Homélies

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Quatrième dimanche de  Pâques B

22 avril 2018

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Le fil rouge des différentes lectures de ce dimanche nous est donné à la lumière de la personnalité de Jésus. Les apôtres veulent en faire pressentir l'infinie richesse à leurs compatriotes. Ces derniers attendaient le Messie. Certains avaient espéré que Jésus pouvait être l'un des sauveurs de cette période qui connaissait tant de rébellions contre l'occupant romain. Ils sont décontenancés par ce qu'en disent Pierre et les autres disciples : « Il est le seul qui puisse nous sauver ». Or il ne l'a pas fait. Le salut qu'apporte Jésus ne correspond ni à leur espérance libération terrestre ni à la figure du Messie qu'ils ont élaborée au travers des Ecritures.

La communauté chrétienne, elle, a recueilli la révélation reçue. Mais ses attentes ont encore besoin d'être élargies, approfondies et purifiées. Saint Jean n'hésite pas à reprendre les termes même de Dieu au jour de la création de l’homme et de la femme (Genèse 1. 26) « Nous serons semblables à lui. » Non pas en raison de nos propres forces, mais « parce que nous le verrons tel qu'il est. » La mission de Jésus est de nous introduire dans la « maison du Père », de nous conduire au cœur de la Trinité, de nous mener à la source d’eau vive, parce qu'il est le vrai berger.

Son amour en est la garantie : « Le Père m'aime parce que je donne ma vie … je donne ma vie pour mes brebis. » Il n'est là aucun appétit de puissance. Il n'y a là qu'un débordement d'amour. Ne se trouve là que Quelqu’un qui porte sur les êtres un regard d’infinie bienveillance, qui fait découvrir à chacun son identité profonde et son éminente dignité.

L'oraison qui ouvre la liturgie de ce dimanche le dit avec une parfaite simplicité : « Guide-nous jusqu'au bonheur du ciel. Que le troupeau parvienne, malgré sa faiblesse, là où son pasteur est entré victorieux. » Fréquemment, dans l'Ancien Testament, il est dit que Dieu est le berger de son Peuple. Cette comparaison s'enracine dès Abraham et son départ d'Ur en Chaldée, en passant par Moïse le berger qui reçoit la révélation au Buisson ardent dans le désert, jusqu’à David le petit pâtre de Bethléem.

Mais la parabole du pasteur, pour Jésus, mène plus loin que la reprise de ce thème biblique. Il n'est pas seulement un conducteur de son peuple. Il est plus que cela. Entre le Père et Jésus le Chrisdt, le Fils Unique dans l'Esprit, la réciprocité d'amour est telle qu'elle devient source de vie pour tous les hommes sans exception. La Bonne Nouvelle aux yeux de saint Jean (1 Jean 3. 1), c'est que soit étendue à tous cette connaissance personnelle, parfaite et intime qui existe entre Jésus et son Père, à tous les hommes, même à ceux qui ne sont pas de cette bergerie. Jésus nous conduit à la découverte de la vie partagée avec Dieu. « Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes. Le monde ne peut pas nous connaître parce qu'il n'a pas découvert Dieu. »

L'Eglise n'est pas d'abord et seulement un rassemblement d'hommes qui pensent la même chose et partagent les mêmes croyances. Elle est à la fois et la communauté du petit nombre d’hommes et de femmes qui vivent une communion de pensée de cœur avec Dieu dans le Christ Jésus, et la foule immense de celles et de ceux que Jésus veut introduire dans son intimité.

Que cette eucharistie nous aide à vivre chaque jour une existence basée sur des liens de service, de bienveillance et de respect réciproques avec nos proches. Amen.

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Cinquième dimanche de Pâques B

29 avril 2018

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Qu’est-ce être chrétien ? Comment devenir disciple de Jésus ?

C’est à cette question qu’avaient commencé à répondre les deux premiers disciples de Jésus, lorsque le Baptiste leur désignait Jésus en disant : « Voici l'Agneau de Dieu. » (Jean 1, 36.) La question posée à Jésus par les deux disciples avait alors été : « Où demeures-tu ? » et sa réponse : « Venez et vous verrez. » Ils ont suivi Jésus pendant sa vie publique, ils ont vu où il demeurait, et ils ont cru en lui.

Maintenant,  il leur faut aller plus loin. C'est pourquoi, dans l'extrait de l'Évangile de Jean qui nous est proposé aujourd'hui, Jésus achève d'expliquer à ses disciples ce qu'est être son disciple. Nous sommes lors du dernier repas. Judas vient de sortir pour le livrer. Jésus fait ses adieux et donne les dernières recommandations à ses amis. Il leur apprend comment vivre en son absence, comme disciples.

L’image de la vigne a pour but de faire entrer les disciples dans la relation qu'ils doivent avoir avec lui. Une relation de grande proximité, malgré l'absence, car elle se vit dans la communion. « De même que le sarment ne peut porter du fruit par lui-même s'il ne demeure sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez en moi. » La fécondité des disciples dépend de leur proximité avec le Christ. En restant liée au Seigneur, l'Église porte du fruit. « Demeurez en moi, comme moi en vous. » « Où demeures-tu ? », avaient demandé les deux disciples. Puisqu'ils ont manifesté dès le commencement leur souci de suivre Jésus là où il demeurait, il leur faut maintenant garder ce désir de demeurer avec lui : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit. »

Ce que les premiers disciples découvrent nous concerne aussi. Comme chrétiens, la première des exigences concerne notre relation avec le Christ. Elle est faite d’un lien vital, profond, dans la confiance. C’est uniquement dans une intimité unique avec le Christ que nous pourrons véritablement porter du fruit. Et cette intimité ne peut se vivre que par la fréquentation assidue de sa Parole dans la Bible, que par l’accès aux sacrements et, j’en suis totalement convaincus, à la suite de Thérèse d’Avila et de Jean de la Croix, que par l’oraison quotidienne, longue et fréquente.

« Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit. » Le fruit le plus précieux que nous portons n'est finalement que celui que nous acceptons de recevoir dans la prière : l'amour. « Voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus-Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a commandé. » On ne peut répondre à l'amour que par l'amour, nous dit la première lettre de Jean. Un amour qui nous tourne vers Dieu et vers les autres. Mais pas de façon immatérielle, abstraite mais « par des actes et en vérité. » Le disciple sait que demeurer en Dieu passe par l'amour concret qu'il a pour ses frères et sœurs en actes et non en paroles seulement.

La première lecture nous propose comme exemple de disciple la personne de Paul. Après avoir cherché à combattre la foi chrétienne dans ses premiers germes, voilà qu'il fait l'expérience bouleversante de la rencontre avec le Christ. Et après avoir ensuite rencontré l'Église par Ananie qui a lémouvante audace de l’appeler « Saül, mon frère » il reçoit guérison et Esprit Saint et pourra alors témoigner de celui qu'il a rencontré et qui a changé sa vie. Il demeure dans le Christ comme le Christ demeure en lui, et cela se voit et s'entend : « Paul allait et venait dans Jérusalem avec les apôtres, prêchant avec assurance au nom du Seigneur. »

Soyons des hommes et des femmes qui vivent, par la prière et par l’écoute de la Parole, en communion avec le Christ, branchés sur lui comme le sarment sur la vigne. Soyons des témoins de l'amour de Dieu, non par de simples paroles mais « par des actes et en vérité. » Nous pourrons alors entendre Jésus nous dire : « Ainsi, vous serez pour moi des disciples. »

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