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| Nativité de Jean Baptiste  | 13e dimanche B |

Nativité de Jean Baptiste

24 juin 2018

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L'Église célèbre la naissance du Sauveur au solstice d'hiver et celle de Jean-Baptiste au solstice d'été. A ces deux fêtes, séparées l'une de l'autre par un intervalle de six mois, on peut donner un même titre, la Noël d’hiver pour Jésus et la Noël d’été pour Jean… Mais pourquoi célébrer la naissance de Jean-Baptiste ? La fête de tous les autres saints est célébrée le jour de leur mort, c’est-à-dire le jour de leur naissance au ciel, de leur naissance à la vie éternelle. Jean-Baptiste est le seul à qui soit réservé cet honneur ; et cela dès le cinquième siècle, car la fête de la Nativité de la Vierge Marie ne fut instituée que beaucoup plus tard.

Alors, pourquoi ce privilège donné à Jean Baptiste ?

Parce qu’il a été sanctifié dès le sein de sa mère Élisabeth, quand il tressaillit d’allégresse devant le Messie que portait en elle Marie. Le petit Jean de 6 mois était déjà en train de « rendre témoignage à la lumière afin que tous croient par lui » (Jean 1,7). Les moines médiévaux qui firent construire la basilique de Vézelay  ont joué sur ce symbolisme de la lumière. Au moment où le jour est le plus long, le 24 juin, l'Eglise invite à fêter la Nativité du Baptiste. « Parmi les enfants des femmes, il n'en a pas surgi de plus grand que Jean le Baptiste » (Matthieu 11,11). Ce jour le plus long de l'année illustre la grandeur du précurseur. C'est à ce moment que se dessine dans la basilique, au pavement de la nef plongée dans un clair obscur, un chemin de lumière (à 12.00 heure solaire, soit 14.00, heure d’été), qui conduit au chœur circulaire et lumineux, symbole de la lumière du Christ. « Celui-là (Jean-Baptiste) n'était pas la lumière » (Jean 1,8). Il ne faut pas s'arrêter à Jean-Baptiste lui même, il en désigne un autre, il montre la route vers un autre. Sitôt la fête passée, les jours cessent de rallonger et bientôt vont raccourcir. « Il faut que lui (Jésus) grandisse et que moi (Jean-Baptiste) je diminue » (Jean 3,30.)

La lumière telle que nous la connaissons ici-bas, ne peut pas croître indéfiniment, elle a une limite, un solstice. Mais ce n'est pas un sujet de tristesse pour autant. « L'ami (Jean-Baptiste) de l'Epoux (Jésus) qui se tient là et qui l'entend est ravi de joie à la voix de l'Epoux. Telle est ma joie et elle est complète » (Jean 3,29). Ce chemin qui mène au chœur et que nous voyons à la Saint Jean est le secret de la joie.

Mais à Noël, quand les jours sont les plus courts, mais qu’ils vont bientôt commencer à s’allonger, l'Eglise célèbre la Naissance de Jésus. Celui qui naît à Noël, c'est lui la lumière. Et là nulle limite, aucune nuit ne met fin au jour que nous apporte Jésus-Christ. Pas même la mort.

Ne sommes-nous pas chacune et chacun appelé à préparer le chemin du Seigneur ? Comment ? De deux manières me semble-t-il. - Être « une voix qui crie dans le désert : préparez le chemin du Seigneur » (Isaïe 40,3). Notre vocation de baptisé, de consacré ou de prêtre est d’annoncer en mots et par toute notre vie notre raison de vivre : Jésus. De semer sa parole. De témoigner de son Amour. Sans vouloir en voir les fruits, sans chercher à en tirer une gloire ou un profit personnel. « Je ne suis pas chargée de vous le faire croire, mais de vous le dire », répliquait Bernadette Soubirous à ceux qui mettaient en doute son témoignage sur les apparitions de Lourdes…

Jean est le modèle du témoin de la présence discrète de Dieu dans ce monde de bruit et de fureur. - Laisser Jésus grandir en nous. Il faut laisser disparaître notre moi égocentrique pour laisser transparaître le Christ en nous. C’est la présence de Jésus en nous qui touche le cœur de nos frères. Rien d’autre. Et pour cela, il nous faut plonger dans les profondeurs de la prière pour devenir des hommes et de femmes qui réfléchissent la lumière de Dieu.

Voici la Saint Jean d’été, la belle journée où crépitent les feux de joie ! « Et toi, petit enfant, on t'appellera prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur pour lui préparer le chemin, …Telle est la tendresse du cœur de notre Dieu ; grâce à elle, du haut des cieux, un astre est venu nous visiter » (Luc 1, 77-78).

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13e dimanche dans l'année B

1er juillet 2018

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« Dieu n’a pas fait la mort. Il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants » Cette phrase de la première lecture doit nous habiter quand nous sommes confrontés à la réalité, si difficile et à certaines heures si effrayante, de la mort et de la violence.La foi permet de laisser parler l’énergie vitale qui nous habite, la foi permet d’espérer l’aurore au bout de la nuit.

Dieu ne s’est pas payé de mots : il est venu partager notre condition jusqu’à l’enfer du mal dont l’homme est capable. « Lui, qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté », nous dit l’apôtre Paul dans la deuxième lecture.

La seule chose qui dépende de nous, c’est une attitude de confiance résolue en Dieu qui est à notre côté dans le combat contre le mal, d’abord en nous et puis dans le monde. L’évangile, lui, présente deux récits imbriqués.

Celui de la femme qui souffrait des pertes de sang est le plus important et explique tout le reste. Elle se bat sauvagement depuis douze ans pour recouvrer la santé et le droit à l’enfant (son état « d’impureté » légale lui défendait tout contact avec un homme), au point d’y avoir dépensés tous ses sous. Ce désir de vivre, ce refus d’une vie diminuée est tellement puissant qu’il l’amène à surmonter sa peur et à entrer en relation de confiane avec Jésus en lui touchant son manteau. L’évangéliste nous dit que Jésus sentit qu’une énergie est sortie de lui. Le texte grec parle de dunamis qui a donné notre mot dynamisme, que les bibles traduisent par force ou puissance, Pour cette femme, cela a été sa deuxième naissance, une naissance qu’elle a choisie elle-même. Elle est rendue par Jésus à la vie et à sa pleine féminité, potentiellement donneuse de vie. « Va en paix et sois guérie de ton mal », lui dit Jésus. Guérie, elle l’est, puisqu’elle vient de passer de l’état de malade et d’exclue à la situation de bien portante, capable de retrouver toutes les qualités de la relation humaine ; sauvée, elle l’est davantage encore, puisqu’elle vient de passer de la crainte et de la superstition à la foi, qui est confiance absolue en celui qui est la Vie.

Le deuxième épisode confirme cette puissance de vie. La manière dont Marc nous fait ce récit et les symboles qu’il utilise, montre qu’il est en train de décrire notre situation de croyant.

La maison dans laquelle entre Jésus c’est l’Église, où il est accompagné par les piliers de la foi que sont Pierre, Jacques et Jean ainsi que les membres de la famille immédiate. C’est cette foi qui porte la petite jeune-fille inconsciente et inanimée.

Pour décrire dans le texte grec le geste de Jésus de prendre la fillette par la main pour la faire se lever, l'évangéliste saint Marc se sert des mêmes mots que ceux qu'il utilisera pour parler de la résurrection. Nous aussi, le croyons-nous, avons reçu par le baptême la même grâce que cette adolescente. Nous sommes passés de la mort à la vie et notre éternité est déjà commencée. Entendons Jésus nous redire : « Debout ! Lève-toi ! Ressuscite ! » Réfléchissons aux situations mortelles dont la foi et la confiance en Jésus nous sauvent…

 Jésus dit alors de faire manger la jeune-fille. Il ne s'agit pas seulement là d'une attention délicate. Celui qui est  passé de la mort à la vie  par le baptême est introduit par là à la table de l'eucharistie. Vivons-en pour ne pas laisser s'engourdir notre foi…

La clé de ce deuxième récit comme du premier est la même : c’est l’énergie de vie générée par la foi, la mienne (ou celle des autres), qui permet de passer de ia mort à la vie. Tous, jeunes ou âgés, mariés ou célibataires, nous sommes appelés, à l'exemple du Christ et chacun à notre manière, à donner la vie, à la nourrir et, le besoin échéant, à la rétablir.

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