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Calendrier liturgique 2014-2015 - Année B

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Saint François


Troisième dimanche de Pâques B

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Bible de la liturgie
19 avril 2015
Actes des Apôtres 3, 13-15. 17-19
Psaume 4
1 Jean 2, 1-5a
Luc 24, 35-48

Parmi les récits de résurrection, celui de Luc que nous venons d’entendre est celui qui insiste le plus sur la réalité corporelle de l’au-delà de la mort. Ecrivant pour des lecteurs grecs, dont les schémas mentaux, à la suite du grand philosophe Platon, parlaient de l’immortalité de l’âme, abandonnant « la prison du corps », Luc veut manifestement affirmer que Jésus ressuscité n’était pas seulement une âme. En médecin qu’il était, habitué à ausculter les corps, il insiste avec un luxe de détails réalistes sur les aspects biologiques : les mains, les pieds, les cicatrices et jusqu’à l’estomac ! « Touchez-moi... regardez... donnez-moi à manger ! » Décidément, pour Luc, le ressuscité d’aujourd’hui est bien le crucifié d’avant-hier ! Le signe des clous permettra aux témoins d’annoncer que son humanité, corps et âme indissociablement liés, est habitée par une personne divine. Elle est désormais indestructible, à tout jamais. Ce signe annonce que, nous aussi, nous serons saisis et transformés, sans être détruits, dans la résurrection de tout notre être.

Car Dieu nous veut vivants et la réussite totale de son dessein créateur s’achève dans une résurrection de la chair pour chaque personne, pour chaque individu personnel. Le modeste récit de Luc nous montre bien que c’est le corps du crucifié, encore labouré de cicatrices, qui est ressuscité, mais dans un mode d’existence qui nous dépasse... comme tout ce qui est divin, d’ailleurs !

Un indice de l’authenticité de ce récit est la surprise des apôtres que l’événement laisse stupéfaits et remplis de peurs. « Dans leur joie, ils n’osaient pas y croire », dit simplement l’évangile. Cette crainte montre bien qu’ils n’ont pas inventé cette histoire ni échauffé leur imagination.

Eh bien que ce réalisme de la résurrection de Jésus, qui annonce notre propre résurrection charnelle, nous aide à passer d’une foi du bout des lèvres à une foi dans nos comportements de vie quotidienne. C’est dans le concret de nos situations familiales, professionnelles et de responsabilités que doit s’incarner notre foi.

Nous pouvons tirer un autre enseignement de ce récit de saint Luc. Jésus ressuscité introduit longuement les apôtres à l’intelligence des Ecritures. En ce temps de Pâques, demandons la grâce de recevoir le goût de la Parole de Dieu.   L’Eglise nous en offre, en bonne mère de famille, des tranches chaque jour, et une part plus importante le dimanche. Sachons l’accueillir, dans le cœur, et nous en nourrir pour la vivre dans le quotidien.

 

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Quatrième dimanche de Pâques B

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Bible de la liturgie
12 avril 2015
Actes des Apôtres 4, 8-12
Psaume 117
1 Jean 3, 1-2
Jean 10, 11-18

Imaginons un moment quel bouleversement apportaient saint Jean ou saint Paul lorsqu'ils annonçaient aux parias des grandes cités de l'Empire romain, à ces masses d'esclaves exploités, aux mal-aimés d'Ephèse ou de Corinthe, accablés sous le poids d'un destin implacable, qu'ils étaient aimés - infiniment - par Dieu!. Tout se renversait à leurs yeux et à leur profit !

Le monde de Dieu n'est pas le monde du pouvoir, n'est pas le monde de l'avoir, n'est pas le monde du savoir. Il est le monde de l'amour, parce que Dieu est Amour. « Voyez comme il est grand l'amour dont Dieu nous a comblés : Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu «. Et ajoute Jean, l'inimaginable s'est produit : «Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu, et nous le sommes » (Deuxième lecture).

Oui, par le baptême, nous devenons le fils, la fille bien-aimée de Dieu en étant de plus en plus identifiés au Fils Unique qu'est Jésus, dont le « nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver. » (Première lecture). Il suffit d'accepter de nous laisser aimer ! C'est là l'importance de la prière dans nos vies, où nous goûtons la joie de nous sentir aimés et prenons profondément conscience de notre dignité.

Cet Amour de Dieu, l'évangile nous en montre l'une ou l'autre facette par l'image du Bon Pasteur. Jésus se présente comme « le » Beau Berger,  celui qui s'engage et fait ses preuves. Ce lui qui prend le risque d'être rejeté et qui  dépose sa vie, qui donne sa vie, qui est prêt à tous les dangers pour protéger le troupeau dont il a la garde.

Et il ajoute ce nouveau trait : « Je connais mes brebis «. Il est le vrai berger qui appelle chacune de ses brebis par son nom. Il est ce pasteur capable de partir à la recherche de celle qui s'est perdue. Connaître, ce n'est pas posséder un savoir purement cérébral, comme on dit d'un ministre qu'il « connaît bien ses dossiers ». Connaître, pour la Bible, signifie aimer. Et cet amour est réciproque. Le Bon Berger connaît ses brebis, et ses brebis le connaissent. J'ai habité, il y plus de 30 ans, une maison que bordait une grande prairie avec des moutons. Le mois de mars était enjolivé par la naissance des agneaux. Mais lorsque j'essayais de les approcher, ils me fuyaient. Mais  quelle fête et quels bondsne réservaient-ilspas à leur berger qu'était mon voisin !

Oui, les brebis de Jésus l'aiment d'une connaissance intime ! Cette connaissance, Jésus n'hésite pas à la comparer à celle du Père pour le Fils, du Fils pour le Père :

« Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent, comme le Père me connaît, et que je connais le Père.
»
 

Cette image du Pasteur Jésus l'étend aux dimensions de toute l'humanité. Il est le Pasteur universel. De manière ou d'autre, tous les hommes font partie de sa bergerie. Mais hélas, le péché, les mauvais guides, les faux prophètes les ont dispersés. Jésus vient pour « rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11, 52).Tout homme un jour, si perdu soit-il, entend sa voix et se sent regardé avec bienveillance par lui. Une inscription chrétienne datant du second siècle dit d'un certain Abercius : « Je suis le disciple d'un saint Pasteur, qui fait paître ses troupeaux sur les montagnes et dans les plaines, qui a de grands yeux, dont le regard atteint partout. »  Jésus est ce Pasteur aux grands yeux dont la mort a supprimé les enclos pour élargir la bergerie aux dimensions de l'univers. La communauté de Jésus est à la fois le petit troupeau de ceux qui le connaissent et lui sont fidèles, et la foule immense de ceux qu'il sauve très largement.


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