Solennité du Christ-Roi C

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Les trois lectures de la fête du Christ-Roi nous invitent à vérifier les racines, à la fois humaines et éternelles, de la vraie royauté de Jésus. Par ses parents, Jésus est de race royale. Il descend du second et du plus prestigieux des rois de Jérusalem, de ce petit berger de Bethléem que Dieu devait se choisir pour en faire le pasteur de son peuple. Nouveau David, Jésus sera le dernier fleuron qui couronne l’arbre de Jessé (Isaïe 11/1-8).

Par son hymne à la Seigneurie universelle du Messie, Paul nous donne les dimensions éternelles de cette royauté. Il est « l’image du Dieu invisible ». Vers lui, tout est mystérieusement en marche, car rien n’échappe à ses énergies de résurrection. Il est celui qui réconcilie tout, sur la terre et dans les cieux, « en faisant la paix par le sang de sa croix ».

Rien que par cela, nous découvrons déjà la révélation paradoxale de la vraie royauté de Jésus. En affichant sur le bois de la croix « Celui-ci est le roi des juifs », les bourreaux ont cru fustiger une ambition politique qui, en fait, n’était pas celle de Jésus. Les provocations des chefs des prêtres et des soldats n’expriment qu’un défi lancé à l' « imposteur » qu'ils voient en lui. Mais les injures du bandit supplivié  à ses côtés sont d’une toute nature. « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! » Jésus est ici très douloureusement tenté. S’il est crucifié, c’est pour aller jusqu’au bout de la solidarité avec les hommes souffrants, coupables ou torturés. La tentation porte précisément sur ce point. S’il peut accepter de ne pas user de son pouvoir pour son propre bénéfice, comment rejeter un tel appel, même crié dans la révolte ? Il se tait. Livré à ses frères, il s’en remet à eux.

Et c’est un d’entre eux qui va répondre pour lui. « Pour nous, c’est juste (...) Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et, dans l’humilité confiante, le larron poursuit :  « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne ». Jésus alors use de ses prérogatives royales qui est de gracier. Il répond au défi qui lui était lancé : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ». Il sauve un homme, non en le préservant de la mort corporelle, mais en faisant de cette mort le passage à la vraie vie et au bonheur.

Le Royaume de Jésus est un royaume de pardonnés. La manière pour la Christ d’exercer sa royauté sur tous les hommes, y compris ses ennemis, y compris les monstres et les tortionnaires, c’est de leur offrir son pardon. Le pécheur y a toute sa place, à une seule condition : reconnaître sa culpabilité en accueillant le pardon toujours offert de Dieu. Oui, Jésus est bien le « nouvel Adam » qui aide l’humanité à réintégrer le paradis perdu. Et ceci, dès « aujourd’hui ». Recueillons, durant la prière de la semaine qui vient, les signes de la venue discrète du Royaume de Dieu : amour, justice, vérité, pardon.

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