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Calendrier liturgique 2013-2014 - Année A

Nouveau L'exhortation apostolique Evangelii Gaudium du pape François

Dernière modification de la page : 20-08-2014.

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Saint François

21e dimanche dans l'année A

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Bible de la liturgie
24 août 2014
Isaïe 22, 19-23
Psaume 137
Romains 11, 33-36
Matthieu 16, 3-20

Le Christ a-t-il voulu l'Eglise ? Mais qu'est-ce que l'Eglise ? La meilleure réponse, nous venons de l'entendre dans l'évangile qui nous pose  trois questions : « Jésus, qui es-tu ? Pierre, qui es-tu ? Eglise, qui es-tu ? »

« Jésus, qui es-tu ? »

 Après un petit sondage préalable sur ce que les gens disent de lui, Jésus pose la vraie question, celle qui concerne chacun personnellement : « Pour vous, qui suis-je ? » C'est une question redoutable. Elle reste toujours posée à nous qui nous voulons disciples d'un tel maître. Quand nous demandons : « Jésus, qui es-tu ? » Jésus nous renvoie la question : «Pour toi, qui suis-je ? Pour qui me prends-tu ? » Cette demande nous jette sur les chemins de la rencontre  et de la découverte toujours neuve de Celui qui vient nous séduire. Ebloui par la clarté de l'Esprit, Simon-Pierre  s'écrie, avec une autorité qui vient de plus loin que lui : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ».

« Pierre, qui es-tu ? »

Pierre, éclairé par le Père, vient de dire qui est Jésus. A son tour, Jésus nous dit qui est Pierre. En trois images bibliques qui s'enchaînent et se complètent, il confère à Simon la primauté. Il sera d'abord Pierre, Kêphas, le Rocher, celui qui assure le fondement durable à sa communauté. Ensuite, il lui confie les clés de son Eglise. Vous est-il arrivé de donner vos clés à quelqu'un ? Pas seulement les clés passe-partout, mais le trousseau complet de vos clés les plus secrètes. C'est à un homme de confiance que l'on remet ses clés, comme à cet Eliakim, le nouveau grand vizir du royaume de David. Enfin, le pouvoir de lier et délier manifeste l'intention de Jésus de faire de Pierre son représentant dont les actes sont couverts par Dieu. C'est une vraie responsabilité. C'est sérieux. On ne peut pas prétendre aller à Dieu en refusant l'Eglise.

« Eglise, qui es-tu ? »

Dans cette même scène, Jésus nous révèle l'identité de l'Eglise. Elle est la communauté de ceux qui font leur la profession solennelle de Pierre : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Celles et ceux qui reconnaissent en Jésus leur Sauveur, ceux-là font partie de cette Eglise qui, selon la belle expression de Bernanos, « pareille aux plus humbles, aux plus dénués de ses fils, va clopin-clopant de ce monde à l'autre monde ». L'Eglise est le Royaume de Dieu dans sa phase embryonnaire. Elle nous met déjà, par les Ecritures et ses sacrements, en possession des biens éternels. Elle nous donne Jésus, c'est-à-dire tout.

Mais ce trésor, elle le porte dans des «vases fragiles ». Formée de pécheurs, elle tombe et se repent. Elle est, comme l'a précisé le Concile de Vatican II, « à la fois sainte et appelée à se purifier, poursuivant constamment  son effort de pénitence et de renouvellement ». Elle baigne en partie dans la clarté qui lui vient de Dieu, mais reste encore dans l'obscurité que lui donnent les hommes. Telle qu'elle est, reine et pauvresse, elle prolonge l'incarnation du Fils dans le temps et l'espace. Elle est indispensable.

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22ème dimanche dans l'année A

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Bible de la liturgie

31 août 2014
Jérémie 20, 7-9
Psaume 62
Romains 12, 1-2
Matthieu 16, 21-27

Rappelez-vous. Dimanche passé, Simon le Rocher, est félicité pour sa profession de foi magistrale. Il est désigné par Jésus comme le roc sur lequel se fonde son Eglise et le gardien des clés du Royaume. Aujourd'hui, il se fait presque aussitôt traiter de tentateur, de caillou dans le soulier, de pierre qui fait trébucher sur la route.

« Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant !» Dix sur dix pour la qualité de la formule.   « Dieu t'en garde… cela ne t'arrivera pas !» Zéro pour le commentaire, avec blâme et mise en garde ! Mais si Jésus rabroue Pierre, il ne le repousse pas, comme il le fit avec Satan au désert. Il lui demande d'aller derrière lui, en vrai disciple.

La tête et le cœur ne suffisent pas pour être vraiment le disciple de Jésus. Il faut encore l'accepter tel qu'il est et non pas tel que nous voudrions qu'il soit. Il faut encore le suivre sur son chemin, et non pas le faire passer de force sur les nôtres. Oui, nous croyons, mais c'est souvent en notre conception personnelle du Messie que nous croyons. Il y a là une conversion à vivre, un avant et un après.

Dans un premier temps, nous sommes disposés à faire des œuvres pour Dieu, à nous donner beaucoup de mal pour lui, à travailler pour sa gloire… mais quand même aussi pour la nôtre. Nous sommes comme Pierre, qui tire Jésus par la manche en lui disant : « Cesse de déprimer, allons, tu es le messie annoncé, le Fils du Dieu vivant ! Tout le monde va t'accueillir et tu vas voler de succès en succès. » Nous voulons en quelque sorte dicter à Dieu sa conduite : cela a quelque chose de satanique…

Et puis vient le jour où nous changeons enfin le fusil d'épaule. Nous abandonnons nos beaux plans, pour épouser ce que Dieu veut vraiment. Nous ne faisons plus des œuvres pour Dieu, mais nous consentons à l'œuvre que Dieu veut faire à travers nous. Je me rappelle ce vieux saint homme, qui m'a un jour émerveillé en me disant : «Quand je m'éveille le matin, je me demande ce que le Seigneur va me demander aujourd'hui.» Quelle disponibilité !

Etre chrétien, ce n'est pas prendre la voie de la facilité. C'est aller à contre courant du monde qui parle de plaisir, de créativité, d'épanouissement et de jouissance : « Je veux vivre ma vie ». C'est, comme Jérémie, être en butte aux railleries et aux incompréhensions, c'est avoir le courage de se dire « pour Jésus » dans un milieu incroyant ou moqueur. C'est aimer fidèlement son conjoint. C'est garder le sens du partage quand nous incite à dépenser sans frein pour soi. C'est rester honnête en affaires quand les règles économiques  ou politiques sont fréquemment celles de la maffia et de la corruption. Pour aimer authentiquement, il faut y mettre le prix.

Lorsque nous participons à l'eucharistie, nous sommes comme Pierre ou Jérémie interpellés par la Parole de Dieu, afin que nos pensées, trop souvent conformes à celles du « monde présent », cèdent la place   « aux pensées de Dieu ». Gagner la joie et la résurrection nécessite de prendre courageusement sa croix.

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