logo

Calendrier liturgique 2013-2014 - Année A

Dernière modification de la page : 23-10-2014

| 30e dimanche A | 31e dimanche A | Défunts |

Saint François

30e dimanche dans l'année A

Imprimer l'homélie
Une autre homélie ?
Abonnez-vous aux homélies

Bible de la liturgie
26 octobre 2014
Exode 22, 20-26
Psaume 17
1 Thessaloniciens 1, 5-10
Matthieu 22, 34-40

Des chiffres et des lettres

Jouons quelques instants « aux chiffres et aux lettres » Voici, pour les chiffres, 10, 365, 245, 9 et 2 et pour les lettres, veuillez trouver l’anagramme de Marie.

Donnons d’abord sens à tous ces chiffres. 10 pour les dix commandements évidemment. 365, non pas pour les jours d’une année civile mais pour les 365 interdits recensés dans le Premier Testament. 245, toujours dans le Premier Testament, représente les 245 prescriptions auxquelles il y a lieu d’obéir. 9 pour les béatitudes qui nous font découvrir que dans le Christ nous quittons le champ de la loi pour entrer dans celui du bonheur et enfin, le chiffre deux pour les deux commandements d’amour de Jésus. Il y a donc dans le Premier Testament 620 lois et interdits et seulement deux dans le Nouveau. Mais ces deux-là accomplissent les 620 anciens. Quant aux lettres, Marie est entre autre l’anagramme d’aimer, à l’image des lois du Christ.

Toute la loi et les prophètes se résument ainsi en deux commandements : celui de l’amour de Dieu et de son prochain. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. » L’amour est une route sur laquelle nous marchons. Il n’est pas un sommet mais plutôt départ de la vallée suivi de détours et de chutes sans fin. Aimer Dieu, c’est cela : avoir foi en l’Amour tout-puissant, au-delà de l’échec et de l’épreuve. Comment aimer Dieu ? En prenant la peine de méditer quelques instants sur l’évangile du jour, mais aussi en soulignant le lien existant entre ces deux lois d’aimer Dieu et d’aimer son prochain.

« Et voici le second, qui lui est semblable : aime ton prochain comme toi-même. »  Le commandement de l’amour du prochain est semblable au commandement de l’amour de Dieu, c’est-à-dire que c’est dans l’amour de l’autre que je peux pleinement vivre de l’amour du Tout-Autre. Dieu me demande de l’aimer mais pas seulement dans une relation privilégiée entre Lui et moi, mais aussi d’apprendre à le découvrir, à le reconnaître et puis à l’aimer dans tous ceux et celles qui croisent ma route.

Le jour et la nuit

La merveilleuse petite histoire juive qui suit, peut nous aider à le comprendre. Un vieux rabbin demandait à ses disciples comment ils pouvaient dire quand la nuit était finie et que le jour avait commencé. « Serait-ce, demanda l’un des étudiants, « quand on peut voir un animal au loin et distinguer si c’est un mouton ou un chien ? » « Non », répondit le rabbin  « Serait-ce lorsqu’on peut distinguer un fil noir d’un fil blanc », proposa un autre. « Pas davantage », rétorqua le rabbin. « Alors, quand est-ce ? », demandaient les élèves. « C’est quand vous pouvez voir le visage de n’importe quel homme ou femme et voir que c’est votre frère ou votre sœur. Car si vous ne pouvez voir cela, c’est encore la nuit. »

La nuit règne tant que nous n’arrivons pas à découvrir dans le visage de l’autre, même agressif, même hostile, la trace du Tout-Autre dont il est le fils, dont elle est la fille. En ce sens, l’amour n’est jamais atteint et toujours à construire. Aimer Dieu, ce n’est pas tourner sa tête vers le Ciel et s’y engouffrer. Non aimer Dieu, c’est le chercher et le trouver en l’autre. Si Dieu vit en moi et si je le laisse me toucher au fond de moi, alors je Le devine en chacune et chacun de ceux que je rencontre. Ne cherchons plus à aimer Dieu dans un ailleurs, car ce n’est pas là qu’il réside. Aimons Dieu là où il est, en notre prochain. Et au plus profond de notre être.

haut


Solennité de la Toussaint

Imprimer l'homélie
Une autre homélie ?
Abonnez-vous aux homélies

Bible de la liturgie
1er novermbre 2014
Apocalypse 7, 2-4;, 9-14
Psaume 23
1 Jean 3, 1-3
Matthieu 5, 1-12a

La Toussaint est une fête de joie et de victoire. En une fois, chaque année, nous disons merci à Dieu pour cette multitude d’hommes, de femmes et d’enfants de tous les temps et de tous les lieux qui sont au paradis, avec Lui. « Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque de Dieu ». En son langage codé, le livre de l’Apocalypse nous parle de vie et bonheur. L’Est, là où se lève le soleil, est le côté de la vie, de la lumière et de la chaleur.

Par delà les difficultés, les échecs et les maux de nos vies, il y a cette espérance inouïe: nous sommes tous en train de devenir des saints. Des saints, pas ceux du calendrier, mais ceux de notre entourage, vous en connaissez sûrement. Depuis un peu plus de 36 ans que je suis dans la région, j’en ai connu plusieurs : ces vieilles demoiselles, dont on se dit, à leur mort, qu’elles avaient la sainteté discrète du sourire et de la réconciliation ; ce père de famille ou ce prêtre dont la simple présence apportait la paix ; cette jeune maman abandonnée et confiante dans la maladie qui l’emportait ; cette religieuse courageuse et entreprenante dans son combat contre la pauvreté….

Et puis, il y a chacun de nous. Nous sommes remplis de défauts ? Oui, et alors ! La sainteté ce n'est pas la perfection. Les saints ne sont pas des sortes de top models de la spiritualité. Un seul est Saint, et c’est Dieu. Mais il communique sa sainteté à tous par l'Esprit Saint. Par le jour le plus beau de notre vie, celui de notre baptême, nous sommes imprégnés du « sceau qui imprime la marque du Dieu vivant. » Nous avons reçus l’Esprit-Saint. Nous portons la dignité royale de fils, de fille de Dieu dans le Fils Unique qu’est Jésus. Même nos fautes et nos ratés ne nous enlèvent pas cette grandeur. Même défiguré par le péché, nous gardons la noblesse de notre ressemblance avec Dieu.

Et cette ressemblance divine, l’évangile nous la dépeint dans les Béatitudes. Il y dresse son autoportrait, l’icône charnelle du Dieu invisible. La sainteté qui nous est donnée par le baptême et l'Esprit Saint, n’est pas la course à la perfection. Elle est le don intime que Dieu nous fait de lui même. Dieu se rend contagieux et cette contagion est un bonheur :

La sainteté est la contagion du bonheur que Dieu nous fait partager quand son Esprit Saint nous donne d’aimer comme Jésus, ou mieux, de laisser Jésus aimer à travers nous nos frères et sœurs. Et pour être touchés par Dieu, pour recevoir le même esprit que lui, vous en connaissez les moyens :

Les saints : il y a la foule immense de ceux qui ont passé la mort et voient Dieu « tel qu’il est », dans la lumière du face à face. Et puis, il y a nous aussi, encore dans l’obscurité de la foi, mais qui sommes déjà réellement « enfants de Dieu. » Aujourd'hui c'est notre fête à tous.

haut


Commémoration de tous les fidèles défunts

Imprimer l'homélie
Une autre homélie ?
Abonnez-vous aux homélies

Bible de la liturgie
02 novembre 2014
Sagesse 2, 23; 3, 1-6.9
Psaume 4
Romains 6, 3-9
Matthieu 25, 1-13

En ce jour de commémoration des fidèles défunts, la Parole de Dieu vient à la fois nous éclairer sur le sort des êtres chers qui nous ont quittés et sur notre propre vie. On raconte d’une mystique de l’Islam , Rabi’a al-Adawiya, qu’elle parcourait les rues de Bassora, en Irak, avec une torche à la main et un seau d’eau dans l’autre. Quand on lui demandait ce qu’elle faisait, elle répondait : « Je vais éteindre les feux de l’enfer, et brûler les bienfaits du paradis … Je ne veux pas adorer par crainte ni pour une quelconque promesse, mais simplement pour l’amour de Dieu. » Plusieurs siècles plus tard, Thérèse d’Avila dira de même : « Je voudrais détruire l’enfer et le paradis afin que Dieu fût aimé pour lui-même. »

La parabole nous parle de dix jeunes-filles. Toutes sont invitées par l’Epoux. Toutes s’apprêtent à sortir à la rencontre de l’Epoux, mais celui-ci « tarde ». Toutes s’endorment pareillement : les prévoyantes aussi bien que les insouciantes.

C’est au cri lancé dans la nuit : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre » que s’opère la séparation définitive entre elles. L’Epoux constate simplement que les superficielles ne sont pas à l’intérieur. Il ne les connaît pas.

C’est l’huile qui est l’image décisive à interpréter. Pour saint Grégoire le Grand, elle représente le désir, qui entretient la flamme de l’amour. Le désir que le Christ lui-même a éveillé au jour de notre première rencontre avec lui et ranimé à chaque moment de conversion intense. Ce désir, qui est la présence de l’Esprit Saint en nos cœurs, fait de nous des amis de l’Epoux, les invités aux noces éternelles. Les vierges qui se sont munies au départ d’une réserve d’huile, sont celles qui sont demeurées fidèles à ce désir de la rencontre avec l’Epoux. Son retard et leur assoupissement durant l’attente n’éteint pas la flamme : « Je dors mais mon cœur veille », dit la fiancée du Cantique des Cantiques. Cinq jeunes filles en s'endormant, rêvaient secrètement que le Prince viendrait les éveiller d'un baiser d'amour, comme dans le conte…

Toute autre est la situation des vierges écervelées : elles ont oublié le temps de la rencontre, et se sont dispersées dans les multiples convoitises. Notre monde a rabaissé le niveau de ses désirs. Il les a retaillés à la mesure de l’ horizon maussade de la société marchande. Il nous propose d’acheter des plaisirs à court terme, exacerbés par la publicité. Nos rêves d'éternité s'épuisent dans des crèmes anti-rides ou des fauteuils de cuir. Notre désir fait put l'infini divin s'idolâtrent dans des objets éphémères. Nous n'écoutons plus depuis longtemps le cri des hommes assoiffés d'infini, nous ne lisons plus leurs livres et nous n'écoutons plus leur musique. D'après le texte grec, les vierges folles peuvent être appelées aussi des vierges fades, des vierges insipides. Elles manquent de sel.

Demandons au Seigneur de nous arracher à la dispersion dans les cupidités décevantes, et de faire converger en lui tous nos désirs afin que nos vies soient intégrées dans la sienne. Il ne s’agit pas d’être indifférents aux choses de la vie, mais de concentrer son attention sur la présence de Celui qui donne à chaque événement son poids d’éternité.

L'Époux nous désire. L'Époux nous a aimés. L'Époux a pris en lui notre cœur aux désirs mesquins.. C'était une nuit de pleine lune, au milieu des oliviers, dans un jardin où l'on fabriquait de l'huile, que l'on appelait le Jardin du Pressoir. C'est la folie de Dieu, plus sage que les sagesses du monde. C'est la folie des vierges sages, contre la sagesse morte des vierges distraites.

De nos défunts, ne reste et ne s’éternise que la goutte d’huile du désir de Dieu et de l’amour concret des hommes. C’est dans l’eucharistie que nous pouvons, en Jésus Ressuscité, les retrouver. Réveillons donc en nous les désirs infinis de notre baptême. Ne perdons plus de temps à autre chose qu’à aimer. Et nous serons prêts à accueillir l’Epoux à son retour, pour partager sa Pâque, son éternité, sa divinité.

haut

Abonnez-vous ici