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Calendrier liturgique 2015-2016 - Année C
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Saint François

Premier dimanche de carême C

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Bible de la liturgie
14 février 2016
Deutéronome 26, 4-10
Psaume 90
Romains 10, 8-13
Luc 4, 1-13

Marchons quarante jours et quarante nuits à la rencontre de Dieu, comme Moïse avant de  recevoir les Tables de la Loi, comme Élie en route vers la montagne de l'Horeb, et comme Jésus après son baptême. Marchons et combattons ! Nous avons quarante jours pour montrer au Seigneur combien nous l'aimons et combien nous sommes prêts à renoncer à cette partie de nous-mêmes qui nous éloigne de Lui. C’est un temps d'épreuve, certes, mais aussi un temps de fête, car c’est la victoire de l'amour sur le péché.

Pour vivre ces quarante jours de désert, pour nous laisser purifier par le sable et le feu, nous avons un compagnon : Jésus lui-même. Il n'aurait pas été pleinement homme s'il n'avait pas été soumis à la tentation.  Il a déjà vaincu pour nous les forces du mal.

Car au désert, il y a aussi le diable. En fait le diable est partout et surtout au-dedans de nous. Il est composé de toutes ces forces qui nous abîment, de toutes ces puissances de mort, de haine, d'égoïsme, de jouissance suicidaire qui nous habitent mais dont nous sommes obscurément complices. Il est dans ces duretés qui nous coupent des autres et de nous-mêmes. Il est le diviseur, le menteur, celui qui nous perd et nous désespère.

Il n'aime pas le désert. Il préfère les espaces plus riches et plus tranquilles où il peut nous manipuler sans que nous nous en apercevions. C’est dans le silence du désert où nous pouvons le mieux le démasquer. C'est dans désert, des privations volontairement assumées que nous pouvons témoigner que nous sommes capables de faire triompher la lumière sur l'ombre, la vie sur la mort, l'être sur le paraître, l’amour gratuit sur la possession qui étouffe.

Saint Luc nous dit que ces forces diaboliques qui divisent les hommes et qui les séparent de Dieu sont au nombre de trois. Il y a d'abord l'envie de changer les pierres en pain, l'envie de vouloir tout manger, tout absorber, tout assimiler, même ce qui est immangeable, même ce qui résiste le plus fortement à notre convoitise, même les pierres, même les autres.

Il y a ensuite l'envie de dominer tous les royaumes de la terre, l'envie d'imposer sa volonté, l'envie d'utiliser les autres pour réaliser ses propres projets.

Il y a enfin l'envie insidieuse de tenter Dieu, de le mettre à l’épreuve, en lui demandant de nous donner une vie facile, faites de plaisirs et de joies. Au contraire, prier Dieu, c’est lui demander de nous donner la force de vivre à fond les moments faciles mais également les moments difficiles. La force de mener une vraie vie et non pas une vie rêvée. La force d’être ce que nous sommes capables d’être et de ne jamais nous arracher à ce que la vie attend de nous. Nous ne sommes sur terre ni pour souffrir, ni pour vivre facilement, mais pour vivre intensément le moment présent.

Oui, le Carême est un joyeux combat ! En nous dépossédant de tout ce qui enchaîne notre liberté, il nous permet de faire de nos vies un moyen d’aimer mieux et, par le partage de ce que nous sommes et de ce que nous possédons, de faire surgir un monde plus juste et pacifié.

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Deuxième dimanche de carême C

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Bible de la liturgie
21 février 2016
Genèse 15, 5-12. 17-18
Psaume 26
Philippiens 3, 17 -4, 1
Luc 9, 28b-36

Un fil d’or court tout au long de la tapisserie des lectures de ce deuxième dimanche de carême. Ce fil d’or, c’est la confiance.

Voyez plutôt l’histoire d’Abraham. A son époque, les chefs de tribus faisaient alliance par un rite semblable à celui auquel nous assistons ici : des animaux étaient sacrifiés ; Les contractants passaient tous les deux entre les morceaux écartelés, signifiant par là le sort qui les attendrait s’ils ne respectaient pas leurs engagements : « Qu’il m’arrive le sort subi par ces animaux si je ne suis pas fidèle à l’alliance que nous contractons aujourd’hui ».
Abraham accomplit donc les rites habituels, mais pour une alliance avec Dieu. Mais observons ici que cette alliance est unilatérale : Dieu seul s’engage, sans conditions préalables. « Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux s’empara d’Abraham, une sombre et profonde frayeur le saisit. Après le coucher du soleil, il y eut des ténèbres épaisses. Alors un brasier fumant et une torche enflammée passèrent entre les quartiers d’animaux. » A propos d’Abraham, le texte parle de « sommeil mystérieux » : le même qui saisit Adam pendant que Dieu créait la femme, le même que celui qui accable les apôtres sur la montagne ; quand l’homme se réveille, c’est une aube nouvelle, une création nouvelle qui commence. Dans l’Alliance ; c’est Dieu qui a toute l’initiative ; la seule attitude demandée à l’homme, c’est de faire confiance : « Abraham eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste. » Croire c’est « TENIR », faire confiance jusqu’au bout, même dans le doute, le découragement, ou l’angoisse. Telle est l’attitude d’Abraham.

Le psaume exprime en d’autres mots cette confiance : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? Le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerais-je ? » Dans la joie et dans la peine, dans les épreuves et les contrariétés, nous avons à approfondir notre confiance : « le Seigneur est ma lumière et mon salut. ». Il nous faut tout autant creuser notre espérance : « Je verrai la bonté du Seigneur... »

Cette espérance nous la retrouvons dans le message que Paul à ses chers Philippiens : « Mais nous, nous sommes citoyens des cieux ; c’est à ce titre que nous attendons comme sauveur le Seigneur Jésus-Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux. » Dire que nous attendons Jésus-Christ comme sauveur, c’est dire que nous mettons toute notre confiance en lui et pas en nous-mêmes !
Au moment de la prière de Jésus sur la montagne, les trois apôtres sont eux aussi « accablés de sommeil », de ce sommeil mystérieux qui indique l’action de Dieu. A leur réveil, Dieu leur révèle le mystère de son Fils transfiguré. La montagne qui nous fait penser au Sinaï ou à l’Horeb. Nous sommes moins étonnés, du coup, de la présence de Moïse et Elie aux côtés de Jésus. Moïse était redescendu du Sinaï le visage rayonnant de gloire à son insu. (Exode 34, 29-30). Quant à Elie, au bruissement d’une brise légère, il s’était voilé le visage avec son manteau. (1 Rois 19, 8). Dans la nuée lumineuse, la voix du Père supplie : « Ecoutez-le ». Ces mots renvoient au « Shema Israël », « Ecoute Israël ». C’est la profession de foi quotidienne, le rappel du Dieu Unique à qui Israël doit sa libération amorcée par Dieu avec Abraham, poursuivie avec Moïse, pleinement accomplie en Jésus, pour tous ceux qui l’écouteront. Ce n’est pas l’ordre d’un potentat ombrageux, mais la supplication d’un Père aimant : « Ecoutez-le », faites-lui donc confiance.

Pierre, hébété devant le visage transfiguré de Jésus, aurait voulu s’installer là pour toujours : « Maître, il est heureux que nous soyons ici; dressons trois tentes... » Mais Luc dit bien que « Pierre ne savait pas ce qu’il disait. » Il n’est pas question de se mettre à l’écart du monde et de ses problèmes. Car c’est dans notre quotidien que nous avons à vivre la transfiguration. Jour après jour, nous marchons vers la transformation.de l’humanité tout entière dans le Fils Unique. Comme le dit Saint Paul : « Nous sommes citoyens des cieux. » Et ce, dès maintenant !

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