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Calendrier liturgique 2015-2016 - Année C
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 Sant François

 

 

 

27e dimanche dans l'année C

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Bible de la liturgie
02 octobre 2016
Habacuc 1, 2-3 ; 2, 2-4
Psaume 94
2 Timothée 1, 6-8.13-14
Luc 17, 5-10

C'est le seul texte du prophète Habacuc que nous lisons aux messes du dimanche, mais il contient la moelle de son message. Celui-ci fut écrit vers 600 avant le Christ, donc au temps du prophète Jérémie. Les barbares chaldéens menaçaient Jérusalem et semaient alentour pillage et violences. Le prophète, alors, questionne Dieu, l'accuse presque: Combien de temps, Seigneur, vais-je t'appeler au secours, et tu n'entends pas... pourquoi restes-tu à regarder notre misère? C'est le problème du mal. Pourquoi la souffrance? En plus cruel: nous qui sommes ton peuple, pourquoi nous traites-tu ainsi ?

Que va répondre Dieu? Il lui répond par un oracle, mis par écrit bien clairement sur des tablettes, pour qu'on puisse le lire et le relire. Cet oracle, sous forme de vision, annonce que le juste vivra. Dieu ne l'abandonne pas. Mais, précision importante, le juste n'aura la vie sauve que par sa fidélité à Dieu. Celle-ci passera par l'épreuve, le doute : la réalisation de l'oracle paraît tarder. Mais la vision se réalisera... elle viendra certainement. Aussi attends-la dans la confiance en Dieu, la fidélité.

Avoir la foi, ce n'est admettre des vérités, mais d'abord se fier à Dieu, et justement « quand on est dans le tunnel ». Croire, c’est faire confiance à Dieu, lui rester fidèle, malgré toutes les apparences contraires.

N’est-ce pas cette épreuve que vit Timothée, ce disciple bien-aimé de Paul ? Qui d'entre nous ne s'identifie à lui, à certaines périodes basses de son engagement, quand la fatigue se fait sentir et qu'il faut réveiller le don reçu de Dieu? Le disciple connaît la peur, il se sent isolé, son maître est en prison, l'Evangile ne s'épanouit pas dans un succès brillant, on se moque des chrétiens Il faut maintenant réveiller le don endormi du baptême , dépasser la peur, compter sur la force de Dieu et prendre résolument notre part de souffrance pour annoncer l'Evangile.

« Augmente en nous la foi » demandaient les apôtres à Jésus; non simplement « croire que Dieu existe », mais.recevoir la confiance, le dynamisme, le courage. Le Seigneur répond: La foi, si vous en aviez gros comme un grain de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici: « Déracine-toi et va te planter dans la mer »; il vous obéirait. L'image est volontairement forcée: l'arracher et le planter dans la mer est chose impossible. L'impossible aura lieu dans votre vie. Avec un peu de vraie foi, de la dimension d'un grain de moutarde, la plus petite graine qui soit, plus petite encore qu'une tête d'épingle. Dieu est le maître de l'impossible, disait l'ange Gabriel à Marie, en faisant allusion à l'impossible naissance d'Isaac (Gn 18,14) comme à celle de Jean Baptiste (Lc 1,36-37). L'impossible, en effet, n'a-t-il pas eu lieu ? Ces pauvres Douze, aux moyens dérisoires, n'ont-ils pas changé le monde?

A cette séquence Luc colle une seconde qui la suit comme son contraire. La première parlait du trop peu de confiance dans le Seigneur, la seconde de la trop grande estime de nous-mêmes, de la suffisance qui guette l'apôtre. Aussi Jésus compare-t-il l'apôtre à un serviteur. Quand vous aurez fait tout ce que Dieu vous a commandé, dites-vous: nous sommes des serviteurs quelconques. Nous n'avons fait que notre devoir. Devant Dieu, nous n'avons aucun droit à faire valoir, aucun mérite. Aucune « œuvre » ne nous donnera droit à quelque récompense. Tout est grâce, gratuit. Nous sommes des serviteurs quelconques. Plus de confiance en Dieu nous préservera de trop de foi en nous-mêmes. Plus d'humilité nous fera compter davantage sur la force de Dieu.

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28e dimanche dans l'année C

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Bible de la liturgie
09 octobre 2016
2Rois 5, 14-17
Psaume 97
2 Timothée 2, 8-13
Luc 17, 11-19

Le récit de Luc est construit sur une distance qui devient une proximité. Distance des 10 lépreux qui ne peuvent pas s ‘approcher d’un homme en bonne santé. Distance de ces hommes qui doivent se comporter comme s'ils étaient déjà guéris de ce mal qui les détruit à petit feu. Ils ont à se rendre, encore malades, vers les prêtres, seuls habilités à constater officiellement leur guérison. Dernière distance qui est celle qui sépare le Samaritain, l'étranger, l’ennemi d'Israël, donc de Jésus. Eh bien, toutes ces distances vont être franchies par la foi.

Premier degré de foi, que franchiront les dix lépreux : la foi consiste à anticiper. « La foi est le moyen de posséder déjà ce qu'on espère, et de connaître des réalités qu’on ne voit pas » (Hébreux 11, 1). Sur une simple parole, ils se mettent en route pour aller trouver les prêtres, alors qu'ils n'ont encore aucune preuve de leur guérison. Mais leur confiance en une parole entendue leur suffit pour les mettre en route. Ils vont retrouver la santé. C'est déjà remarquable, n'est-ce pas, de croire sur parole ! Si seulement nous en étions là !

Par contre, le Samaritain va plus loin. Il franchit l'étape décisive de la foi. Il supprime toute distance entre lui, le bénéficiaire de la guérison, et Jésus, l'auteur de cette guérison. Il passe du bienfait reçu à la reconnaissance de la personne par qui ce bienfait est offert.

Pour ses neuf camarades, Jésus n'est que l'instrument de la guérison, alors que pour lui, Jésus est le terme de la foi. Ainsi il sort de la guérison pour accéder à la relation. Il « glorifie Dieu » et « rend grâce à Jésus ». Dieu et Jésus sont confondus, réunis, dans un même remerciement. C'est pourquoi, si les dix sont « guéris », un seul est « sauvé ». Ce Samaritain, le voici maintenant « aux pieds de Jésus ». Toutes les distances sont abolies. Seul celui qui était le plus loin (l'étranger) saura se faire vraiment proche. Il va dépasser l'interdit de la Loi, puisqu'il s'avance près de Jésus avant d'avoir fait constater sa guérison par le prêtre. Et Jésus va le « relever », cet homme prostré devant lui. Le mot « relever » est un des deux mots grecs employés par les premiers témoins pour dire la résurrection du Christ. Dans le contexte pascal qui est celui de notre récit, il me semble que Jésus, relevant l'étranger, nous signifie combien il veut que l'homme, tout homme, soit un « homme debout », un vivant. « La gloire de Dieu c’est l’homme vivant », a dit superbement saint Irénée. La foi de ce Samaritain ne l'a pas seulement amené à la santé, mais déjà à la vraie vie, la vie divine, dans une étroite proximité avec le Dieu qu'il sait reconnaître en la personne de l'homme-Jésus qui l'a remis sur pied. Tous les hommes - vous, moi - crient souvent leur détresse vers Dieu, même s'ils ne nomment ni Dieu ni le Christ. En tout homme, il y a si souvent une protestation contre le mal. Dieu entend ce cri, qui est comme le premier degré de la foi. Mais beaucoup ne vont pas plus loin dans la démarche de foi. Ils ne vont pas au bout, qui est reconnaissance aux deux sens du terme.

Reconnaissance, parce qu'on tient à dire merci. Reconnaissance parce sachant reconnaître l'origine du don reçu, nous entrons en relation intime avec celui qui nous l'a donné. Ne sommes-nous pas, souvent, comme les neuf lépreux qui n’oublient pas de se plaindre de leurs difficultés, mais n’ont pas la louange facile lorsque tout va bien… Ayant obtenu ce qu'ils voulaient, ils se referment sur leur santé recouvrée, sans un mot de gratitude.

Heureusement, à d’autres moments, nous savons vivre l’attitude si belle du Samaritain de l’évangile : ces parents qui apprennent à leurs petits à dire merci dans leur prière ; ces chrétiens qui vont à la messe non « pour que ça leur rapporte », mais déposer leur « eucharistie », leur reconnaissance hebdomadaire. Heureusement que nous savons dire merci à nos vieux parents sans attendre qu’ils soient morts…

Soyons de ceux qui remettent debout les autres par un mot de « merci » et des gestes de gratitude.

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