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Calendrier liturgique 2013-2014 - Année A

Dernière modification de la page : 16-10-2014

| 29e dimanche A | 30e dimanche A |

Saint François

29e dimanche dans l'année A

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Bible de la liturgie
19 octobre 2014
Isaïe 45, 1-4.6a
Psaume 95
1 Thessaloniciens 1, 1-5b
Matthieu 22, 15-21

Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, la maxime est célèbre et elle est souvent employée quand on parle de faire la part des choses, par exemple, entre ce qui relève du religieux et ce qui dépend de la politique…. Mais était-ce vraiment là le propos de Jésus ?

Le contexte semble bien indiquer que non. La question posée à Jésus était piégée. On lui tendait un traquenard en espérant bien l’y voir tomber. « Est-il permis oui ou non de payer l’impôt à César ? » n’est pas une question posée par quelqu’un qui désire s’instruire, tel ce jeune homme qui demandait : « Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle ? ». Les questionneurs n’attendaient rien des réponses de Jésus, sinon de leur fournir l’occasion de le mettre dans l’embarras.

En les tançant d’hypocrites, Jésus met en lumière leur fourberie. En déjouant la duplicité de ses contradicteurs, il fait plus que de marquer un point contre eux. Il leur donne un enseignement spirituel. Il leur demande en effet : « de qui est cette image ? et cette inscription ? » « De l'empereur César  - Rendez donc à César ce qui est à César, mais à Dieu ce qui est à Dieu. »

Sur cette pièce de monnaie présentée à Jésus, on voyait l'image de l'empereur. L'argent, comme le pouvoir politique, est une création de l'homme. Il n’est pas en lui-même un mal. Gagné loyalement comme prix d'un travail, car l'ouvrier mérite son salaire (Luc 10,7), et par la suite bien utilisé, l'argent peut devenir instrument de service et de justice. Si nous en usons sans nous laisser dominer ou asservir par lui, l'argent peut nous aider à aimer. Le pouvoir politique et la gestion financière sont de bons serviteurs, mais deviennent de redoutables tyrans, s’ils sont idolâtrés.

Car seul Dieu est Dieu. L'homme n’appartient ni au politique, ni aux puissances d’argent, ni aux mécanismes économiques. Nous sommes créés à l'image de Dieu. « Dieu créa l'homme à son image » (Genèse 1, 27) Le Christ qui nous a pris dans sa pâque, nous fait participer à la vie de Dieu. « Le Temple de Dieu est sacré, et ce Temple, c'est vous », dit Paul (1 Corinthiens 2,17). L’homme, tout homme est sacré, parce qu’il est « créé à l’image de Dieu » (Genèse 1, 27). Mais pas le parti, l’Etat, ou la Banque…

Jésus nous rappelle donc que César n’est pas tout puissant, et qu’il n’est pas Dieu. L’État joue certes un rôle important et nous avons à en être des citoyensloyaux et responsables, mais il ne peut avoir le monopole de nos vies. Il n’est pas sacré. Le message est donc clair : César n’est pas Dieu. Mais rendre à Dieu ce qui est à Dieu c’est donc aussi prendre ses responsabilités au service de l’homme et de tous les hommes, c’est aussi se salir les mains dans le combat politique, c’est aussi payer honnêtement ses impôts, car c’est un devoir de justice.

 « Si nous voulons être réellement une image de Dieu, nous devons ressembler au Christ, puisqu'il est l'image de la bonté de Dieu », écrivait un docteur de l’Eglise, Laurent de Brindisi. Que la Parole de Dieu, reçue et méditée ensemble, inspire notre prière et notre action. Qu’à l'exemple de Jésus, nous soyons attentifs à ceux qui souffrent de maladie, de solitude, à partager de nos revenus avec les plus pauvres. Soyons artisans de paix et de justice.

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30e dimanche dans l'année A

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Bible de la liturgie
26 octobre 2014
Exode 22, 20-26
Psaume 17
1 Thessaloniciens 1, 5-10
Matthieu 22, 34-40

Les chiffres et les lettres

Jouons quelques instants « aux chiffres et aux lettres » Voici, pour les chiffres, 10, 365, 245, 9 et 2 et pour les lettres, veuillez trouver l’anagramme de Marie.

Donnons d’abord sens à tous ces chiffres. 10 pour les dix commandements évidemment. 365, non pas pour les jours d’une année civile mais pour les 365 interdits recensés dans le Premier Testament. 245, toujours dans le Premier Testament, représente les 245 prescriptions auxquelles il y a lieu d’obéir. 9 pour les béatitudes qui nous font découvrir que dans le Christ nous quittons le champ de la loi pour entrer dans celui du bonheur et enfin, le chiffre deux pour les deux commandements d’amour de Jésus. Il y a donc dans le Premier Testament 620 lois et interdits et seulement deux dans le Nouveau. Mais ces deux-là accomplissent les 620 anciens. Quant aux lettres, Marie est entre autre l’anagramme d’aimer, à l’image des lois du Christ.

Toute la loi et les prophètes se résument ainsi en deux commandements : celui de l’amour de Dieu et de son prochain. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. » L’amour est une route sur laquelle nous marchons. Il n’est pas un sommet mais plutôt départ de la vallée suivi de détours et de chutes sans fin. Aimer Dieu, c’est cela : avoir foi en l’Amour tout-puissant, au-delà de l’échec et de l’épreuve. Comment aimer Dieu ? En prenant la peine de méditer quelques instants sur l’évangile du jour, mais aussi en soulignant le lien existant entre ces deux lois d’aimer Dieu et d’aimer son prochain.

« Et voici le second, qui lui est semblable : aime ton prochain comme toi-même. »  Le commandement de l’amour du prochain est semblable au commandement de l’amour de Dieu, c’est-à-dire que c’est dans l’amour de l’autre que je peux pleinement vivre de l’amour du Tout-Autre. Dieu me demande de l’aimer mais pas seulement dans une relation privilégiée entre Lui et moi, mais aussi d’apprendre à le découvrir, à le reconnaître et puis à l’aimer dans tous ceux et celles qui croisent ma route.

Le jour et la nuit

La merveilleuse petite histoire juive qui suit, peut nous aider à le comprendre. Un vieux rabbin demandait à ses disciples comment ils pouvaient dire quand la nuit était finie et que le jour avait commencé. « Serait-ce, demanda l’un des étudiants, « quand on peut voir un animal au loin et distinguer si c’est un mouton ou un chien ? » « Non », répondit le rabbin  « Serait-ce lorsqu’on peut distinguer un fil noir d’un fil blanc », proposa un autre. « Pas davantage », rétorqua le rabbin. « Alors, quand est-ce ? », demandaient les élèves. « C’est quand vous pouvez voir le visage de n’importe quel homme ou femme et voir que c’est votre frère ou votre sœur. Car si vous ne pouvez voir cela, c’est encore la nuit. »

La nuit règne tant que nous n’arrivons pas à découvrir dans le visage de l’autre, même agressif, même hostile, la trace du Tout-Autre dont il est le fils, dont elle est la fille. En ce sens, l’amour n’est jamais atteint et toujours à construire. Aimer Dieu, ce n’est pas tourner sa tête vers le Ciel et s’y engouffrer. Non aimer Dieu, c’est le chercher et le trouver en l’autre. Si Dieu vit en moi et si je le laisse me toucher au fond de moi, alors je Le devine en chacune et chacun de ceux que je rencontre. Ne cherchons plus à aimer Dieu dans un ailleurs, car ce n’est pas là qu’il réside. Aimons Dieu là où il est, en notre prochain. Et au plus profond de notre être.

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