Homélies


Attention : le service abonnement est supprimé (voir ici)

Bible ouverte

| 16e dimanche C | 17e dimanche C |

16e dimanche dans l'année C

21 juillet 2019

Imprimer l'homélie

Ces deux soeurs qui avaient un frère Lazare, les évangiles en parlent trois fois, dans des scènes où leurs tempéraments sont bien décrits à chaque fois. Marthe l’active. Marie la paisible. Saint Jean, en une courte phrase, nous dit que « Jésus aimait Marthe et sa soeur et Lazare » (Jean 11/15). Et, à l’occasion du deuil qui a frappé cette famille, il nous rapporte que Jésus pleure.

Une autre fois, on voit Marthe en train de servir une autre repas, et Marie de nouveau « assise aux pieds de Jésus » (Jean 12/2.3). Ainsi Jésus avait des amies. C’était chez elles qu’il revient chaque soir de sa dernière semaine avant de mourir. Voici donc un lieu où il a pu goûter la douceur de l’amitié. Dans l’Apocalypse, Jean écrira :  « Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai le repas avec lui, et lui avec moi » (Ap. 3/20)

Contemplons dans le coeur l’admirable icône de Marie, assise aux pieds du Seigneur. Jésus parle, elle écoute. Que disent-ils ensemble ? Lui raconte-t-il la parabole du Bon Samaritain ? J’aime plutôt imaginer que Jésus lui murmure des confidences sur sa mort et sa résurrection. Plusieurs fois, il a tenté de partager ses soucis avec ses apôtres, mais ils n’ont pas voulu ou pas pu comprendre. Avec cette disciple féminine, qui sait ? n’y a-t-il point eu une mystérieuse connivence ? Nous savons en tout cas, par Jean et par Marc, que cette femme intuitive a mieux saisi que d’autres le mystère de l’ensevelissement et de la résurrection de Jésus. Jésus reviendra à Béthanie, dans sa maison, juste avant sa Pâques. Marie, doucement, avec une exquise finesse, à l’avance, fera une sorte d’embaumement avec un parfum de très grand prix...!

Mais gardons-nous de déprécier Marthe ! Marthe est bien nécessaire ! Marthe est indispensable ! Marthe est si aimante ! Jésus est honoré aussi par tout amour qui se met au service des autres... « Vous m’avez donné à manger, vous m’avez donné à boire, venez les bénis de mon Père » (Matthieu 25/34). Jésus est sanctifié par toutes les tâches ménagères, si humbles, si pleines d’amour, de tant de femmes, dans le monde entier, dans toutes les civilisations, et qu’on pense si peu à remercier. Pourtant Jésus n’invite pas Marie à se montrer « gentille » avec sa soeur. « Marthe, n’oublie pas l’essentiel », dit Jésus. Marthe s’est dépensé autant qu’Abraham et Sara pour accueillir leurs hôtes. Jésus goûte la chaleur de son accueil actif. Mais il la met en garde contre l’agitation, la crispation le « stress » qu’elle y met. Car l’inquiétude et le souci nous replient sur nous-mêmes.

L'idéal c'est de devenir autant  Marie que  Marthe. De grandes saintes comme Thérèse d'Avila, ou Jeanne de Chantal , voire Jeanne d'Arc ("Messire Dieu premier servi"), ont su l'être. Le temps des vacances pourrait devenir davantage un temps pour retrouver notre équilibre, notre paix intérieure et notre liberté. Pour vivre le temps de l’action et du service sans excitation, en laissant place à « l’unique nécessaire » .

Jésus aime qu’on lui donne la priorité. L’écoute aimante de sa Parole doit passer avant tout. Il faut lui réserver « la meilleure part » de nos journées. Et lorsque nous le faisons, regardons comme notre action devient alors réellement « efficace ». Nous deviendrons capables d’écouter vraiment les autres et de les aider par la joie paisible que nous mettrons à leur service.

Haut de page


17 dimanche dans l'année C

 28 juillet 2019

Imprimer l'homélie

Ce que Jésus veut nous enseigner, c'est que le Dieu est plus accueillant que le meilleur des amis, plus affectueux que le meilleur des pères de la terre. Il multiplie verbes et images pour dire avec quelle persévérance et quelle confiance nous pouvons nous tourner vers lui. Sans craindre de le déranger, nous avons à demander avec insistance, à frapper sans nous lasser, à chercher sans nous décourager. Jésus veut ainsi éveiller et faire grandir en nous la conscience de l'amour que Dieu nous porte.

La prière de demande n'est ni abaissement ni humiliation, mais relation filiale. Et l'imperfection n'est pas dans l'ami chez qui on frappe, ni dans le Père à qui nous adressons une demande. Elle est en nous-mêmes, dans notre peu de foi. Ce n'est pas Dieu qu'il s'agit de changer, c'est nous-mêmes, qui oublions si souvent de nous tourner vers lui avec confiance. L'amour de notre Père est plus grand que notre cœur, le don qu'il nous fait est n’est autre que son Esprit Saint. C'est donc lui-même qui se donne à nous, et qui vient combler notre vie. La prière ouvre notre esprit et notre cœur, elle l'élargit pour que l'amour vivant y trouve place. La prière commence par une demande toute simple, terre à terre même, et elle nous fait peu à peu entrer dans l'intimité de Dieu, elle nous fait devenir Dieu…

La liturgie de ce dimanche nous présente un passage de la Genèse comme introduction à ces paroles de Jésus. Il nous montre la prière d’Abraham. Le patriarche qui a quitté son pays et sa famille sur la Parole de Dieu, qui accueille la promesse d'une descendance contre toute espérance humaine, qui sera prêt à sacrifier le fils de la promesse : il sait ce que signifie faire confiance à Dieu. Sa prière est pleine de son expérience de la bonté de Celui en qui il a mis sa foi et à qui il a remis sa vie. S'il ne sait pas encore l'appeler « Père », il lui parle cependant avec la liberté d'un fils. Il Le connaît bien. Ce n'est pas possible qu'Il détruise une ville, s'il y a cinquante justes, ou quarante… ou même seulement dix : « Quelle horreur ! »

Et il ne s'agit pas de sauver seulement les justes, mais à cause d'eux d'épargner toute la ville, pécheurs compris ! La suite de l'histoire dira que le compte n'y était pas, et que la ville fut détruite. Mais ce dialogue annonce déjà le salut de l'humanité, malgré son péché, à cause du seul Juste ! Le Dieu qui a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils, comment pourrait-il, avec lui, ne pas tout nous donner ?

emarquons que si la lettre de Paul aux Colossiens, qui nous est proposée aujourd'hui, ne parle pas explicitement de la prière, elle l'enracine dans notre condition nouvelle de ressuscités avec le Christ, déjà morts au péché, pardonnés et sauvés. Elle l'appuie sur la force de Dieu « qui a ressuscité Jésus d'entre les morts ».

En réponse à la demande des disciples, Jésus nous apprend donc à prier comme lui. Il transforme nos appels en prière filiale : « Quand vous priez, dites : “ Père ! ” ». Nos cris touchent Dieu au cœur. Si nous savons persévérer dans la prière, ils nous reviennent avec la douceur de l'Esprit consolateur. Notre fidélité nous rendra la paix et nous établira dans la confiance. Elle élargira aussi notre prière, comme celle d'Abraham, aux besoins de tous nos frères les hommes

Haut de page