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Calendrier liturgique 2014-2015 - Année B

Dernière modification de la page : 17-12-2014

| 4e Avent B | Noël B |

Saint François

4ème dimanche de l'Avent B

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Bible de la liturgie
21 décembre 2014
2 Samuel 7, 1-5.8b-12.14a.16
Psaume 88
Romains 16, 25-27
Luc 1, 26-38

Trois mots me paraissent se dégager des textes que nous offre le 4e dimanche de l’Avent : maison, obéissance et naissance.

Maison

David voulait honorer Dieu en lui bâtissant un temple plus beau que son palais de cèdre à Jérusalem. Mais Dieu nous surprend toujours. Nous ne pouvons jamais l’enfermer dans nos plans. Il échappe à nos prises. Il défie toutes nos imaginations. La maison de Dieu sera plutôt celle que Dieu prépare à David quand il lui promet par le prophète Nathan : « Ta maison et ta royauté subsisteront toujours devant moi, ton trône sera stable pour toujours ». (1e lecture) Cette demeure éternelle,  « le mystère qui est maintenant révélé » (2e lecture), c’est que tout homme est rendu capable d’accueillir la Parole de Dieu afin de collaborer à la naissance de Dieu en lui. Notre vocation à chacun(e) est de d’accepter de nous laisser habiter par le Verbe de Dieu, de consentir à devenir Sa maison.

Obéissance

Ce mystère poursuit saint Paul dans la 2e lecture « est porté à la connaissance de toutes les nations pour les amener à l'obéissance de la foi. » Dans la Bible, le mot obéissance signifie confiance. Derrière le mot français, il y a le verbe « écouter, prêter attention » (du latin « oboedire »). Obéir, c’est écouter avec amour parce qu’on vit dans la confiance. Il y a entre Dieu et l’homme, entre le Créateur et la créature, un abîme incommensurable. Pour le franchir, il y a comme un pont. Du côté de Dieu, la pile qui le soutient, c’est la miséricorde. Mais du côté de l’homme, la pile d’appui qui seule permet à Dieu de nous rejoindre s’appelle : « la confiance ».

Naissance

Le récit de l’Annonciation à Marie que nous venons d’entendre est le plus beau témoignage de cette obéissance confiante. La Vierge enceinte est la plus belle image d’humanité apte à recevoir Dieu en sa chair. Marie à l’Annonciation annonce la maternité de l’Eglise toute entière, c’est-à-dire de chacun des croyants qui sont tous appelés à participer à l’enfantement du Corps du Christ, né de la Vierge Marie. En nous aussi, depuis le jour de notre baptême, « L'Esprit Saint est venu, et la puissance du Très-Haut nous a pris sous son ombre » (évangile) afin d’enfanter en nous le « Fils de Dieu ». Est-il possible que les pauvres pécheurs que nous sommes soient destinés à une telle participation à la vie divine ? Notre sanctification est le fruit de l’Esprit qui réalise la naissance miraculeuse de Jésus au fond de notre cœur. C’est à chacun de nous que le Père promet : « Je serai pour toi un père, et tu seras pour moi un fils » (1e lecture) et « Sans fin je lui garderai mon» (Psaume 88),

Tournons-nous, en ce dimanche, vers Marie. Adressons lui les mots même de l’ange : « Réjouis-toi, comblée de grâce, le Seigneur est avec toi ». Marie est le vitrail qui se laisse entièrement traverser par la lumière bienveillante du Père. Demandons-lui de prier pour nous afin, qu’à sa suite, nous nous laissions son Fils demeurer en nous. Alors, comme elle, nous vivrons l’attention généreuse pour les frères que Dieu met sur notre route en ce temps de Noël.

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Noël B

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Bible de la liturgie
25 décermbre 2014

Le début de l'évangile de St Jean, que nous venons de lire, est, si l'on peut dire, une traduction théologique du récit de la Nativité tel qu'on le trouve chez Luc. De même que Luc disait qu'ils avaient été très peu nombreux, ceux qui ont su reconnaître, dans l'enfant de la crèche, le fils de Dieu (il n'y a eu que les bergers), puisque la naissance de cet enfant est passée totalement inaperçue pour les gens de Bethléem, voilà que Jean traduit cela en termes théologiques. Il dit cette chose étonnante : « Il est venu chez les siens et les siens ne l'ont pas reçu » Pourtant, ajoute-t-il, il y en a qui l'ont reçu, reconnu, et ceux-là sont devenus enfants de Dieu.

Il traduit ainsi toute une expérience spirituelle. Expérience commencée avec les bergers. C'est à eux que l'ange s'adresse pour leur dire : « Allez voir : vous trouverez à Bethléem un enfant couché dans une crèche ». L'évangile ne nous dit absolument pas ce qu'ont fait les bergers devant l'enfant et sa mère. L'évangile nous dit qu'ils ont raconté à Marie et Joseph qu'ils avaient vu et entendu des anges... et qu'ils étaient venus voir. Mais ce qu'on sait de ces silencieux, c'est qu'ils vont repartir pour crier partout la bonne nouvelle d'un Dieu tout proche, d'un Dieu qui s'est manifesté, d'un Dieu qui les aime.

Apparemment, cela n'a rien changé dans leur existence. Simplement, il y avait au fond de leur cœur comme une certitude qu'ils n'avaient pas avant : la certitude que désormais, Dieu intervenait dans leur vie et que ce bouleversement, imperceptible au départ, allait changer quelque chose. Et déjà en eux. Dans la profondeur de leur être, ils ont reçu cette certitude et ils ont entendu un appel.

Une certitude. Celle qu'exprime l'apôtre Jean dans son Evangile : « A tous ceux qui l'ont reçu, il a donné la possibilité de devenir enfants de Dieu ». De devenir divins, d'émerger enfin de l'animalité. En effet, vous le savez, l'humanité a eu du mal pour sortir de la jungle et de la lutte pour la vie. Nous recevons la certitude que c'est beau, que c'est grand d'être homme... et bien plus qu'homme. Car nous sommes appelés à devenir divins. Oui, les pauvres bergers de Bethléem n'ont pas exprimé cela comme je vous l'exprime maintenant, mais c'est cette conscience qu'ils ont eue : que l'homme dépasse de beaucoup l'homme, parce que Dieu, non seulement a voulu établir sa demeure parmi les hommes, mais est devenu l'un d'entre nous. Dans l'enfant de la crèche, pour quelques uns, ce jour-là, il y a eu la naissance d'une certitude : Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne Dieu. Cette certitude va leur donner une autre assurance dans l'existence. Ils repartent pour dire partout « la gracieuse bonté » manifestée en la personne du Dieu-fait-homme.

Certitude donc, mais aussi appel. Appel qu'on ne peut entendre que dans le silence. Appel qu'eux, les bergers, étaient prédisposés à entendre, parce qu'un berger, ça passe ses jours et ses nuits avec les bêtes, ça n'a pas tellement l'occasion de parler, c'est donc un homme de solitude et de silence. Les bergers, entendent la voix intérieure. Si nous le voulons: si nous sommes capables de nous arrêter, de nous asseoir, de couper la télé et la radio, de rechercher un peu de solitude. La voix intérieure nous appelle sans cesse, d'abord à regarder ce que nous sommes, car nous avons à nous juger, à nous jauger, à nous critiquer pour changer beaucoup de choses en nous. La voix intérieure nous appelle à éliminer de nous-mêmes tous les restes d'animalité. Je parlais de « loi de la jungle » : guerre économique, lutte pour la vie, et chacun pour soi. A chacun de nous aujourd'hui la voix intérieure redit avec force : « Si tu accueilles dans ta vie le « prince de la paix », tu deviendras enfant de Dieu ». Il nous appelle à faire émerger l'humanité. Je vous souhaite une joyeuse naissance au monde nouveau. Je vous souhaite un joyeux Noël.

 

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