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Calendrier liturgique 2016-2017 - Année A
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 Sant François

 

2e dimanche de l'Avent A

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Bible de la liturgie
04 déceembre 2016
Isaïe 11, 1-10
Psaume 71
Romains 15, 4-9
Matthieu 3, 1-12

Le prophète Isaïe a le coeur plein de l’arrivée d’un Enfant-Roi, du Messie, dont le nom sera Emmanuel, Dieu avec nous. Sur lui, dit-il, reposera la plénitude des dons de L’Esprit pour qu’il gouverne avec justice et fermeté. Il sera Roi du Paradis, car son règne rétablira l’harmonie troublée par le péché. L’homme et l’univers retrouveront l’innocence et l’équilibre qu’ils eurent quand ils sont sortis des mains du Créateur. C’est sûr, que c’est de l’utopie, l’annonce de la grande réalité de l’avenir où l’homme et le monde retrouveront leur ressemblance avec Dieu.

Un idéal comme celui d’Isaïe, il dépend de nous de déjà commencer à le rendre présent. Et d’abord, nous rappelle saint Paul, par le souci de rester ensemble dans l’unité. Ecrivant à la communauté chrétienne de Rome, il y discerne - déjà ! - les obstacles qui s’opposent à la réussite concrète de ce rêve de Dieu sur l’humanité. Ces obstacles sont la division des coeurs, la jalousie dans les ministères qui paralyse le service de la communauté, la division des esprits et des idéologies. Aussi, sans relâche et avec une grande patience, il invite à la charité mutuelle et à l’humilité, source de paix et de communion.

Car, pour permettre à Dieu de réaliser définitivement le monde nouveau entrevu par Isaïe, il faut entendre le rude appel crié par Jean Baptiste :« convertissez-vous ! » L’Avent n’est pas une berceuse pour enfants sages. C’est le temps de la vérité et de la décision, de l’engagement radical en vers Dieu et envers l’homme. Avouer son péché, c’est commencer à se changer soi-même, seul chemin efficace pour changer la société. Retourner son coeur, reconnaître lucidement le mal qui est en nous et recevoir, avant Noël, le second baptême qu’est le sacrement de la réconciliation.

Et ensuite, comme nous le demandait saint Paul dans sa lettre, s’engager dans une plus grande amitié fraternelle avec mes proche. « Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion », en devenant plus fraternels, plus pacifiés et plus disposés au partage.

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3e dimanche de l'Avent A

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Bible de la liturgie
11 décembre 2016
Isaïe 35, 1-6. 10
Psaume 145
Jacques 5, 7-10
Matthieu 11, 2-11

Lorsque le Baptiste envoie ses disciples demander à Jésus, - « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » -,  est-il aux prises avec un moment de doute ? Le texte de l’Évangile ne nous permet pas de donner une réponse certaine. En réalité cette réponse n’est pas importante, car au centre de ce récit ne se trouve pas Jean et sa question mais bien Jésus et sa réponse.

Nous avons ici l’une des plus belles pages de l’Évangile. La véritable question est celle-ci : « Lorsque Dieu entre dans l’histoire humaine, quels sont les signes authentiques de son action ? Si le Royaume de Dieu est arrivé, quelle en est la manifestation authentique ? »
Au temps de Jésus, tout comme aujourd’hui, de nombreuses manifestations religieuses pouvaient être considérées comme signes de la présence du règne de Dieu : le Temple, la Loi, les sacrifices d'animaux, le culte officiel, les prières, le jeûne, les préceptes du sabbat, etc.
Ce qui est remarquable c’est que Jésus, dans sa réponse, ne mentionne aucun de ces signes traditionnels de la présence de Dieu, mais offre plutôt des faits qui n’ont apparemment aucune dimension religieuse.

Considérons tout d’abord avec attention ses premiers mots : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez. » Qu’est-ce qu’ils entendent et voient ? Que les personnes sont libérées des vieilles formes de servitude et que leur dignité humaine est restaurée. Les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les morts ressuscitent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Jésus ne fait pas un long discours sur la libération. Il se contente d’énumérer des réalités humaines tangibles. Il traduit en faits concrets ce qu’il considère être l’expression la plus claire du royaume de Dieu, c’est-à-dire la dignité humaine à laquelle tout être a droit.

Où est donc le royaume ? Il faudrait être aveugle pour ne pas le voir. Lorsqu’une personne passe d’une condition moins humaine à une plus humaine, là se manifeste l’action de Dieu, là se trouve son royaume. Tout le reste est littérature. « Ce que vous entendez et voyez », dit Jésus. Si je veux savoir quel type de chrétien je suis, je dois tout d’abord me demander si mes actions aident les personnes qui m’entourent ou avec qui j’entre en contact, à se libérer graduellement et toujours plus de tout manque de liberté, soit intérieure soit extérieure – de toute forme d’oppression subtile ou même pas subtile du tout.

Comme chrétiens, c’est-à-dire en tant que disciples du Christ, nous sommes appelés à proclamer la bonne nouvelle. Il n’y a pas de nouvelle qui soit vraie, cependant, sans faits réels. Une nouvelle qui ne correspond pas à un fait est un mensonge. Nous avons la responsabilité de rendre le Royaume de Dieu présent dans le monde d’aujourd’hui, là où nous sommes. Si nous proclamons sa présence en paroles sans le réaliser par nos actes, nous sommes des menteurs. C’est ce que Jésus veut dire lorsqu’il ajoute : « Bienheureux celui qui ne sera pas scandalisé à mon sujet. »

Enfin, la dernière phrase de Jésus : « Le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui (Jean le Baptiste) » a été interprétée par lui-même au cours de la dernière Cène, peu avant sa mort, lorsqu’il invita ses disciples à ne pas rechercher les honneurs, les privilèges, le prestige ou le pouvoir. Seuls les petits, les humbles rendent présent le Royaume et y entrent.

Un seul être humain a été plus petit que Jean dans le Royaume des cieux et, pour cette raison, plus grand que lui. C’est celle qui pouvait chanter : « Mon exalte le Seigneur... parce qu’il a regardé la petitesse de sa servante. » L’exemple de Marie nous rappelle que si nous voulons apporter la liberté dans le monde, nous devons l’introduire tout d’abord dans notre propre existence en renonçant à nos désirs de gloire, d’honneur, de prestige ou de pouvoir. Dans les jours qui nous restent avant Noël, demandons à Marie et à Jean-Baptiste de nous en obtenir la grâce.

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4e dimanche de l'Avent A

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Bible de la liturgie
18 décembre 2016
Isaïe 7, 10-16
Psaume 23
Romains 1, 1-7
Matthieu 1, 18-24

La scène se passe en 730 avant Jésus Christ. Le roi de Juda, Achaz, est dans une situation inextricable. Ses ennemis des royaumes du Nord, de Samarie et de Damas, sont prêts à envahir son pays. Par ailleurs, il n'a pas d'héritier. Donc, pour lui, de lourds nuages s'amoncellent à l'horizon. Il n'envisage plus qu'une solution : l'alliance avec l'Assyrie, le puissant royaume de Babylone, pour prendre ses ennemis à revers. C'est alors que Dieu envoie son prophète Isaïe pour lui dire :  « Demande un signe ». Or, Achaz est un incroyant. Il dit : je n'ai pas besoin de signe. Et vous avez remarqué avec quelle force Isaïe lui dit : Eh bien, moi, je vais te donner quand même un signe. La jeune femme enfantera, elle mettra au monde un fils et on l'appellera Emmanuel, ce qui veut dire « Dieu-avec-nous ». L'horizon d'Achaz était doublement bouché, et voilà que malgré son incroyance, Dieu fait irruption dans sa vie pour lui ouvrir (ou plus exactement pour ouvrir à son peuple) un avenir : il aura un héritier, et Dieu sera avec lui.

Pour Joseph également, l'horizon était bien noir quand il s'est aperçu (mettez-vous à sa place) que sa fiancée Marie était enceinte. Dans la tradition juive, la promesse de mariage était bien plus que des fiançailles. On fiançait les enfants très jeunes, vers douze ou treize ans, puis, au bout d'untemps d'attente, on prenait chez soi sa fiancée et on était marié.

Joseph se demande ce qu'il va faire, lui qui avait fait des rêves d'avenir avec cette jeune fille. Et voilà que Dieu va faire irruption dans sa vie pour lui dire : « N'aie pas peur ». Dieu lui ouvre un avenir infiniment plus beau que tout ce qu'il aurait pu imaginer. Parce que l'enfant que Dieu lui confie, c'est Jésus, mot qui signifie « Dieu-sauve ». C'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. Et vraiment, Joseph aura là un signe éclatant que Dieu est avec nous. Cet enfant, c'est l'Emmanuel. L'horizon était fermé : Dieu ouvre un avenir heureux.

L'histoire d'Achaz, commecelle de Joseph sont des histoires typiques de ce que Dieu nous offre. La question qui se pose à nous, comme à tous les hommes depuis le début de l'humanité, c'est : est-ce que Dieu est vraiment avec nous ? Est-ce qu'on peut compter sur lui ? Achaz répondait : absolument pas. Pour lui, c'était : « Les Assyriens avec nous ». Pas Dieu. C'est toujours la même tentation qui nous assaille. Rappelez-vous la deuxième page de la Bible, la légende du serpent qui parle et qui sème le doute dans l'esprit de l'homme et de la femme : « Vous croyez en un Dieu-avec-vous ? Mais pas du tout ! C'est un Dieu méfiant, jaloux, rival, répressif ». Et l'homme et la femme, c’est-à-dire vous, moi et tout le monde « tombent dans le panneau » en se disant : mais oui, ce n'est pas possible. Un Dieu bon, cela n'existe pas.

Et voilà que l'Ecriture, aujourd'hui, nous répond : Dieu, c'est Dieu-avec-nous. Et c'est ce que nous allons célébrer à Noël. Un commencement. Dieu n'a pas fait semblant. Il a commencé d'épouser notre condition humaine en prenant chair dans le sein de Marie. La condition humaine dans ce qu'elle a de plus pauvre, de plus démuni. En Jésus, Dieu s'est rendu solidaire des petits, de ceux qui pleurent, de ceux qui sont écrasés,des malades et des exclus. Il n'a pas « tiré son épingle du jeu ». Il a vécu les solidarités humaines jusques et y compris dans la mort. Il est sauveur par sa vie, sa mort et sa résurrection.

Car l'histoire ne se termine pas à Noël. Je ne peux pas fêter Noël sans penser au Golgotha. Et je ne peux pas penser au Golgotha sans penser à Pâques. Et si je dis « Dieu s'est fait homme », je crois que c'est pour que moi aussi" je devienne Dieu". Un double mouvement d'amour : il épouse l'humanité pour que l'humanité soit divinisée. Il y a Noël, il y a Pâques, et il y aura son Retour, quand il fera toutes choses nouvelles. C'est ce que nous célébrons chaque dimanche : « Il est venu, il est là, il reviendra ».

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