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Calendrier liturgique 2014-2015 - Année B

| Dimanche des Rameaux B | Dimanche de Päques |

Saint François


Dimanche des Rameaux B

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Bible de la liturgie
29 mars 2015
Isaïe 50, 4-7
Psaume 21
Philipiens 2, 6-11
Marc 14, 1 - 15, 47 (Passion)

Aujourd'hui, le récit de la Passion vient de l'Évangile de saint Marc. Le plus bref des quatre, son récit est sans doute celui d'un témoin, car, d'après la tradition, Marc était présent au jardin des Oliviers: «Or un jeune homme suivait Jésus,‑ il n'avait pour vêtement qu'un drap. On le saisit. Mais lui, lâchant le drap, se sauve tout nu ».  Saint Marc est enfin celui qui a reçu les confidences de saint Pierre: il fut son compagnon après la Résurrection et ils ont évangélisé ensemble. Il aura entendu plusieurs fois cette histoire du coq qui, à son chant, à l'aube, met un terme à cette nuit de trahisons et de pleutreries.

Voilà donc un procès avec un témoin vraisemblablement de première main. Un témoin qui se rappelle beaucoup de petits détails qui ont échappé aux autres.

Un procès populaire

Chez saint Marc, le procès de Jésus demeure un procès populaire. Un homme est devant une foule, sûrement un peu déconcertée par tous ces événements qui se précipitent. Elle ne saurait pas quoi répondre, le lendemain, si on lui demandait pourquoi elle a crié « Jésus de Nazareth »  au lieu de   « Barrabas ». Elle agit par instinct, par panique; elle crie en se laissant entraîner dans une spirale de violence insensée.

Dans ce procès, il y a aussi beaucoup de personnages, témoins peu connus, négligés par les autres évangélistes et qui sont là, en passant, comme saint Marc dit à propos de Simon de Cyrène, « le père d'Alexandre et Rufus ».

La solitude et le silence de Jésus.

Ce qui frappe dans la narration de Marc, c'est d'abord la solitude de plus en plus épaisse dans laquelle s'enfonce Jésus. Dans son agonie, ses trois amis, invités à veiller, se réfugient dans  le sommeil. Lors de l'arrestation, les onze prennent la fuite sous les oliviers. Pierre le renie. Solitude atroce de la croix enfin : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »

A cette solitude s'ajoute le silence de Jésus : pas un mot à Judas, silence devant Caïphe, mutisme face à Pilate.

Lueurs dans la nuit

Cette solitude et ce silence montent pourtant que Jésus ne fait qu'un avec son Père dans l'amour :    « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux », dit-il à Gethsémani. Deux signes inattendus en témoignent.

Le premier est le rideau d'entrée du Temple se déchirant « de haut en bas ». C'est le signe de la fin prochaine du culte dans ce sanctuaire et du libre accès auprès de Dieu.

Le second  est la profession de foi du centurion de garde : «Voyant qu'il avait ainsi expiré, il dit : Vraiment cet homme était le Fils de Dieu » . Si scandaleuse que soit la croix, elle n'en révèle pas moins le Fils de Dieu.

«Et toi, lecteur, lectrice, auras-tu le courage de marcher avec Jésus ? » , nous demande Marc.

 

Bonne Semaine Sainte !
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Dimanche de Pâques B

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Bible de la liturgie
05 avril 2015
Actes des Apôtres 10, 34a. 37-43
Psaume 117
1 Corinthiens 5, 6b-8
Jean 20, 1-9

Il semblerait que les récits de résurrection de Jésus ne fassent plus recette. Bien des chrétiens s'en détournent aujourd'hui. Ils se rassurent à bon compte par un engouement pour ce que présente le marché du religieux comme « messages de l'au-delà » ou sur « la vie après la vie », voire même comme ces dangereuses croyances spirites en la réincarnation qui sont comme autant de portes d'entrée aux esprits malfaisants.

Au fond nous n'osons pas vraiment croire. Nous en restons à la situation de Marie de Magdala quand, au bout de la nuit, elle découvre une tombe vide et pense que quelqu'un est venu enlever le corps de Jésus. En notre cœur règne encore  l'obscurité. Nous voudrions voir le Ressuscité avec son corps revêtu d'habits resplendissants. Nous voudrions faire l'économie de la foi.

Marie Madeleine pourtant  s'est laissée bouleversée. Elle a couru prévenir Pierre et l'autre disciple que Jésus aimait. Elle a lancé à bout de souffle ce cri : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l'a mis » . 

Émus par ce cri, Pierre et l'autre disciple bondissent vers ce jardin où l'on avait deux jours avant inhumé Jésus. Ils se hâtent, mais l'un est plus rapide. Jean arrive le premier. Pourquoi ? Parce qu'il est plus jeune ? Non ! Parce qu'il aime davantage, parce que son amour l'a poussé à rejoindre Jésus sous sa croix tandis que Pierre sombrait dans l'entraînement de la violence avant de sombrer dans la peur. Le premier, il arrive et, se penchant, découvre du regard le linceul resté là.

Arrivé à son tour, Pierre pénètre dans le tombeau  et regarde ce singulier spectacle des linges pliés là et du tissu ayant recouvert la tête, roulé à part, à sa place. Pierre se tait, mais il demeure attentif. Il ne conclut rien, il entre dans une attente où est en train de naître la possibilité d'une espérance. Identifions-nous à cette disponibilité de Simon-Pierre. Dans le silence du cœur, disposons-nous à recevoir maintenant la joie de la résurrection déjà commencée.

Pour cela, contemplons l'attitude du disciple que Jésus aimait. C'est sous cet anonymat que se cache Jean, comme pour nous permettre de nous identifier au disciple aimé. Ces linges soigneusement enroulés et rangés de côté, cet ordre parfait, il est impossible que des violeurs de sépulture l'aient laissé derrière eux. En un éclair, il devient capable de franchir l'abîme : cette tombe n'est ni pleine, ni vide. Elle est un signe. Son cœur intuitif saisit d'un coup que Jésus a été dégagé des liens de la mort. Ce signe discret lui suffit : il vit et il crut. Et très vite, il va faire le rapprochement entre cet événement et les Ecritures, c'est à dire les textes de l'Ancien Testament, entre ces signes légers et la Parole de Dieu. Il entre dans un chemin de foi.

Ce chemin, voyez-vous, est le nôtre. A nous aussi Dieu donne chaque jour des signes de Sa vie éternelle qu'il vient nous partager. Pour cela, il faut d'abord se laisser étonner, comme Marie Madeleine, puis devenir attentif à la manière de Pierre et surtout avoir un cœur aimant semblable à celui de Jean.

Derrière la recherche d'extraordinaire, de palpable qui se cache sous la toquade vers l'ésotérisme, il y a ce désir de contrôler, de rester le maître de la situation. La véritable recherche spirituelle franchit un seuil décisif lorsque nous consentons à nous laisser conduire. Quand nous acceptons que Dieu tienne la barre de notre vie et pas nous. Alors nous entrerons, modestement, par le rude chemin de la foi, vers le jour de Dieu qui, peu à peu, éclatera de soleil.

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