logo
Calendrier liturgique 2015-2016 - Année C
| 18e dimanche C | 19e dimanche C |

 Sant François

 

18e dimanche dans l'année C

Imprimer l'homélie
Une autre homélie ?
Abonnez-vous aux homélies

Bible de la liturgie
31 juillet 2016
Qohélet 1, 2 ; 2, 21-23
Psaume 89
Colossiens 3, 1-5.9-11
Luc 12, 13-21

Pour mieux comprendre l'évangile de ce jour, il convient d'avoir une idée de la législation de l'époque du Christ. Pour sauvegarder le patrimoine familial, le droit juif prévoyait que la totalité des propriétés immobilières (terres et maisons) revenait au fils aîné, ainsi que qu'une double part des biens mobiliers. C'était le droit d'aînesse. La situation la plus probable qui est ici exposée, c'est donc qu'un « aîné » s'est emparé de tout l'héritage et refuse de remettre à son cadet la petite part qui lui revient. On demande l'arbitrage de Jésus.

Or la réaction de Jésus est surprenante : « Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? » C'est donc pour le moins, une dérobade ! Essayons de la comprendre. C'est un peu comme si Jésus se défendait d'entrer dans les affaires temporelles, dans les questions d'argent. C'est une tentation constante des hommes de demander à la religion de sacraliser leur parti, leurs options temporelles, leurs intérêts. Jésus refuse cette confusion. Il renvoie l'homme à ses responsabilités. C'est à nous de trouver des moyens pour assurer un partage équitable et une gestion équilibrée des ressources de la planète. Il faut chercher, imaginer, se concerter pour établir de bons choix politiques, écologiques et économiques.

Jésus donc n'entre jamais dans les problèmes que l'homme doit résoudre lui-même. Mais il indique où se trouve l'essentiel et où il n'est pas : « Gardez-vous de toute cupidité, car au sein même de l'abondance, la vie d'un homme n'est pas assurée par ses biens. » L'essentiel n'est pas le service de l'argent ou du profit (qui sont de simples moyens), c'est le service de l'homme. C'est « la vie de l'homme » qui est première, et non la richesse ! Et Jésus explicite sa pensée en racontant la petite parabole sur les soucis d'un riche propriétaire. Le voici donc avec une retraite substantielle, des réserves en abondance, de nombreux intérêts à percevoir, de beaux voyages en perspective, des week-ends gastronomiques... Tu es fou ! dit Dieu. L'infarctus te guette et le cancer te menace. Et tout ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ? « Un homme s'est donné de la peine ; il était avisé, il s'y connaissait, il a réussi. Et voilà qu'il doit laisser son bien à quelqu'un qui ne s'est donné aucune peine. Cela aussi est vanité... » entendions-nous dire par le vieux Qohélet, dans la première lecture. Jésus comme l'auteur de l'Ecclésiaste nous parlent de la déception des réalisations terrestres lorsque l'homme met sa confiance qu'en elles seules. Le monde laissé à lui seul est absurde. Mais alors, que faire ? Quelle attitude adopter ?

La lettre de saint Paul aux Colossiens vient répondre à cette question. « Vous êtes morts et votre vie est désormais cachée en Dieu avec le Christ. » Qu'est-ce à dire ? Il y a le monde des apparences, celui qui se voit, qui se compte, qui se mesure, celui que la raison peut classer et systématiser, celui dans lequel nous sommes le plus à l'aise, celui que nous appelons le réel, le concret. Mais rien de cela ne peut vraiment donner un sens définitif à notre vie. Et puis ce monde-là est traversé par une autre réalité en cours de gestation. A travers les heurs et malheurs de l'histoire, un nouveau monde est en train de sortir de la gangue des apparences. Ne vous enchaînez pas, semble suggérer Jésus, au service du faux dieu argent, idole impitoyable qui détruit, en les déshumanisant, ceux qui s'échinent à gagner toujours davantage. La « vie de l'homme » ne s'achève pas ici-bas. Le coffre fort ne suit pas le cercueil ! C'est Dieu qui est la seule valeur stable, éternelle. Tout le reste est éphémère, passager, « vapeur de vapeur » ou « vanité de vanité » comme disait Qohélet... Il est fou celui qui réduit son horizon à la terre; il est sage celui dont la richesse est en Dieu.

Mais attention ! Ne faussons pas la pensée de Jésus. La richesse n'est pas mauvaise en soi. Tant mieux si votre compte en banque est bien fourni. La seule question est de savoir « pour qui » vous le dépensez. Est-ce que vous faites servir vos biens ? Est-ce que votre souci essentiel est l'amour ? L'argent peut être bon s'il n'est pas uniquement « pour soi-même »...

haut


19e dimanche du temps ordinaire C

Imprimer l'homélie
Une autre homélie ?
Abonnez-vous aux homélies

Bible de la liturgie
07 aoûtt 2016
Sagesse 18, 6-9
Psaume32
Hébreux 11, 1-2.8-19
Luc 12, 32-48

« Dans la foi, Abraham partit, ne sachant où il allait. » Au 4ème siècle, un Père de l'Église, commentant cette phrase de la lettre aux Hébreux, notait simplement : « Signe qu'il était dans la bonne direction. » Être chrétien, c'est être nomade, être pèlerin, être de passage, être en route… Chaque  croyant est un homme en chemin. A l’image de son Dieu qui n'a pas où reposer la tête... qui, pour nous les hommes, est descendit du ciel ; il s'est fait homme, est mort, descendu aux enfers ; il monta au ciel ; il reviendra dans la gloire…

Notre foi n'est pas la fidélité à un passé pétrifié, l'immobilité dela momie liée à ses bandelettes. Notre foi est une marche persévérante vers l'avant à la suite du Bien-Aimé. Chaque jour est un défi. « L'Église, disait Jean XXIII, n'est pas un musée d'archéologie, mais la fontaine au milieu du village qui donne l'eau vive aux hommes d'aujourd'hui, comme elle l'a donnée à ceux d'autrefois. » « De commencement en commencement, et le commencement de biens toujours plus grands n' aura jamais de fin ».(Grégoire de Nysse, 8e homélie sur le Cantique des Cantiques).

L'évangile de ce jour nous propose une autre image : celle de celui qui veille dans la maison. Car « le Maître viendra à l'heure que tu ne sais pas. » Attendre, le jour et la nuit, comme on attend un ami, un enfant, l'amour de sa vie. Abraham, au chêne de Mambré, a accueilli « celui qui passe ». Et celui qui passe était trois. Le Père prodigue a veillé et couru. Le bon Samaritain s'est arrêté. A Emmaüs, le pain a été rompu.

Les routes ont leur étapes ; les déserts ont leur oasis. Les chemins se croisent.  A chacun d'être pour les autres l'oasis et la table ouverte. A chacun de se constituer le trésor inépuisable qu’est l'amour d'autrui, le temps gratuitement offert à l'homme en détresse, aux petits, aux sans abris. Le trésor inaltérable, c'est de ramasser notre frère qui comme un petit oiseau a été vidé de son nid par la vie trop dure ; c'est « habiller de velours pauvres et malandrins », comme le chantait Jacques Brel.

Reste encore une dernière étape qui s'ouvre au pèlerin. Saint Augustin l'évoquait déjà dans ses « Confessions » : «  Je te cherchais dehors : je ne t’"ai pas trouvé ; car tu étais en moi et moi je n'étais pas chez moi. »  «Arrête !  Où cours-tu, le ciel est en toi.Si tu cherches Dizeu ailleurs, tu le manques à tous les coups. » (Angelus Silesius, Le pèlerin chérubinique , I, 82).

C’est aussi tout le message d’Elisabeth de la Trinité : « Il me semble qu’au Ciel, ma mission sera d’attirer les âmes en les aidant à sortir d’elles pour adhérer à Dieu par un mouvement tout simple et tout amoureux, et de les garder en ce grand silence du dedans qui permet à Dieu de s’imprimer en elles, de les transformer en Lui-même. »

La grande aventure, elle est en toi, elle est en moi. Peut-être au cœur  d'un amour ; peut-être sur un lit de souffrance, dans le drame d'une déchirure, d'une solitude ou d'un deuil… mais toujours dans la fidélité à la prière d’oraison…. Les grandes routes passent par le  dedans.

haut

Abonnez-vous ici