Homélies


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Quatrième dimanche de Pâques B

25 avril 2021

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Nous sommes peut-être trop habitués à entendre dire que Dieu est notre Père et qu'il nous aime. Nous sommes devenus des enfants gâtés et blasés qui ne s'étonnent plus. Mais quel bouleversement lorsque saint Jean ou saint Paul l'annonçaient aux parias des grandes cités de l'Empire romain, à ces masses d'esclaves exploités, aux mal-aimés d'Ephèse ou de Corinthe. Tout se renversait à leurs yeux et à leur profit.

Le monde de Dieu n'est pas le monde du pouvoir, n'est pas le monde de l'avoir, n'est pas le monde du savoir. Il est le monde de l'amour, parce que Dieu est Amour. « Voyez comme il est grand l'amour dont Dieu nous a comblés». Et ajoute Jean, l'inimaginable s'est produit : « Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu, et nous le sommes » (Deuxième lecture). Oui, par le baptême, nous devenons le fils, la fille bien-aimée de Dieu en étant de plus en plus identifiés au Fils Unique qu'est Jésus, dont le « nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver. » (Première lecture). Il suffit d'accepter de nous laisser aimer ! C'est là l'importance de la prière dans nos vies, où nous goûtons la joie de nous sentir aimés et prenons profondément conscience de notre dignité.

Cet Amour de Dieu, l'évangile nous en montre l'une ou l'autre facette par l'image du Bon Pasteur. Jésus se présente comme « le » Beau Berger, celui qui s'engage et fait ses preuves. Celui qui prend le risque d'être rejeté et qui dépose sa vie, qui donne sa vie, qui est prêt à tous les dangers pour protéger le troupeau dont il a la garde. Et il ajoute ce nouveau trait : « Je connais mes brebis ». Il est le vrai berger qui appelle chacune de ses brebis par son nom. Il est ce pasteur capable de partir à la recherche de celle qui s'est perdue. Connaître, ce n'est pas posséder un savoir purement cérébral, comme on dit d'un ministre qu'il « connaît bien ses dossiers ». Connaître, pour la Bible, signifie aimer. Et cet amour est réciproque. Le Bon Berger connaît ses brebis, et ses brebis le connaissent.

J'ai habité, il y plus de dix ans, une maison que bordait une grande prairie avec des moutons. Le mois de mars était enjolivé par la naissance des agneaux. Mais lorsque j'essayais de les approcher, ils me fuyaient. Mais quelle fête et quels bonds réservaient-ils à leur berger qu'était mon voisin ! Oui, les brebis de Jésus l'aiment d'une intime connaissance ! Cette connaissance, Jésus n'hésite pas à la comparer à celle du Père pour le Fils, du Fils pour le Père. « C'est comme si, écrit un commentateur, le milieu lumineux dans lequel se rencontrent le cœur du Fils et le cœur du Père s'élargissait pour devenir celui dans lequel se rencontrent le cœur de Jésus et celui de ses brebis ».

Cette image du Pasteur Jésus l'étend aux dimensions de toute l'humanité. Il est le Pasteur universel. De manière ou d'autre, tous les hommes font partie de sa bergerie. Mais hélas, le péché, les mauvais guides, les faux prophètes les ont dispersés. Jésus vient pour « rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés » (Jean 11, 52).Tout homme un jour, si perdu soit-il, entend sa voix et se sent regardé avec bienveillance par lui.

Une inscription chrétienne datant du second siècle dit d'un certain Abercius : « Je suis le disciple d'un saint Pasteur, qui fait paître ses troupeaux sur les montagnes et dans les plaines, qui a de grands yeux, dont le regard atteint partout. » Jésus est ce Pasteur aux grands yeux dont la mort a supprimé les enclos pour élargir la bergerie aux dimensions de l'univers. La communauté de Jésus est à la fois le petit troupeau de ceux qui le connaissent et lui sont fidèles, et la foule immense de ceux qu'il sauve très largement.

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Cinquième dimanche de Pâques B

02 mai 2021

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Comment devenir disciple de Jésus ? C’est à cette question qu’ont commencé à répondre les deux premiers disciples de Jésus, lorsque le Baptiste désigne Jésus en disant : « Voici l'Agneau de Dieu. » (Jean 1, 36.) La question posée à Jésus par les deux disciples avait alors été : « Où demeures-tu ? » et sa réponse : « Venez et vous verrez. » Ils ont suivi Jésus pendant sa vie publique, ils ont vu où il demeurait, et ils ont cru en lui. Il leur faut maintenant aller plus loin.

C'est pourquoi, dans l'extrait de l'Évangile de Jean qui nous est proposé aujourd'hui, Jésus achève d'expliquer à ses disciples ce qu'est être son disciple. Nous sommes lors du dernier repas. Judas vient de sortir pour le livrer. Jésus fait ses adieux et donne les dernières recommandations à ses amis. Il leur apprend comment vivre en son absence, comme disciples.

L’image de la vigne a pour but de faire entrer les disciples dans la relation qu'ils doivent avoir avec lui. Une relation de grande proximité, malgré l'absence, car elle se vit dans la communion. « De même que le sarment ne peut porter du fruit par lui-même s'il ne demeure sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez en moi. » La fécondité des disciples dépend de leur proximité avec le Christ. En restant liée au Seigneur, l'Église porte du fruit. « Demeurez en moi, comme moi en vous. »

« Où demeures-tu ? », avaient demandé les deux disciples. Puisqu'ils ont manifesté dès le commencement leur souci de suivre Jésus là où il demeurait, il leur faut maintenant garder ce désir de demeurer avec lui : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là donne beaucoup de fruit. »

Ce que les premiers disciples découvrent nous concerne aussi. Comme chrétiens, la première des exigences concerne notre relation avec le Christ. Elle est faite d’un lien vital, profond, dans la confiance. C’est uniquement dans une intimité unique avec le Christ que nous pourrons véritablement porter du fruit. Et cette intimité ne peut se vivre que par la fréquentation assidue de sa Parole dans la Bible, que par l’accès aux sacrements et, j’en suis totalement convaincus, à la suite de Thérèse d’Avila et de Jean de la Croix, que par l’oraison quotidienne, longue et fréquente.

« Ce qui fait la gloire de mon Père, c'est que vous donniez beaucoup de fruit. » Le fruit le plus précieux que nous portons n'est finalement que celui que nous acceptons de recevoir dans la prière : l'amour. « Voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus-Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l'a commandé. » On ne peut répondre à l'amour que par l'amour, nous dit la première lettre de Jean. Un amour qui nous tourne vers Dieu et vers les autres. Mais pas de façon immatérielle, abstraite mais « par des actes et en vérité. » Le disciple sait que demeurer en Dieu passe par l'amour concret qu'il a pour ses frères et sœurs en actes et non en paroles seulement.

La première lecture nous propose comme exemple de disciple la personne de Paul. Après avoir cherché à combattre la foi chrétienne dans ses premiers germes, voilà qu'il fait l'expérience bouleversante de la rencontre avec le Christ. Et après avoir ensuite rencontré l'Église par Ananie qui a la merveilleuse audace de l’appeler « Saül, mon frère » il reçoit guérison et Esprit Saint et pourra alors témoigner de celui qu'il a rencontré et qui a changé sa vie. Il demeure dans le Christ comme le Christ demeure en lui, et cela se voit et s'entend : « Paul allait et venait dans Jérusalem avec les apôtres, prêchant avec assurance au nom du Seigneur. »

Soyons des hommes et des femmes qui vivent, par la prière et par l’écoute de la Parole, en communion avec le Christ, branchés sur lui comme le sarment sur la vigne. Soyons des témoins de l'amour de Dieu, non par de simples paroles mais « par des actes et en vérité. » Nous pourrons alors entendre Jésus nous dire : « Ainsi, vous serez pour moi des disciples. »

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