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Calendrier liturgique 2015-2016 - Année C
| 6e dimanche de Pâques C | Ascension |

 Sant François

Sixième dimanche de Pâques C

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Bible de la liturgie
1er mai 2016
Actes des Apôtres 15, 1-2.22-29
Psaume 66
Apocalypse 21, 10-14.22-23
Jean 14, 23-29

Si quelqu'un m'aime... » Comme toujours, tout est dit en quelques mots simples et profonds chez saint Jean. « Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole... »

Aimer, c'est avant tout écouter et accueillir la parole du Christ. Jésus nous redit donc ici une des clés de la vie chrétienne : la méditation fréquente de la Parole de Dieu, comme une sorte de sacrement, un « signe » de la présence de Dieu. Nous n'avons pas la présence sensible, physique du Seigneur. Mais pour celui qui aime Jésus, quelle joie que d'avoir sa pensée, écrite dans l'évangile, que de pouvoir écouter sa voix qui nous parle dans l'évangile.

Et Jésus ne parle certainement pas d'une parole reçue intellectuellement, mais d'une parole « à laquelle on est fidèle », d'une parole « mise en pratique », d'une parole vécue concrètement et qui, par là, rend réellement présent ce Jésus qui nous l'a apprise.

« Mon Père l'aimera et nous viendrons chez lui et nous établirons chez lui notre demeure ... » Pour celui qui accueille fidèlement une telle parole, celle-ci ouvre en lui un sentier par où le Père et le Fils descendent pour venir demeurer d'une façon unique dans son cœur profond. La Parole est une présence d'amour. Elle consacre en temple sacré l'ami du Christ. Le Christ ressuscité n'a plus maintenant d'autre présence que par les hommes aimants où il demeure.

Le Christ parle alors du « Défenseur, l'Esprit-Saint » . Ce dernier fera comprendre de l'intérieur cette Parole faite chair qu'est Jésus.

Jésus a tout dit. Mais l'Eglise n'aura jamais fini de comprendre tout ce qu'elle a enregistré dans sa mémoire d'épouse attentive. Au cours des siècles, l'Esprit Saint rafraîchira constamment les souvenirs de l'Eglise. Par là, il l'aidera à répondre aux problèmes sans cesse nouveaux des hommes. C'est pourquoi, elle aura toujours à demander l'assistance de l'Esprit pour qu'elle reste à l'écoute de Dieu et des hommes.

C'est dans cette intimité , que nous sommes enfin invités à trouver la paix et la joie. C'est dans la communion avec le Christ, que le chrétien puise la source de cette paix et cette joie qui rayonnera, à travers lui, sur ses frères.

                           

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Solennité de l'Ascension

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Bible de la liturgie
05 mai 2016
Actes 1, 1-11
Psaume 46
Hébreux 9, 24-28. 10, 19-23
Luc, 24, 46-53

La question des apôtres dont nous parle l’évangile de ce jour prouve qu’ils n’ont toujours rien compris : « Seigneur, est-ce maintenant que tu vas rétablir la royauté en Israël ? » Les apôtres se font une image de la religion bien terrestre et bien matérialiste, une image limitée à leurs intérêts nationalistes. Ce manque de profondeur des apôtres montre à quel point ils ont besoin de l’aide du Saint Esprit. Non seulement les enseignements du Ressuscité pendant les 40 jours entre Pâques et Ascension ne les ont pas vraiment touchés, mais en plus ils ne semblent pas avoir été marqués par leur vie de trois ans auprès de Jésus. Ils ont oublié la réponse donnée par le Maître à la question des Pharisiens, bien proche de la leur : « Quand viendra le Règne de Dieu ? » - « La venue du Royaume de Dieu ne fait pas l’objet d’un constat. On ne va pas dire : Il est ici ! Il est là ! Et voyez, le Royaume de Dieu est au milieu de vous. »

Les apôtres ont aussi de quoi être troublés par la mission sans précédent que leur confie le Christ en les quittant : « Soyez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre... De toutes les nations faites des disciples... » Oui, il y a vraiment de quoi laisser tomber les bras de découragement ! C’est une autre parole de Jésus qui leur a sans doute donné la force de poursuivre sa mission : « Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde... Vous recevrez une force... l’Esprit Saint viendra sur vous... » Le signe du travail de l’Esprit Saint ? En voici un exemple : au 6ème siècle, le pape Grégoire le Grand enseignait que « le ciel, c’est l’âme du juste ». Entre les apôtres au jour de l’Ascension et le pape Grégoire, quel progrès ! C’est l’œuvre du Saint Esprit dans son Eglise qui a permis ce grand bond en avant, ce passage d’une religion matérialiste et nationaliste à une religion intérieure et universelle.

Nous fêtons donc Jésus qui monte au ciel. Essayons de traduire cette image. Nous fêtons Jésus glorieux qui disparaît à nos yeux de chair et qui introduit définitivement notre humanité dans la vie et la gloire de la Trinité. Le ciel, c’est Dieu Trinité. Jésus semble disparaître, mais il ne devient pas absent pour autant. Il sera présent par le don de l’Esprit, il sera présent dans son Eglise et dans le monde d’une nouvelle manière, à la manière du Ressuscité. Il ne connaîtra plus la limitation propre à ceux qui doivent encore passer par la mort : les limites du temps et de l’espace.

En montant au ciel, le Seigneur nous invite, comme il le fit pour ses apôtres autrefois, à un double passage :

  1. Nous devons passer tout d’abord du particulier à l’universel. Les apôtres rêvaient de rétablir la royauté en Israël. Lui leur répond en leur donnant une mission universelle : « Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »  
  1. Nous devons ensuite passer d’une religion extérieure à l’intériorité de la foi. Et cela justement par le don de l’Esprit Saint, force venue d’en haut.

Depuis l’Ascension et la Pentecôte, Jésus veut être présent dans notre âme. Il n’est jamais absent. C’est nous qui nous rendons absents à cette présence intérieure, à cette habitation en nous de Dieu. L’Esprit du Christ Ressuscité ne cesse de nous redire intérieurement : « Le ciel, c’est l’âme du juste » ou, selon les belles paroles du théologien suisse Maurice Zundel, « le ciel, on n’y entre pas, il faut le devenir. »

Les hommes d’aujourd’hui ne manquent pas d’évangiles imprimés. Ils n’en n’ont d’ailleurs jamais tant eu. Ils ont besoin d’évangiles vécus, d’évangiles vivants, d’hommes et de femmes évangéliques. Lorsque nous laissons se développer notre vie intérieure avec le Christ, nous lui permettons de venir toucher les cœurs à travers nous.

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