvait être prophète ».

 Jésus a la même réflexe de grande ouverture : n’empêchez pas ceux qui font le bien même s’ils ne sont pas de votre clan. On n’enchaîne pas l’Esprit, on ne le met pas en bouteille. Il agit aussi en dehors de nos structures, en dehors de l’Eglise. L’Esprit souffle où il veut. Qui pourrait faire taire le vent ?

... et  intransigeance

Cela ne veut pas dire que Jésus soit indifférent au mal. Il y a aujourd’hui une certaine tolérance qui n’est qu’un laisser-aller criminel : tout est permis... Les scandales qui frappent l'Eglise en sont hélas une dramatique illustration. Jésus, lui, s’il demande qu’on laisse faire le bien qui s’accomplit même en dehors de nous, s’indigne néanmoins qu’on puisse sciemment entraîner quelqu’un au mal : « Celui qui entraînera la chute d’un seul de ces petits... mieux vaudrait le précipiter dans la mer avec une meule au cou !... Si ton oeil t’entraîne au péché, arrache-le ! »

Seul Jésus a le droit de prononcer ces mots impitoyables. Lui seul sait véritablement ce qu’est le péché. Si nous n’avons pas à juger les personnes, nous avons, nous aussi, à appeler un chat un chat. Le mal est le mal. Nous devons le dénoncer et le combattre. Et s’il fallait encore nous en convaincre, il suffirait d’écouter saint Jacques, dans la seconde lecture : voilà un langage clair de prophète ! « Vous les riches qui exploitez les pauvres, pleurez... Si vous n’avez pas payé le salaire juste à ceux qui ont travaillé pour vous, leur salaire crie vengeance... Vous avez recherché sur terre le plaisir, le luxe, vous avez fait bombance pendant qu’on massacrait des gens... vos richesses sont pourries... »

Si nous voulons vraiment suivre Jésus, nous ne pouvons justifier ni nos étroitesses de clocher, ni nos molles lâchetés. Il nous demande, aujourd’hui comme hier, à la fois la tolérance et la rigueur. C’est difficile. C’est un don à demander à Dieu dans la prière.

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