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Calendrier liturgique 2014-2015 - Année B
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Saint François


Treizième dimanche dans l'année B

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Bible de la liturgie
28 juin 2015
Sagesse 1, 13-15 ; 2, 23-24
Psaume 29
2 Corinthiens 8, 7.9. 13-15
Marc5, 21-43

« Dieu n’a pas fait la mort. Il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants » Cette phrase de la première lecture doit nous habiter en ces jours où, le mépris de la vie des autres se manifeste avec tant de méchanceté dans le monde. Iil faut le redire avec force : Dieu n’a rien à faire avec la mort et la violence ! Il est source de vie et de résistance aux forces de mort.

Car devant la réalité, si difficile et certaines heures si effrayante, la foi permet de laisser parler l’énergie vitale qui nous habite, la foi permet d’espérer l’aurore au bout de la nuit. Dieu ne s’est pas payé de mots : il est venu partager notre condition jusqu’à l’enfer du mal dont l’homme est capable.  « Lui, qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté », nous dit l’apôtre Paul dans la deuxième lecture. La seule chose qui dépende de nous, c’est une attitude de confiance résolue en Dieu qui est à notre côté dans le combat contre le mal, d’abord en nous  et  puis dans le monde.

L’évangile, lui, présente deux récits imbriqués. Celui de la femme qui avait des pertes de sang est le plus important et explique tout le reste. Elle se bat sauvagement depuis douze ans pour recouvrer la santé et le droit à l’enfant (son état « d’impureté » légale lui défendait tout contact avec un homme), au point d’y avoir dépensés tous ses sous. Ce désir de vivre, ce refus d’une vie diminuée est tellement puissant qu’il l’amène à surmonter sa peur et à entrer en relation avec Jésus en lui touchant le manteau.

L’évangéliste nous dit que Jésus sentit qu’une énergie est sortie de lui. Le texte grec parle de dunamis qui a donné notre mot dynamisme, que les bibles traduisent par force ou puissance, Pour cette femme, c’est sa deuxième naissance, une naissance qu’elle a choisie elle-même. Elle est rendue par Jésus à la vie et à sa pleine féminité, potentiellement donneuse de vie. « Va en paix et sois guérie de ton mal », lui dit Jésus.

Guérie, elle l’est, puisqu’elle vient de passer de l’état de malade et d’exclue à la situation de bien portante, capable de retrouver toutes les qualités de la relation humaine ; sauvée, elle l’est davantage encore, puisqu’elle vient de passer de la crainte et de la superstition à la foi, qui est confiance absolue en celui qui est la Vie.


Le deuxième épisode confirme cette force de vie. La manière dont Marc nous fait ce récit et les symboles qu’il utilise, montre qu’il est en train de décrire notre situation de croyant. La maison dans laquelle entre Jésus c’est l’Église, où il est accompagné par les piliers de la foi que sont Pierre, Jacques et Jean ainsi que les membres de la famille immédiate. C’est cette foi qui porte la petite jeune-fille. Pour décrire dans le texte grec le geste de Jésus de prendre la fille par la main pour la faire se lever, il se sert des mêmes mots que ceux utilisés pour parler de la résurrection. Enfin, s’il demande de nourrir l’adolescente, c’est qu’on passe à l’eucharistie qui suit le baptême. Par mon baptême, je suis passé de la mort à la vie, je suis ressuscité avec le Christ et j’ai maintenant part à la table des croyants avec lui. Mais la clé de ce récit comme du premier est la même : c’est l’énergie de vie générée par la foi, la mienne ou celle des autres, qui permet de passer d’un univers de mort à celui de la vie.


Tous, jeunes ou âgés, mariés ou célibataires, nous sommes appelés, à l'exemple du Christ et chacun selon notre façon propre, à donner la vie, à la nourrir et, le besoin échéant, à la rétablir.

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Quatorzième dimanche dans l'année B

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Bible de la liturgie
05 juillet 2015
Ezéchiel 2, 2-5
Psaume 122
2 Corinthiens 12, 7-10
Marc 6, 1-6

Les lectures de ce dimanche ont une tonalité plus grave que celles d’il y a huit jours. Le prophète sait qu’il va au-devant des contradictions (première lecture), Jésus connaît l’échec dans son propre village (évangile) et Paul raconte comment il a été humilié. Cette eucharistie veut m’aider à accepter mes échecs, humblement et avec confiance, car lorsque je suis faible, c’est alors que, avec Jésus, je suis fort (deuxième lecture).

Une cruelle déception attend donc Jésus dans son village. Quel contraste avec les foules qui le pressaient de toute part, sur le chemin conduisant à la maison de Jaïre ! Les Nazaréens sont certes nombreux à venir écouter l’enfant du pays dans la synagogue, mais ils ne dépassent pas le stade d’un étonnement sceptique, qui se mue bientôt en hostilité et rejet. Ils connaissent trop bien Jésus, du moins le croient-ils…

Vous savez, on peut les comprendre. Jésus, pour ses proches, n’est rien d’autre que « le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon, dont les sœurs sont ici chez nous » Et voilà que, d’un seul coup, le charpentier du village quitte son métier, sa famille pour se mettre à prêcher par monts et par vaux. Imaginez que de tels faits se produisent un jour dans votre village, votre réaction ne serait sans doute guère différente.

Lorsqu'on nous parle d’une personne quelconque, on a le fréquent réflexe de dire : on connaît. C’est faux. On ne connaît jamais pleinement une personne humaine. Elle est toujours, pour une part, un mystère qui nous dépasse. On peut décrire l’aspect physique de l’autre, préciser son métier, sa situation sociale et familiale, connaître ses habitudes, ses qualités et ses défauts ; tout cela n’est que l’extérieur de la personnalité. On connaît ? Non, on croit connaître. Aimer, c’est voir dans le cœur de l’autre un océan qu’on n’aura jamais fini de découvrir.
Les gens de Nazareth auraient pu se dire : « Ce Jésus qu’on croit connaître, qui est-il, au fond ? » Mais non ! Ils campent dans leurs certitudes : « Jésus, on connaît. » Au lieu d’une attitude ouverte à la nouveauté, ils se sont fermés à Jésus qui, subitement, se présentait totalement différent de celui qu’ils croyaient connaître.

Cela nous ramène à nous-mêmes. « Jésus ? Je connais. » Ne nous est-il pas arrivé d’avoir une telle réaction ? On a été au catéchisme, depuis notre enfance nous en avons entendu parler, de Jésus de Nazareth. On a lu les évangiles, on va à la messe, et on connaît les principaux épisodes de sa vie, on le prie, on en parle… Donc, on croit le connaître.

Mais l’avons-nous vraiment rencontré ? Avons-nous cherché à mieux le connaître, à le fréquenter dans la prière et dans la rencontre de nos frères ? Voulons-nous devenir l’ami, l’amie de Jésus ; d’une amitié vraiment personnelle ? La rencontre de Jésus, c’est toujours l’émerveillement d’un amour toujours neuf.

Nous voici donc interpellés, nous qui sommes du pays, de la famille, de la maison de Jésus, de sa parenté, devenus ses frères et sœurs par le baptême. Gardons la capacité de nous émerveiller avec des yeux neufs sur ce qui fait la nouveauté de l’autre (de Jésus comme de nos frères et sœurs), sa capacité à changer, à se renouveler. Ne l’enfermons pas dans nos idées toutes faites. Accueillons avec gratitude et humilité Jésus, et nos frères et nos sœurs, et nous-mêmes dans nos faiblesses et nos pauvretés (deuxième lecture), comme l’aube toujours nouvelle d’un matin plein de promesse.

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Quinzième dimanche dans l'année B

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Bible de la liturgie
12 juillet 2015
Ezéchiel 17, 22-24
Psaume 91
2 Corinthiens 5, 6-10
Marc 4, 26-24

Tous les textes d'aujourd’hui ont le thème du choix pour fil conducteur. Dieu a sur nous des ambitions bien plus hautes que celles que nous inspirent nos désirs et notre amour-propre. « Il nous d'avance destinés à devenir pour lui des fils par Jésus Christ », dit la lettre aux Ephésiens. Rien ici qui évoque les sombres visions janséniste et puritaines où l'élection de quelques-uns tranche sur la masse des damnés. L'Ecriture clame le contraire : tous sont choisis, tous sont secoués par la surprise, quand Dieu lance son appel aussi universel qu'inattendu. Amos a bien un métier, celui de bouvier et de cultivateur. Il ne s'est nullement fait prophète lui-même, mais il est arraché à ses bœufs par l'appel de Dieu qui en fait son porte-parole. Les Douze sont envoyés par Jésus pour guérir et prêcher, bien avant qu'ils ne s'en croient capables.

C'est un magistral retournement, par l'Ecriture, de tout ce que disent les philosophies du XXe siècle. A Jean-Paul Sartre qui disait : « l'existence précède l'essence » (ce qui signifie en termes simples que nous sommes les seuls artisans de notre destin ; que ce que nous serons ne dépend que de nous), la foi répond : la bénédiction de Dieu est sur nous, qui que nous soyons, avant notre vie, pendant et après. Tous nous sommes appelés, attendus et aimés. La formule fulgurante que Niestche a repris au poète grec Pïndare « Deviens ce que tu es », prend son plein sens chrétien : nous devons incarner ce que Dieu a rêvé pour nous. Il nous appartient d'accomplir son espérance. Vivre, c'est entendre son appel et nous mettre en route. La saintété c'est de consentir à l'appel de la grâce, à la motion de l'Esprit Saint..

Car, si on consent à devenir disciple de Jésus, il s'agit de partir avec un cœur libre et disponible. Le fidèle va son chemin simplement, d'un pas léger, sans s'alourdir de manteaux supplémentaires, de précautions, de soupçons, sans autre bagage que des sandales aux pieds et un bâton. La route dont Jésus parle ici, c'est la vie. Il ne s'agit pas d'aller jusqu'au bout de la terre ou de la rue, que d'aller jusqu'au bout de soi-même.

Il faut être équipé sobrement pour enjamber sans peine les obstacles de la vie quotidienne. Et le bâton « du mendiant contre les chiens », comme dit le poète Francis James, nous permet de ne pas nous laisser submerger par les hostilités rencontrées en chemin. Jésus nous donne ici un art de vivre, salubre et poétique, où l'unique nécessaire nous gratifie d'une liberté intérieure qui, d'elle-même, témoigne du Royaume de Dieu. Songeons à l'impact qu'a encore aujourd'hui le témoignage d'un saint François d'Assise. Le choix pour Jésus ce n'est ni l'argent, ni la nourriture, ni les diplômes, ni les paquetages. Croire, c'est marcher sa vie, c'est renaître à l'espérance à « l'aurore de chaque matin » (Jacques Brel).

Pour réussir cette aventure, il faut être deux, il faut faire équipe, passer de la solitude à la confiance, s'aimer comme des frères remis à la garde l'un de l'autre. C'est là le mystère de l'Eglise.

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