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Calendrier liturgique 2013-2014 - Année A

Dernière modification de la page : 25-09-2014

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Saint François

26e dimanche dans l'année A

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Bible de la liturgie

28 septembre 2014
Ezéchiel 18, 25-28
Psaume 24
Philippiens 2, 1-11
Matthieu 21, 28-32

Ézéchiel, Paul et Jésus s'entendent aujourd'hui pour nous dire que les jeux ne sont jamais faits d'avance. Quel que soit notre passé, si lourdes soient nos fautes, tout est toujours possible. On peut se refaire à neuf et repartir à nouveau. «Convertissez-vous et vous vivrez ». Notre avenir dépend de nous. Tout homme, chaque jour, brise ou forge ses chaînes. Mais Dieu nous offre à tout instant sa grâce.

L'évangile commence comme la parabole de l'enfant prodigue : « Un homme avait deux fils ». Les deux fils, dans la pensée de Jésus, représente une seule et même personne.

A certains moments, nous sommes le premier fils, celui qui commence par dire «non», puis va travailler à la vigne du père. Jésus est celui qui n'enferme jamais personne dans son passé. Dans nos difficultés actuelles, il voit l'homme nouveau qui difficilement va, peut-être, en naître. Pour Dieu, il n'y a pas de bons définitifs ni des mauvais définitifs. Il y a des hommes et de femmes en marche, qui avancent … ou qui reculent.

Nous collons si aisément des étiquettes aux autres. Nous ne croyons guère à la sincérité de celui qui semble se convertir et nous imaginons mal des gens honnêtes se dévoyer. Non, pour Dieu, tout reste possible. Retenons cette première pointe, pleine d'espérance. Ceux qui répondent non à leur Père du ciel, et je suis de ceux-là à certaines heures, peuvent se convertir, dire «non» et obéir quand même.

Mais c'est avant tout sur le second fils que l'accent est mis. Les belles paroles ne peuvent suffire. Un «oui» donné des lèvres seulement, mais non suivi d'actes ne signifie rien.  « N'aimons ni en paroles ni en langue, mais en actes et en vérité », dira saint Jean (1Jean 3, 18).

Comme nous sommes loin de cette espèce de justification mauvaise des tiédeurs et des lâchetés envers Dieu que révèle la formule facile : « je suis croyant non pratiquant », ou l'accusation des pratiquants     « de ne pas être meilleurs que les autres ». Cela équivaut à dire « oui » à Dieu par les lèvres et « non » par les actes. Ce ne sont pas les professions de foi qui comptent, mais les comportements de foi. Et en jugeant les autres du haut d'une prétendue vertu, les néo-pharisiens d'aujourd'hui font du petit troupeau resté fidèle l'objet de railleries désinvoltes.

Mais retenons, nous aussi, qu'il ne suffit de pratiquer pour être automatiquement des « justes ». A tout moment, nous nous retrouvons dans les deux rôles. Le seul vrai juste, c'est Jésus. Et, lui, a porté notre péché pour que, justement, celui qui refuse ou se contente de belles paroles retrouve le chemin de la vraie vie, à l'exemple de saint Paul.

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27e dimanche dans l'année A

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Bible de la liturgie
05 octobre 2014
Isaïe 5, 1-7
Psaume 79
Philippiens 4, 6-9
Matthieu 21, 33-43

Avec quelle attention, les vignerons soignent les ceps de leur vigne ! Comment ce prophète et grand poète qu'était Isaïe n'y aurait-il pas vu le symbole de toutes les prévenances de Dieu pour son peuple ! Israël était la vigne bien aimée de Dieu. Que n'a-t-il pas fait pour elle ? Quels plants de choix n'a-t-il pas soigneusement planté ? Or qu'a-t-il récolté au jour des vendanges ? Les raisins de la déception, les grappes de l'amertume. Que donnent nos raisins au pressoir de ce début de 21e siècle ? Saurons-nous, mieux que nos pères dans la foi, répondre à l'amour par l'amour ?
Jésus reprend le thème biblique de la vigne à la fois choyée et décevante. N'est-ce pas, hélas ! , une sorte de raccourci de l'histoire de l'humanité. A chacune de nos eucharisties, nous rappelons le plan de Dieu sur l'homme par les deux thèmes de la création, symbolisée par la joie du vin, et celui de la rédemption, symbolisée par le sang versé.

Ce que Dieu offre à l'homme, dans sa création, c'est comme un vignoble à cultiver, du raisin à cultiver, du vin à goûter… Et le vin, précisément, est un produit du travail de l'homme. Il y faut tout un savoir-faire. Ainsi, l'image du vin nous dit que Dieu n'a pas achevé sa création. Il nous l'a donnée pour que nous l'achevions. Comme le maître de la parabole, il s'est discrètement retiré. Ce retrait n'est pas un désintérêt, mais une façon de mettre en évidence le sens des responsabilités et la liberté de ces hommes que Dieu aime.

A une telle discrétion et à une telle confiance, les vignerons ne répondent que par l'insolence. L'homme d'aujourd'hui comme du temps de Jésus veut se passer de Dieu ou, ce qui est pire,l'embrigader au service des ses passions (tuer, violer, opprimer sous un soi-disant mandat divin !) Il ne veut gérer la vigne qu'à son seul profit égocentrique. Il s'en croit le maître. L'actualité nous montre à suffisance l'horreur de ce crescendo dans l'appétit d'avoir et d'avoir toujours plus, dans la sofr de pouvoir et de domination.

C'est alors que joue le second thème de la parabole, celui du sang versé, signe de la rédemption. Les refus obstinés des hommes ne peuvent pas empêcher Dieu de poursuivre son projet d'amour. Il s'obstine à croire en l'homme. Il ose le risque suprême. Il décide d'envoyer son propre Fils : « Ils respecteront mon fils ». Il entreprend la démarche incroyable : l'incarnation. « Dieu a tellement aimé le monde qu'il lui a donné son Fils unique », dit saint Jean.

Hélas ! Ce fut la tragédie : « Voici l'héritier : allons-y, tuons-le ! » Mais de son sang versé jaillira une aventure nouvelle, la rédemption : « La pierre rejetée des bâtisseurs deviendra la pierre d'angle ». Quand les hommes tuent Jésus, quand tu rejettes Jésus, il continue à être la base solide de tout l'édifice de l'humanité. Seulement, toi, tu peux passer à côté du bonheur offert par Dieu : la vigne portera son fruit, par d'autres, qui boiront le bon vin du Royaume, car l'œuvre de Dieu ne peut que réussir.

Osons nous interroger : n'y a-t-il pas dans nos attitudes, et jusque dans nos engagements, de sournoises tentatives d'être propriétaires de la parole et du pouvoir ? Nous ne sommes que les intendants du Seigneur. Soyons de modestes et de bons ouvriers de sa vigne.

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