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Bible ouverte

| Assomption de la Vierge Marie | 20e dimanche C |

Assomption de la Vierge Marie

15 août 2019

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La plus grande fête mariale, et aussi la plus ancienne, est la Maternité de Marie que nous fêtons le 1er janvier. Si la liturgie de l’Assomption a plus d’éclat, c’est qu’elle est l’épanouissement complet du titre de Mère de Dieu célébré au nouvel-an. De cachée à Bethléem, de douloureuse au calvaire, elle s’épanouit aujourd’hui en maternité glorieuse. C’est la fête de l’été marial, de ses récoltes et de ses fruits, comme ceux que l’on engrange, sous nos latitudes, dès le mois d’août.

Plus profondément encore, cette fête est une célébration de la résurrection de Jésus dont l’assomption de Marie n’est qu’une extension. Marie est morte, comme tout être vivant, comme son Fils avant elle, puis, à sa mort, elle est ressuscitée, corps et âme, comme Jésus est ressuscité, et comme nous tous, nous l’espérons, nous ressusciterons un jour. Jésus est le premier à retourner au Père. La Vierge le suit, « aurore de l’Eglise triomphante, parfaite image de l’Eglise à venir », comme le chante la préface du jour. Car le cœur de notre foi, c’est que le Christ est ressuscité le premier. Il n’est pas glorifié pour lui seul. Le but profond de sa résurrection d’entre les morts est de nous donner à nous aussi une résurrection semblable. C’est donc dans la résurrection de Jésus que l’assomption de Marie trouve son point de départ. Nous fêtons aujourd’hui une fête de Pâques prolongée en Marie – et déjà commencée en nous. Comme Jésus, elle avait été « à la peine ; il n’est que juste qu’elle fut à l’honneur », pourrait-on dire en pastichant une réplique célèbre de Jeanne d’Arc à ses juges. La fête de son triomphe est donc aussi la nôtre, pourvu que nous soyons de ceux qui seront au Christ quand il viendra.

Son destin final annonce le nôtre, si, comme elle, nous sommes capables d’écouter la Parole et de la garder. A la femme qui s’exclamait : « Qu’elle est heureuse la femme qui t’a mis au monde et qui t’a allaité », Jésus répond : « Combien plus heureux celui(celle) qui écoute la Parole de Dieu et qui la garde ». Il veut bien lui faire comprendre que la grandeur de sa mère est d’avoir cru à la parole de l’ange et d’avoir conduit toute sa vie, à travers bien plus de peines que de joies, en marchant sur la confiance en cette parole entendue au premier jour. Au matin de la nativité, l’évangile nous dit que « Marie gardait toutes ces choses en son cœur ». Garder, c’est abriter mais c’est encore permettre de faire grandir. Comme les fruits dans la serre, comme le tout-petit qui se développe dans le corps de sa mère. Ce qui fait la grandeur de Marie, c’est qu’elle est disciple, c’est qu’elle se met à l’écoute de la Parole, à l’écoute de son Fils, depuis le jour où elle l’a accueilli en son sein. Tout son chemin qui s’achève dans l’apothéose de l’exaltation est fait de cette attitude très simple : faire confiance à celui que Dieu nous donne. Ce qui fait Marie « heureuse et bénie », c’est d’avoir accueilli ce don, jusqu’au bout, jusqu’à la croix.

Nous sommes logés à la même enseigne. C’est notre aventure comme celle de Marie, comme celle de toute l’humanité. Méditons les images flamboyantes de l’Apocalypse. Il s’agit de mettre Dieu au monde ; il s’agit du passage du monde en Dieu. Que notre foi, comme celle de Marie, soit jour après jour, accueil de la Parole que Dieu nous adresse. Nous qui sommes encore en chemin, contemplons-la dans sa splendeur. C’est ainsi que nous serons dans le glorieux et splendide achèvement que Dieu nous prépare, à la mesure de notre foi.

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20e dimanche dans l'année C

18 août 2019

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« Je suis venu apporter un feu sur la terre. » Comment ne pas ressentir une certaine appréhension en lisant ces paroles. Les aînés parmi nous pensent à ce frénétique enragé qui, en 1939, a mis le monde à feu et à sang. Actuellement, le risque est toujours là si l'on songe au fanatisme de certains et à la puissance de destruction dont ils disposent.

Or voilà qu'en ce jour, Jésus nous adresse de paroles insoutenables si on les prend au premier degré : « Je suis venu apporter un feu sur la terre… » Comment peut-il tenir des propos aussi violents ? Il y a de quoi nous troubler.

C'est que l'évangile n'est pas un roman à l'eau de rose. C'est un livre qui contient du feu. On ne peut en sortir indemne de sa lecture. Ce feu que Jésus veut voir s'allumer c'est celui de l'amour qui est en lui. Ce feu qui le dévore est celui de l'amour trinitaire. Il a aimé les hommes comme le Père l'a aimé. Il a fait le premier pas vers eux. Il les a aimés d'un amour infini qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Il nous est impossible d'aimer plus et mieux que lui. Nous n'aurons jamais fini d'en découvrir l’immensité.

C'est cet amour brûlant que le Christ voudrait nous communiquer : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés… » C'est cette richesse d'amour que le Christ nous transmet. Nous devons croire de toutes nos forces que les langues de feu de la Pentecôte reposent aussi sur nos têtes et que ce feu a pris. Désormais notre vie toute entière doit être employée à l'attiser. Ce feu doit se répandre à travers le monde par l'action des hommes de bonne volonté.

Ce feu est d’abord celui qui réchauffe. Nous apprécions tous d'être devant un feu de bois quand il fait bien froid dehors. L'amour du Christ réchauffe les cœurs les plus refroidis et les plus glacés par les événements de la vie. Rappelons-nous des disciples d'Emmaüs : « Notre cœur n'était-il pas brûlant tandis qu'il nous expliquait les Ecritures ? » Nous aussi, nous pouvons répandre ce feu de l'Amour en réconfortant les désespérés de notre monde.

Ce feu est aussi celui qui éclaire. Le Christ a déversé sur notre monde la lumière de son Esprit Saint. Sa parole vient éclairer toute notre vie et lui donner tout son sens. Lui-même se présente à nous comme la lumière du monde. Cette lumière nous a été transmise au jour de notre baptême. A nous de la porter et de la rayonner dans ce monde qui perd ses repères. Nous serons lumières en proclamant la bonne nouvelle de l'évangile et en vivant dans l'amour cette Bonne nouvelle.

Une autre qualité du feu, c'est de purifier. Il réduit en cendres tout ce qui est inutile. Les paroles du Christ ont cette puissance purifiante du feu. Elles viennent décaper tout ce qui est contraire à l'amour. Un chrétien ne peut pas bénir tout ce qui se fait dans le monde sous prétexte que c'est « tendance » ou « post-moderne ». Il y a des lois et des pratiques que l'Eglise désapprouve parce qu'elles sont contraires à l'évangile. Il nous faut donc les dénoncer. Rappelons-nous ce que disait Ezéchiel : « Si tu ne dis pas au méchant d'abandonner sa conduite, lui, le méchant mourra de son péché. Mais à toi, je demanderai compte de son sang. »

Voilà ce feu de l'amour que Jésus est venu allumer. C'est un feu qui ne demande qu'à être alimenté. Pour qu'il puisse réchauffer et éclairer, il lui faut des bûches qui acceptent de se consumer. La flamme du cierge est belle mais c'est la cire qui en paie le prix. L'amour infini du Christ s'est révélé sur la croix mais aussi à travers toute une vie de travail et d'apostolat. Si nous voulons que ce feu de l'amour se répande dans le monde, il faut aussi qu'il soit alimenté par nos efforts. Il faut laisser brûler en nous les scories de l'égoïsme et de la médiocrité. Nous vivons dans un monde qui gèle sous le givre de l'égoïsme, de l'individualisme et du non sens. Laissons ici-bas nos cœurs s'embraser de cet amour qui est en Dieu pour réchauffer nos sœurs et frères d’alentour.

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