Homélies


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Bible ouverte

| 33e dimanche C | Christ- Roi C |

33e dimanche dans l'année C

17 novembre octobre 2019

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L'année liturgique touche à sa fin. C'est le moment que choisit l'Eglise pour relire les textes de l'Evangile qui évoquent la fin du monde. Jésus nous propose une manière de lire les signes des temps, aux moments où l’histoire connaît de grandes crises.

Quand saint Luc écrit son évangile, la prise de Jérusalem a très probablement déjà eu lieu. Les chrétiens sont en train d'en vivre toutes les conséquences et ils sont témoins de bouleversements considérables. Il nous rappelle ses paroles nous invitant à dépasser nos peurs et à garder courage.

Les disciples de Jésus parlaient du Temple, admirant la beauté des pierres et les dons des fidèles. Jésus leur dit : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n'en restera pas pierre sur pierre: tout sera détruit. » Jérusalem et son temple étaient pour les juifs une construction symbolique sur laquelle reposait leur religion : la présence de Dieu au milieu de son peuple. Et voilà que cette construction s’effondre. Ni Jérusalem, ni le temple ne sont plus les lieux uniques de la présence. Quand on relit l’histoire de l’Eglise on se rend compte qu’elle aussi, a connu bien des bouleversements. Elle voit aujourd’hui s’effondrer des temples qu’elle avait construits, des structures et des manières de penser qu’elle avait estimées immuables. Elle est appelée à se souvenir que c’est le Christ ressuscité qui tient lieu pour elle de temple nouveau, de signe accompli de la présence.

 Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom en disant: ´C'est moi´, ou encore: ´Le moment est tout proche´. Ne marchez pas derrière eux! » Jésus met en garde contre les faux prophètes, les faux Messies, annonciateurs de fins du monde dont ils connaîtraient la date, rassemblant dans des sectes de purs et de parfaits, ceux et celles qui échapperaient ainsi à la colère divine… Ne marchez pas derrière eux dit Jésus, le Messie crucifié.

« Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne vous effrayez pas:il faut que cela arrive d'abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin. » Ce passage trouve aujourd’hui une forte résonance sur notre planète terre, menacée de toutes parts par les guerres, les famines, les épidémies, les pollutions de toutes sortes.  « Ne vous effrayez pas, n’ayez pas peur », dit Jésus aux disciples.

 Au lieu des craintes stériles, engagez-vous avec courage pour la vie, pour la paix, le respect de la nature, en gardant confiance et espérance envers et contre tout. Certes le mal fait toujours mal. Mais si notre attitude fondamentale est l'espérance et la confiance au Seigneur, cela ne nous empêche pas de nous retrousser les manches et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour remédier à la situation. Quand on est malade, on se fait soigner. Quand on perd son emploi, on essaie d'en trouver un autre. Quand une inondation envahit le sous-sol de la maison, on se débrouille pour nettoyer et sortir l'eau de la cave.

Demandons au Seigneur de nous donner cette espérance confiante dans les moments difficiles quand ils viendront. Car c'est dans notre fidélité au Seigneur, comme le rappelle l'oraison de ce jour, que nous puiserons notre paix et notre joie les plus profondes.

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Christ-Roi C

24 novembre 2019

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Les trois lectures de la fête du Christ-Roi nous invitent à vérifier les racines, à la fois humaines et éternelles, de la vraie royauté de Jésus. Par ses parents, Jésus est de race royale. Il descend du second et du plus prestigieux des rois de Jérusalem, de ce petit berger de Bethléem que Dieu devait se choisir pour en faire le pasteur de son peuple. Nouveau David, Jésus sera le dernier fleuron qui couronne l’arbre de Jessé (Isaïe 11/1-8).

Par son hymne à la Seigneurie universelle du Messie, Paul nous donne les dimensions éternelles de cette royauté. Il est « l’image du Dieu invisible ». Vers lui, tout est mystérieusement en marche, car rien n’échappe à ses énergies de résurrection. Il est celui qui réconcilie tout, sur la terre et dans les cieux, « en faisant la paix par le sang de sa croix ».

Rien que par cela, nous découvrons déjà la révélation paradoxale de la vraie royauté de Jésus. En affichant sur le bois de la croix « Celui-ci est le roi des juifs », les bourreaux ont cru fustiger une ambition politique qui, en fait, n’était pas celle de Jésus. Les provocations des chefs des prêtres et des soldats n’expriment qu’un défi lancé à l' « imposteur » qu'ils voient en lui. Mais les injures du bandit supplivié  à ses côtés sont d’une toute nature. « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec ! » Jésus est ici très douloureusement tenté. S’il est crucifié, c’est pour aller jusqu’au bout de la solidarité avec les hommes souffrants, coupables ou torturés. La tentation porte précisément sur ce point. S’il peut accepter de ne pas user de son pouvoir pour son propre bénéfice, comment rejeter un tel appel, même crié dans la révolte ? Il se tait. Livré à ses frères, il s’en remet à eux.

Et c’est un d’entre eux qui va répondre pour lui. « Pour nous, c’est juste (...) Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et, dans l’humilité confiante, le larron poursuit :  « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne ». Jésus alors use de ses prérogatives royales qui est de gracier. Il répond au défi qui lui était lancé : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ». Il sauve un homme, non en le préservant de la mort corporelle, mais en faisant de cette mort le passage à la vraie vie et au bonheur.

Le Royaume de Jésus est un royaume de pardonnés. La manière pour la Christ d’exercer sa royauté sur tous les hommes, y compris ses ennemis, y compris les monstres et les tortionnaires, c’est de leur offrir son pardon. Le pécheur y a toute sa place, à une seule condition : reconnaître sa culpabilité en accueillant le pardon toujours offert de Dieu. Oui, Jésus est bien le « nouvel Adam » qui aide l’humanité à réintégrer le paradis perdu. Et ceci, dès « aujourd’hui ». Recueillons, durant la prière de la semaine qui vient, les signes de la venue discrète du Royaume de Dieu : amour, justice, vérité, pardon.

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