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Calendrier liturgique 2013-2014 - Année A

Dernière modification de la page : 30-10-2014

| 31e dimanche A | Défunts | Dédicace |

Saint François

Solennité de la Toussaint

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Bible de la liturgie
1er novermbre 2014
Apocalypse 7, 2-4;, 9-14
Psaume 23
1 Jean 3, 1-3
Matthieu 5, 1-12a

La Toussaint est une fête de joie et de victoire. En une fois, chaque année, nous disons merci à Dieu pour cette multitude d’hommes, de femmes et d’enfants de tous les temps et de tous les lieux qui sont au paradis, avec Lui. « Moi, Jean, j’ai vu un ange qui montait du côté où le soleil se lève, avec le sceau qui imprime la marque de Dieu ». En son langage codé, le livre de l’Apocalypse nous parle de vie et bonheur. L’Est, là où se lève le soleil, est le côté de la vie, de la lumière et de la chaleur.

Par delà les difficultés, les échecs et les maux de nos vies, il y a cette espérance inouïe: nous sommes tous en train de devenir des saints. Des saints, pas ceux du calendrier, mais ceux de notre entourage, vous en connaissez sûrement. Depuis un peu plus de 36 ans que je suis dans la région, j’en ai connu plusieurs : ces vieilles demoiselles, dont on se dit, à leur mort, qu’elles avaient la sainteté discrète du sourire et de la réconciliation ; ce père de famille ou ce prêtre dont la simple présence apportait la paix ; cette jeune maman abandonnée et confiante dans la maladie qui l’emportait ; cette religieuse courageuse et entreprenante dans son combat contre la pauvreté….

Et puis, il y a chacun de nous. Nous sommes remplis de défauts ? Oui, et alors ! La sainteté ce n'est pas la perfection. Les saints ne sont pas des sortes de top models de la spiritualité. Un seul est Saint, et c’est Dieu. Mais il communique sa sainteté à tous par l'Esprit Saint. Par le jour le plus beau de notre vie, celui de notre baptême, nous sommes imprégnés du « sceau qui imprime la marque du Dieu vivant. » Nous avons reçus l’Esprit-Saint. Nous portons la dignité royale de fils, de fille de Dieu dans le Fils Unique qu’est Jésus. Même nos fautes et nos ratés ne nous enlèvent pas cette grandeur. Même défiguré par le péché, nous gardons la noblesse de notre ressemblance avec Dieu.

Et cette ressemblance divine, l’évangile nous la dépeint dans les Béatitudes. Il y dresse son autoportrait, l’icône charnelle du Dieu invisible. La sainteté qui nous est donnée par le baptême et l'Esprit Saint, n’est pas la course à la perfection. Elle est le don intime que Dieu nous fait de lui même. Dieu se rend contagieux et cette contagion est un bonheur :

La sainteté est la contagion du bonheur que Dieu nous fait partager quand son Esprit Saint nous donne d’aimer comme Jésus, ou mieux, de laisser Jésus aimer à travers nous nos frères et sœurs. Et pour être touchés par Dieu, pour recevoir le même esprit que lui, vous en connaissez les moyens :

Les saints : il y a la foule immense de ceux qui ont passé la mort et voient Dieu « tel qu’il est », dans la lumière du face à face. Et puis, il y a nous aussi, encore dans l’obscurité de la foi, mais qui sommes déjà réellement « enfants de Dieu. » Aujourd'hui c'est notre fête à tous.

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Commémoration de tous les fidèles défunts

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Bible de la liturgie
02 novembre 2014
Sagesse 2, 23; 3, 1-6.9
Psaume 4
Romains 6, 3-9
Matthieu 25, 1-13

En ce jour de commémoration des fidèles défunts, la Parole de Dieu vient à la fois nous éclairer sur le sort des êtres chers qui nous ont quittés et sur notre propre vie. On raconte d’une mystique de l’Islam , Rabi’a al-Adawiya, qu’elle parcourait les rues de Bassora, en Irak, avec une torche à la main et un seau d’eau dans l’autre. Quand on lui demandait ce qu’elle faisait, elle répondait : « Je vais éteindre les feux de l’enfer, et brûler les bienfaits du paradis … Je ne veux pas adorer par crainte ni pour une quelconque promesse, mais simplement pour l’amour de Dieu. » Plusieurs siècles plus tard, Thérèse d’Avila dira de même : « Je voudrais détruire l’enfer et le paradis afin que Dieu fût aimé pour lui-même. »

La parabole nous parle de dix jeunes-filles. Toutes sont invitées par l’Epoux. Toutes s’apprêtent à sortir à la rencontre de l’Epoux, mais celui-ci « tarde ». Toutes s’endorment pareillement : les prévoyantes aussi bien que les insouciantes.

C’est au cri lancé dans la nuit : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre » que s’opère la séparation définitive entre elles. L’Epoux constate simplement que les superficielles ne sont pas à l’intérieur. Il ne les connaît pas.

C’est l’huile qui est l’image décisive à interpréter. Pour saint Grégoire le Grand, elle représente le désir, qui entretient la flamme de l’amour. Le désir que le Christ lui-même a éveillé au jour de notre première rencontre avec lui et ranimé à chaque moment de conversion intense. Ce désir, qui est la présence de l’Esprit Saint en nos cœurs, fait de nous des amis de l’Epoux, les invités aux noces éternelles. Les vierges qui se sont munies au départ d’une réserve d’huile, sont celles qui sont demeurées fidèles à ce désir de la rencontre avec l’Epoux. Son retard et leur assoupissement durant l’attente n’éteint pas la flamme : « Je dors mais mon cœur veille », dit la fiancée du Cantique des Cantiques. Cinq jeunes filles en s'endormant, rêvaient secrètement que le Prince viendrait les éveiller d'un baiser d'amour, comme dans le conte…

Toute autre est la situation des vierges écervelées : elles ont oublié le temps de la rencontre, et se sont dispersées dans les multiples convoitises. Notre monde a rabaissé le niveau de ses désirs. Il les a retaillés à la mesure de l’ horizon maussade de la société marchande. Il nous propose d’acheter des plaisirs à court terme, exacerbés par la publicité. Nos rêves d'éternité s'épuisent dans des crèmes anti-rides ou des fauteuils de cuir. Notre désir fait put l'infini divin s'idolâtrent dans des objets éphémères. Nous n'écoutons plus depuis longtemps le cri des hommes assoiffés d'infini, nous ne lisons plus leurs livres et nous n'écoutons plus leur musique. D'après le texte grec, les vierges folles peuvent être appelées aussi des vierges fades, des vierges insipides. Elles manquent de sel.

Demandons au Seigneur de nous arracher à la dispersion dans les cupidités décevantes, et de faire converger en lui tous nos désirs afin que nos vies soient intégrées dans la sienne. Il ne s’agit pas d’être indifférents aux choses de la vie, mais de concentrer son attention sur la présence de Celui qui donne à chaque événement son poids d’éternité.

L'Époux nous désire. L'Époux nous a aimés. L'Époux a pris en lui notre cœur aux désirs mesquins.. C'était une nuit de pleine lune, au milieu des oliviers, dans un jardin où l'on fabriquait de l'huile, que l'on appelait le Jardin du Pressoir. C'est la folie de Dieu, plus sage que les sagesses du monde. C'est la folie des vierges sages, contre la sagesse morte des vierges distraites.

De nos défunts, ne reste et ne s’éternise que la goutte d’huile du désir de Dieu et de l’amour concret des hommes. C’est dans l’eucharistie que nous pouvons, en Jésus Ressuscité, les retrouver. Réveillons donc en nous les désirs infinis de notre baptême. Ne perdons plus de temps à autre chose qu’à aimer. Et nous serons prêts à accueillir l’Epoux à son retour, pour partager sa Pâque, son éternité, sa divinité.

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Dédicace de la Basilique du Latran

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Bible de la liturgie
09 novembre 2014
Ezéchiel 47, 1-2. 8-9. 12
Psaume 45
1 Corinthiens 3, 9b-11. 16-17
Jean 2, 13-22

Le Latran, première basilique de Rome, construite par Constantin, est avant le Vatican, l’église du pape. L’Évêque de Rome est au service de la communion entre toutes les communautés ecclésiales du monde qui, ensemble, forment un seul Temple, un seul Corps du Christ. C’est ce mystère de communion que nous célébrons aujourd’hui en fêtant la dédicace de la cathédrale du Latran. Je vous propose d’en développer quelques aspects.

Pour prier Dieu, pour l'adorer, nous avons besoin d'un lieu où le rejoindre, en nous sentant, devant Lui, proche des hommes nos frères. Ce lieu est évoqué par l’image du prophète Ézéchiel. Du temple coulait une source qui devenait torrent, puis un fleuve, qui descendait vers la Mer Morte, tellement salée que rien ne peut y pousser ou y vivre. Et voici que ce lieu est assainit et devient océan de vie éternelle.

Le  temple de la présence de Dieu est d’abord Jésus

A la lumière de notre foi en la résurrection de Jésus, nous comprenons que le lieu de la Présence de Dieu n'est plus un bâtiment de pierres et de briques, mais une personne. C'est le Christ, Fils de Dieu et frère des hommes. Pour Jésus, être le temple de Dieu, c’est être présence proche et agissante par la rencontre d’un malade, d’un homme ou d’une femme écrasés par la culpabilité, d’un pauvre, ou d’un riche centré sur lui-même… Par la compassion de Jésus, Dieu se faisait tout proche des hommes, comme un rayon de soleil éclairant leur vie de tous les jours.

Le temple est aussi l’image de l’Église

« Tout homme est une histoire sacrée », dit un cantique de Jacques Berthier. Comme membres de l’Église, nous sommes appelés à être témoins de la dignité de toute personne humaine. « Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat » : toutes les institutions sont faites pour l’homme, y compris l’Eglise… Il nous faut toujours porter cette sollicitude: comment humaniser nos institutions, l’école et l’hôpital, l’administration et l’entreprise, et le système financier ? Et cela commence d’abord à notre niveau propre de responsabilité, afin de faire de notre humanité, ici et maintenant, une demeure pour Dieu.

Le temple est enfin notre propre cœur

Enfin chacun d’entre nous, s’il s’ouvre à L’Esprit Saint, devient un temple où l’autre peut venir s’arrêter, se sentir accueilli chez lui. Nous sommes temple de l’Esprit et maison de Dieu, notre Père et le Père de tous les hommes, dans la mesure où nous laissons Dieu recevoir nos frères à travers nous.. «Je vis, mais ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi », écrit saint Paul (Galates, 20).
Être temple de Dieu, c’est vivre la délicatesse dans l’attention à l’autre, quel qu’il soit, proche parent ou ami, voisin, collègue de travail. Le Christ nous fait don de son Esprit : chacun d’entre nous, s’il s’ouvre à cet Esprit, peut être un peu ce temple où l’autre peut venir s’arrêter, dans la maison ouverte de son cœur, pour la rencontre et pour la prière.

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