Homélies


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Bible ouverte

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11e dimanche dans l'année B

13 juin 2021

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La belle et bonne nouvelle de l’évangile d’aujourd’hui c’est de nous annoncer que le règne de Dieu est en en train de croître. Le règne de Dieu est l’accomplissement de son projet sur la création, sur l’homme qui trouve enfin la plénitude de sa stature. Jour après jour nous répétons à Dieu : « Que ton règne vienne ! ». Or Jésus nous apprend que ce règne de Dieu ne tombera pas du haut du ciel , mais qu’il est déjà là, planté en terre, en train de germer.

« Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. » Autrement dit : ça pousse tout seul ! Bien sûr, il y faut un travail préparatoire : quelqu’un qui se lève de bon matin pour jeter la semenc. Mais ensuite tout lui échappe. La leçon de sagesse est ici de savoir prendre le temps, de se lever le matin et se coucher le soir, de poser les gestes nécessaires à la vie, des gestes d’ensemencement et de récolte ; et pour le reste, de faire confiance au Règne qui vient. Certes  n’oublions pas de nous lever tôt matin : charge professionnelle, éducation des enfants, service d’autrui et vie d’Église... Mais l’activité la plus féconde du semeur que nous sommes est de nous en remettre avec confiance au temps qui vient à son rythme. Car Dieu a pris les choses en mains.

Vient la seconde parabole: « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Il est comme une graine de moutarde… » Ici, nous est offerte la modestie des commencements. La vie, pour grandir, se contente de très peu. La parabole dit : regardez le peu que vous avez en mains, et croyez que cela suffit. Oh, elle n’est pas bien grande notre Église ! Oh, elle est ne pèse pas bien lourd, notre parole ! Eh bien disons-nous  plutôt : le très peu que nous avons en mains contient d’immenses promesses. Cela suffit à Dieu.

Le prophète Ézéchiel, en première lecture, y avait déjà pensé : la petite ramure transplantée qui deviendra un grand cèdre du Liban… Or il faut bien voir le contexte de cette prophétie d’Ézéchiel : Israël venait de mener une grosse entreprise militaire, en s’associant aux chars et aux chevaux d’Égypte pour venir à bout de la puissance babylonienne ; or ce fut une débâcle totale. Ce n’est pas la violence des grands moyens qui mènera à la vie, mais plutôt une collaboration paisible à l’œuvre de Dieu. Aux derniers temps peut-être, le règne de Dieu sera reposant, mais il l’est déjà aujourd’hui. Faisons paisiblement ce qu’il y a à faire, puis reposons-nous quand tombe le soir pour repartirau matin, actif et confiant.

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12e dimanche daans l'année B

20 juin 2021

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« Pourquoi avoir peur ? » La barque fragile des disciples est ballottée par la tempête. La situation semble très vite désespérée… et Jésus dort ! Comment ne pas comprendre leur panique ? Dans la mentalité juive la mer représente le chaos, l’incompréhensible ; la mer fait disparaître tout repère, on y est perdu. Sa force destructrice représente la violence et la mort. La mer est le symbole du mal, elle révèle à l’homme sa vulnérabilité et son impuissance.

Seul Dieu peut la maîtriser, et cette maîtrise, nous dit la première lecture tirée du livre de Job, nous révèle sa puissance infinie. La scène sur le lac rappelle aussi les premiers versets de la Genèse - l’obscurité, la tempête, l’abîme, le chaos, le tohu wa bohu incompréhensible avant que Dieu ne prononce sa parole créatrice. Dans leur barque, les disciples sont livrés à ce chaos, ils sont perdus, et ils sont menacés par la violence des éléments déchaînés.

Jésus prononce sa parole de puissance, sa parole de paix et d’ordre. Les disciples passent de la peur à une crainte sacrée, du chaos de la tempête à la majesté mystérieuse de Dieu. Dans ce récit, tout finit bien ; les disciples ne périssent pas, Jésus les sauve.

Mais ils vont mourir un jour. Pour eux, comme pour nous, tout ne va pas bien finir. Il y a souvent ceux qui, perdus dans une situation périlleuse, dans l’obscurité, dans le chaos, ne s’en sortent pas. Ils crient éperdument vers Jésus, et finissent par mourir. Le but du récit de Marc n’est pas de dire aux disciples qu’ils survivront s’ils font appel à Jésus, mais de leur rappeler que même dans le danger, dans la souffrance incompréhensible, dans la mort, ils ne sont pas abandonnés. Ils sont dans un monde animé par la parole de Dieu, de Jésus, et ils sont entourés par sa puissance mystérieuse.

Parfois, la vie peut nous submerger de problèmes et de difficultés. Elle peut souffler une véritable tempête de doute, de tension et d’inquiétudes. Peut-être alors faut-il nous souvenir d’une superbe phrase du « Pasteur d’Hermas » (un texte du début du IIème siècle) : il faut construire la tour sur du solide, c’est-à-dire sur de l’eau ! Cest-à-dire l’eau du baptême, celle qui nous conduit à Jésus, celui qui sommeille à l’arrière de nos barques. Doucement, tendrement, comme s’il ne voulait pas que sa présence nous envahisse et nous empêche d’avancer, de continuer, il se réveille et dit à notre vent : « silence, tais-toi. »

Notre environnement peut être chaotique, notre psychologie intérieure peut être dévastée comme un champs de ruines… rappelons-nous alors qu’il y a bien plus important que ces décombres ou ces violences : la présence, en nous, du Ressuscité. Il est là proche. Il se repose mais ne demande qu’à être réveillé pour nous guider au travers de nos tempêtes. Il nous invite à retrouver en nous, quoiqu’il arrive, cette paix intérieure, un silence tout habité de sa présence.

Lorsque nous sommes submergés, Jésus nous convie à refaire le pari de la confiance. Lui, il est Dieu. Nous, nous ne le sommes pas. Il y a 36 raisons d’avoir peur… pas une seule n’est bonne ! Arrêtons de jouer à Dieu, seul ou avec d’autres, en voulant tout résoudre par nous-mêmes. Il y a des situations qui nous dépassent. Dieu ne nous dépasse-t-il pas par définition ? Tournons-nous vers lui et offrons-lui les tempêtes de nos vies. Il ne résoudra pas tout. Il nous aidera à retrouver la paix intérieure, il nous donnera la distance nécessaire, il nous ouvrira un chemin possible. « Tais-toi », signifie ne parle pas, mais également abandonne-toi, laisse-toi aller, donne-toi, ne fais pas seulement silence mais sois silence. Sois confiance. « Pourquoi avoir peur ? »  

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