logo
Calendrier liturgique 2014-2015 - Année B

| 2e dimanche de Carême | 3e dimanche de Carême |

Saint François


2ème dimanche de Carême B

Imprimer l'homélie
Une autre homélie ?
Abonnez-vous aux homélies

Bible de la liturgie
1er mars 2015
Genèse 22, 1-2. 9-13.15-18
Psaume 115
Romains 8, 31b-34
Marc 9, 2-10

La montagne est fascinante ! L’attrait des sommets a quelque chose de grisant malgré les dangers. L’ancien alpiniste que je suis en garde le souvenir ébloui !

Dans la Bible, cependant,  la montagne est surtout le lieu symbolique de la rencontre de Dieu.  C'est sur le mont Sinaï que Moïse, au cœur même de la nuée ténébreuse, rencontre Dieu « comme un ami parle à un ami. »  C'est sur l’Horeb que le prophète Élie, au terme d'une fuite éperdue, fait l’expérience de Dieu, par delà ses terreurs et l’expérience de sa fragilité, dans « le murmure d’une brise légère. »  La montagne est encore le lieu de l’expérience étrange et terrifiante aussi d’Abraham à qui un Dieu incompréhensible demande de sacrifier son enfant. Et quelle troublante histoire aussi que ce dialogue, au-delà des pesanteurs du temps et de l’espace, de Jésus avec Moïse et Élie dans la nuée, en présence de Pierre, Jacques et Jean ! La juxtaposition de ces deux récits nous rappelle que Jésus ne peut se comprendre sans référence à Abraham, à Isaac, à Moïse et à tous les prophètes.

En acceptant de remettre entre les mains de Dieu la vie de son fils bien-aimé, la chair de sa chair, ce qui comptait le plus pour lui, Abraham atteint le sommet de l’abandon dans les bras de Dieu. Il vit à l’avance, au sommet de son aventure spirituelle, quelque chose do cœur du Père qui demain (c’est la méditation de saint Paul dans l’épître aux Romains) consentira au sacrifice du Fils Unique.

Le premier message de ces deux lectures est donc un appel à avancer, un appel à tout faire pour que notre foi devienne de plus en plus comme celle d'Abraham puis comme celle de Pierre, Jacques et Jean. Même dans les épreuves les plus douloureuses, Dieu nous invite à lui donner notre confiance.

Il y a un deuxième message dans ces lectures de ce deuxième dimanche de carême. C’est la nécessité de la prière pour recevoir la force et le courage de poursuivre la route. Tout comme la montagne est le point de contact symbolique entre la terre et le ciel, de même la prière est le moment de la rencontre du temps et de l'éternité.  La prière nous introduit dans l'éternel présent de Dieu. La prière nous libère aussi des limites géographiques.  La montagne où Jésus conduit ses disciples est à la fois Thabor et Sinaï, puisque s’y retrouvent Jésus et ses apôtres ainsi que Moïse et Élie. Tous se rejoignent dans l'éternel présent de la Rencontre avec Dieu, à l’ombre de la nuée qui recouvre les différences de temps et d’espace. 

Pierre en est tellement ébahi, qu'il voudrait demeurer toujours dans ce moment de bonheur profond.  La révélation qui lui est faite par le Père est que Jésus, qui les a introduits dans cette expérience en les associant à sa prière, est son Fils:  « Celui-ci est mon fils bien-aimé.  Écoutez-le. » 

Ce qu'il a à leur dire, ce dont il parlait avec Moïse et Élie, c'est sa mort prochaine.  Isaac, le fils d'Abraham, a été épargné et à sa place fut immolé un bélier.  Jésus, mettant fin à l'ère des sacrifices est mort lui-même pour nous, comme nous le rappelle la Lettre aux Romains.  Il est désormais assis à la droite du Père. Il relie définitivement le temps et l'éternité.

Chaque fois que nous nous approchons de lui dans la prière, nous pénétrons avec lui, à travers l’obscure nuée de la foi, dans l’éternité. Nous naissons dans l’aujourd’hui de Dieu qui nous permet, par Jésus, d'entrer dès maintenant en communion avec le Père et avec tous ceux qui sont déjà dans sa gloire, au-delà des limites de lieu et de temps qui sont encore les nôtres.

 

haut


3e dimanche du carême B

Imprimer l'homélie
Une autre homélie ?
Abonnez-vous aux homélies

Bible de la liturgie
08 marsr 2015
Exode 20, 1-17
Psaume 18
1 Corinthiens 1, 22-25
Jean 2, 13-25

Le temple de Jérusalem, construit par Hérode le Grand à partir de 20 avant Jésus Christ, était une belle et vaste construction. Outre le sanctuaire et le Saint des Saints, il comportait deux grandes cours, celle des hommes et celle des femmes, ainsi qu’une immense esplanade : le parvis des païens. C’est là que beaucoup se rassemblaient pour traiter leurs affaires, écouter les docteurs de la Loi, acheter des animaux pour les sacrifices et changer de la monnaie. C’est dans ce brouhaha de souk oriental, que se place l’incident rapporté par saint Jean. Jésus, en colère, fouet en main, chasse les marchands du temple. « Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic », dit-il, en accomplissant ce geste prophétique. Je vous propose de méditer sur trois leçons de cet épisode.

L’attachement à l’argent

L’argent est nécessaire, mais il peut être aussi un piège. Quant s’instaure le primat de l’économique à l’échelle mondiale, on glisse inévitablement dans la spirale du chômage, de la violence et du mépris des droits essentiels de la personne humaine. Au temple de l’or et de l’argent, avec son cortège d’injustices et de misères, nous avons à substituer le temple de la justice, de l’amour désintéressé et du respect. Voilà pourquoi Jésus chasse les marchands du temple. Soyons vigilants : la passion du pouvoir et de l’avoir se glisse partout, y compris dans notre propre coeur.

 La maison de mon Père

Pourtant l’essentiel ne se trouve pas encore là. Ecoutons longuement cette étrange expression que Jésus utilise pour parler du temple : « la maison de mon Père ». Quel secret, quelle plongée dans l’intimité de sa personne, se cachent sous ces formules. Il est chez lui dans ce Saint des Saints, ce sanctuaire tabou, où nul ne peut entrer, sauf le Grand Prêtre, un fois par an. Ce lieu intouchable, séparé de tout, Jésus dit tout simplement que c’est la « maison de son Père », et sa propre maison de fils. Oui, ce qui est premier dans le culte que nous rendons à Dieu, ce ne sont pas les gestes (boeufs, brebis ou colombes), mais la confiance filiale que nous y  mettons.

Le sanctuaire de son corps

Nous arrivons, avec cette phrase, au coeur de cette page d’évangile. C’est son corps, ce corps qui sera crucifié et ressuscité, qui est le nouveau temple. Ainsi, le lieu de la Présence de Dieu, n’est plus un édifice, c’est Quelqu’un ! C’est le Corps du Christ. Toute la liturgie chrétienne tourne autour de cette mystique du Corps du Christ.

Mais comprenons jusqu’où va ce mystère ! « Ne savez-vous pas que vous êtes le Temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? », dit saint Paul aux Corinthiens.

Ainsi, ce n’est plusseulement le corps ressuscité de Jésus qui est le nouveau temple, mais le corps de chaque baptisé. En recevant le corps de Jésus, je deviens son corps qui est un sanctuaire. Voilà jusqu’où se fonde l’éminente dignité de l’homme.

haut

Abonnez-vous ici