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Bible ouverte

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1er dimanche dans l'année B

29 novembre 2020

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Jésus vient à notre rencontre de trois manières différentes. Sa première venue est celle de son Incarnation. « Le Verbe, - la Parole de Dieu -, s'est fait chair » nous dit le prologue de l'évangile de Jean. Dieu, en se faisant homme en Jésus Christ, nous a fait don de toutes les richesses, « celles de la Parole et celles de la connaissance de Dieu » (2ème lecture).

Sa deuxième venue est celle de son retour glorieux, « Jour de notre Seigneur Jésus-Christ ». Ainsi le qualifie saint Paul ( 2ème lecture).

Mais Jésus, dans les textes que nous venons d'entendre, est moins intéressé par la fin du monde que par tout ce que nous avons à être et à faire entre-temps. C'est sa troisième venue qui est de chaque jour. Le Seigneur ne cesse de venir « à la rencontre de celui qui pratique la justice avec joie et qui se souvient de Lui en suivant son chemin », comme nous le rappelle la 1ère lecture. En ce début d’Avent, la liturgie nous recommande : « Ce que je vous dis, je le dis à tous : veillez ! » Autrement dit, de vivre dans l'attente du futur sans s'évader du présent. Car l'évangile prend soin de nous décrire des serviteurs qui, dans l’attente du retour de leur maître, accomplissent fidèlement leur travail. C’est dans le moment présent que je trouve le Seigneur qui déjà vient à moi et qui me prépare à la rencontre définitive avec Lui lorsqu’il reviendra à la fin des temps. Que signifie donc pour nous aujourd'hui cette recommandation : « Veillez ! »

Trois choses me semble-t-il.

- Veiller, c'est entrer davantage dans la prière. C'est descendre plus profondément dans son cœur.  C'est consacrer plus de temps à la prière personnelle, à ce dialogue du cœur à cœur avec Dieu. Ou comme le disait Elisabeth de La Trinité : « Je me tais. Je l'écoute . Je l'aime. » C'est quitter les distractions, les évasions, les futilités du dehors, pour rentrer dans le sanctuaire de notre cœur profond où nous attend la présence divine. Veillez « le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin », c’est-à-dire toute la nuit de notre vie où nous avançons dans l’obscurité de la foi, le cœur en éveil... Cette vigilance fait de nous des hommes et des femmes de désir et de prière. Et si à certains moments, comme dans la parabole, nous avons l'impression que le maître est parti en voyage, il reste au fond de nous la brûlure qu'il y a laissée, l'amour qu'il y a allumé.

- Veiller, c'est concrètement aussi en ce temps de confinement innover en organisant ou en participant à des rencontres priantes en viséo-conférence.

- Veiller, c'est enfin regarder les autres, et surtout les plus démunis, avec un regard purifié par la prière. C'est faire des dons généreux en argent pour les plus démunis, des gestes de solidarité qui sont autant d'actes d'espérance posés au-delà de la fatalité !

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2e dimanche de l'Avent B

06 décembre 2020

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Bonne fête de saint Nicolas !

Le premier mot de l’évangile selon saint Marc est le même que le premier mot de toute la Bible : « Commencement du ciel et de la terre » d’un côté, « Commencement de la Bonne Nouvelle… », de l’autre. Marc nous suggère ainsi qu’en Jésus Dieu prend un nouveau départ, lance une nouvelle création. A nous qui sommes parfois tentés de nous arrêter et de nous décourager, ce temps de l’Avent qui commence nous offre chaque année une chance de repartir, une occasion de ranimer en nous la flamme de l’espérance.

« Bonne Nouvelle » : le mot, souvent transcrit du grec par « évangile », n’est pas un livre. La « Bonne nouvelle », c’est la résurrection, c’est Pâques. Notre foi nous ouvre à une heureuse, extraordinaire et joyeuse « nouvelle » : le Seigneur vient, il nous ouvre dès maintenant les portes de la vie, nous sommes en train d’être divinisés ! Nous sommes faits pour vivre toujours, en Christ, fils et filles bien-aimés du Père.

Mais, et c’est la grâce de Jean le Baptiseur de nous le rappeler, nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre passivement que Dieu vienne. Il nous faut « préparer la route au Seigneur »… Chaque année, il nous invite à la conversion du cœur. Et nous en connaissons les moyens : reprendre la méditation de la Bible, retrouver le chemin d’une prière plus profonde et plus longue, partager avec les plus démunis et recevoir le sacrement de réconciliation. La venue du Seigneur se prépare d’abord en nous. Cherchons à enlever de nos vies tout ce qui n’est pas de Dieu. Apprenons à ne plus juger ou condamner notre frère, même si ses actions sont mauvaises. En le rejetant, nous rejetterions aussi Dieu qui est en lui. Déchirons les voiles de mensonge qui assombrissent nos jours. Abattons les idoles qui en nous prennent la place de Dieu. Allons au bout de notre pauvreté, de notre souffrance, de notre blessure pour rencontrer « Celui qui vient faire toutes choses nouvelles », Celui dont « la gloire se révèlera », Celui qui nous façonne « un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice ».

Et, plus que par ses paroles, Jean le Baptiste peut nous aider par tout ce qu’il est. Il attirait les foules et même les princes, il aurait aisément peut jouer au Messie. Il avait tout pour briller, pour incarner le personnage dont rêvaient ses contemporains. Il s’est obstiné à préférer le courage, l’ombre, la nuit, la mort dans l’oubli de soi et les oubliettes d’Hérode. Il a su vivre en profondeur sa mission, sans se rechercher. Il n’a été qu’une voix qui crie pour tracer le chemin à un Autre. A mesure qu’il renoncera aux joies humaines pour être sans partage et sans compromis à sa mission, il verra étonné monter en lui la Joie, celle de « l’Ami de l’Epoux ». « Ma joie est parfaite », dira-t-il peu avant sa mort. Quel énorme saint ! « Parmi les enfants des femmes, il n’en est pas de plus grand », dira Jésus.

 Devenons aussi, en ce temps d’Avent, des précurseurs. Recevons par Jean la grâce d’accueillir, de donner goût, d’indiquer un chemin, de proposer la joie de l’expérience intime du Christ, de désigner l’Autre sans retenir à nous. « Il faut que Lui grandisse, et que moi je diminue ».

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