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Calendrier liturgique 2015-2016 - Année C
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 Sant François

Solennité de la Sainte Trinité

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Bible de la liturgie
22 mai 2016
Proverbes 8, 22-31
Psaume 8
Romains 5, 1-5
Jean 16, 12-15

Un enfant de sept ans à qui on demandait ce qu’était la Trinité, a répondu : « tu ne sais pas ce que c’est ? Eh bien, je vais te l’apprendre : on ne peut pas aimer tout seul ! » Admirable ! Comment dire mieux sur l'intimité même de Dieu, ainsi que l'Eglise l’ose en cette fête de la Sainte Trinité, que ce mot d’excellent petit théologien ! Essayons de dire, avec infiniment moins de justesse que lui, deux petites miettes de ce mystère de vie.

Première miette de l'amour trinitaire qui nous est offert en méditation ce matin : Dieu, qui est mystère, nous ouvre au mystère de tout homme. Dieu est mystère. Cela ne veut pas dire qu'on ne le connaît pas, mais qu'on n'aura jamais fini de Le connaître. La nuance est importante ! Plus ma familiarité avec l'évangile grandit, plus je me pose de questions sur Jésus : qui est-il donc pour bousculer ainsi les idées qu'on se faisait sur Dieu ? Qui est-il donc pour oser des paroles et des gestes pareils ? Dieu est mystère. Et plus tu Le connaîtras, écrivait saint Jean de la Croix, plus tu avoueras que tu peux toujours moins exprimer ce qu'Il est ! Dieu est mystère et nous ne découvrons qui Il est que lentement, progressivement, et parfois même douloureusement.

 « J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter », nous dit Jésus dans l'évangile de Jean. Dieu est mystère, et parce qu'Il est mystère, Il nous apprend la patience. Patience à l'égard de Dieu que je connais encore si peu... patience à l'égard de tout homme qui, lui aussi, participe au mystère de Dieu. Je ne connais aucun homme totalement... et il peut évoluer.

Reconnaître que Dieu est mystère et que tout homme, créé par Lui, participe de ce mystère, c’est quelque chose de très concret. C'est refuser de coller sur les gens des étiquettes et ne jamais désespérer d'eux. C'est considérer chaque homme avec un infini respect.

Deuxième miette de cet amour trinitaire : Dieu est amour qui me fait découvrir ce qu'aimer veut dire. Je retiens tout spécialement cette espèce de dynamisme centrifuge de l'amour. Loin de tout ramener à soi, il se trouve en se donnant. À travers les évangiles et la liturgie de l'Eglise, cela est flagrant : le Père, le Fils et l'Esprit... chacun renvoie aux deux autres et semble s'effacer pour mettre les autres en valeur.

Le Père ? ... Lui que nul n'a jamais vu et que l'on ne peut donc pas représenter s'efface devant le Fils (dans le Symbole des Apôtres, deux lignes seulement pour le Père et dix lignes pour le Fils !). Il convoque l'Esprit dès sa première oeuvre (cf. les deux premières lectures) et lui donne une place de choix dans son oeuvre créatrice. Le Père ne fait rien sans l'Esprit.

Le Fils ? ... Dans le « Gloire à Dieu », on le réfère tellement au Père qu'on dit de Lui : « Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, le Fils du Père »... « le Fils du Père » ! ... superbe pléonasme qui souligne l'impossibilité de parler de Jésus sans parler de Dieu son Père ! « Le Père, dit Jésus, est plus grand que moi » ... et encore « non pas ma volonté, mais celle de mon Père ». Jésus renvoie toujours au Père et s'efface devant l'Esprit qu'il annonce et promet : « il est bon pour vous que je m'en aille »... « l'Esprit vous donnera de faire des choses plus grandes encore ».

L'Esprit ? ... C'est Lui qui nous fait nommer Dieu « Père » : « l'Esprit fait de nous des fils qui crions vers Dieu en l'appelant : 'Abba!' » . L'Esprit nous oriente vers le Père et nous renvoie toujours à Jésus : « Nul ne peut dire 'Jésus est Seigneur' si ce n'est sous l'action de l'Esprit ». L'Esprit nous fait reconnaître en Jésus le Christ.

Alors, si aimer c'était cela : ne pas chercher sa propre gloire, mais vouloir que l'autre grandisse, aime et soit aimé... alors, je peux me poser bien des questions sur ma manière d'aimer mes proches. Est-ce que vraiment je les aime pour eux-mêmes ou pour l'avantage que je pourrais en tirer ? Devant ce grand mystère du seul et unique Dieu qui est à la fois Père, Fils et Saint Esprit, faisons silence et rappelons-nous que puisque Dieu est Amour, c’est lui qui m'apprendra à mieux aimer les autres.

           

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Solennité du Saint Sacrement C

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Bible de la liturgie
29 mai 2016
Genèse 14, 18-20
Psaume 109
1 Corinthiens 11, 23-26
Luc 9, 11b -17

Nous venons d’entendre aujourd’hui un évangile merveilleusement simple, mais aussi d’une grande profondeur de sens. Des foules avaient suivi Jésus en Galilée, suspendues à ses lèvres d’où sortait une parole pleine de grâce. Elles avaient été tellement fascinées par la beauté du message qu’elles n’avaient pas vu passer le temps. « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole sortie de la bouche de Dieu ». Jésus annonçait le Règne de Dieu, un univers de bonheur. Et voici qu’il en donne un signe : il donne à manger à ces gens qui ont faim. La pain et le vin dans cette civilisation méditerranéenne qu’est la Bible, sont signe s de rassasiement, de bonheur, d’alliance avec Dieu. La lointaine figure de Melchisédek, apportant pain et vin devant Abraham vainqueur de ses ennemis, en est une préfiguration.

Manger notre pain  et boire notre vin. Un juif pieux – et certes Jésus en était un – ne se met jamais à manger sans bénir Dieu : « Béni sois-tu, notre Dieu, toi qui fais sortir le pain de la terre, et qui crées le fruit de la vigne ! » Mesurons la place importante que tiennent les repas dans les quatre évangiles. Ils sont symboles de la relation d’intimité et de communion que Dieu vient nouer avec les hommes, en son Fils bien-aimé. Toute la création, des galaxies les plus reculées jusqu’au moindre brin d’herbe, est une immense table ouverte que Dieu place devant nous : elle est la première alliance entre le Créateur et l’humanité.

Mais en Jésus, voici qu’il offre une autre fête, le cadeau d’une nouvelle vie. Le pain et le vin de nos tables humaines, fruit de la nature et du travail de l’homme, ne nous empêchent pas de mourir. Et c’est la raison de l’aventure de Jésus : l’Incarnation ! Dans le corps de Jésus, dans ses veines humaines, a coulé la vie divine. La Parole éternelle de Dieu s’est faite homme, pour que l’homme devienne Dieu !

Et en mangeant ce pain devenu  son Corps et en buvant ce vin, transmué en l’alliance en son Sang (2ème lecture), une mystérieuse transformation s’opère. Un ancien rite d’alliance commun à bien des cultures anciennes peut nous le faire comprendre. Les fiancés ou les alliés s’ouvrent délicatement les veines et de leurs deux mains rapprochées ils mêlent les sangs des deux personnes qui contractent alliance.

Semblablement , la création née de l’amour de Dieu, est invitée à recevoir, dans ses veines, la plénitude de la vie. Et c’est le Ressuscité, vivant eu-delà de la mort, qui se donne lui-même pour nourrir en nous la vie éternelle.

Vivre éternellement ! Cela signifie vivre d’un bonheur plénier, sans fin ! Le Vivant fait « transfusion » de sa vie.

Je crois en Dieu créateur de tous les vivants. Je crois en la vie éternelle !

C’est la Fête-Dieu !

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