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Calendrier liturgique 2014-2015 - Année B
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Saint François


Vingt deuxième dimanche dans l'année B

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Bible de la liturgie
30 août 2015
Deutéronome 4, 1-2.6-8
Psaume 14
Jacques 1, 17-18.21b-22.27
Marc 7, 1-8.14-15.21-23

Jésus pose la question : à quoi bon se laver les mains, si le cœur n’y est pas ? Cependant que les mamans se rassurent : Jésus ne dit pas que les enfants peuvent manger les mains sales ! Il ne parle pas d’hygiène, mais de religion. C’est sûr qu’il faut se laver les mains avant de passer à table autant pour ne pas tomber malade que pour ne pas dégoûter les autres.

Mais, pour les pharisiens, ces gestes étaient religieux. A l’origine de ces coutumes, il y a un sentiment de grande délicatesse à l’égard de Dieu. Se laver les mains donne au repas une signification sacrée : on mange devant Dieu et on le remercie de nous fournir le pain. C’est très beau !

Seulement voilà, c’est souvent le cas avec les hommes, les plus belles traditions se dénaturent avec le temps. Pour les pharisiens, ces pratiques de respect sont devenues une manière de séparer les hommes, de distinguer rituellement les purs des impurs. Les Juifs sont préservés de contact mauvais avec les païens, les justes sont écartés des pécheurs, les bien portants sont éloignés des malades.

Jésus, lui, dit que Dieu est ouvert à tous les hommes. Il accueille le contrôleur d’impôts méprisé, le centurion de l’armée d’occupation, le lépreux ou la femme de mauvaise vie. A quoi sert de se laver les mains, selon les rites, si le cœur est plein de pensées de mépris, de haine, de mesquinerie ou d’envie ? C’est tellement important de rassembler les gen, de les accueillir, de les écouter. C’est ce qu’aime Dieu.

Et Jésus ajoute quelque chose d’important : il faut changer ton cœur ! Sinon, tu feras comme Pilate, qui se lave les mains en condamnant l’innocent. Sinon tu seras semblable aux grands prêtres qui veillent à ne pas entrer dans le palais du Gouverneur pour éviter de se souiller près d’un païen. Ils croient rester purs et ils mènent à la croix le Fils de Dieu. Quelle fausseté !

C’est de ton cœur, pas de la boue des chemins, que vient tous les maux qui divisent les hommes et font parfois de la terre une sorte d’enfer. Aucune eau de nos fontaines ne peut ôter cette saleté là. C’est ton cœur mauvais qui te sépare de Dieu et des autres.

Mais tu peux le changer, en n’y laissant entrer que la Parole de Dieu. Tu peux le purifier, en laissant le regard de pardon de Jésus le laver. Alors, comme saint Pierre, qui a pleuré amèrement sa lâcheté, Jésus fera de toi un homme, une femme, au cœur doux et pacifié, aimant Dieu et ses frères.

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Vingt troisième dimanche dans l'année B

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Bible de la liturgie
06 septembre 2015
Isaïe 35, 4-7a
Psaume 145
Jacques 2, 1-5
Marc 7, 31-37

Marc nous présente souvent Jésus en train de guérir. Le risque de ces récits serait que nous n’y voyons que l’extraordinaire. Jésus pourtant a pris bien soin de recommander « de n’en rien dire à personne ». Comme s’il nous disait : « N’en restez pas à la superficialité... », à cette curiosité malsaine des journaux à sensation. C’est chacun de nous, aujourd’hui, par la grâce de son baptême, que le Seigneur veut guérir de sa surdité et de son mutisme spirituels. Ce jour là, Jésus a fait un signe visible et palpable : « Les oreilles s’ouvrirent, et sa langue se délia et il parlait correctement... » Tous peuvent voir s’accomplir les promesses du prophète Isaïe : « Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ».

Il y a en nous un sourd muet, fermé à ses frères et imperméable à la grâce, incapable de parler à Dieu et de communiquer avec les autres. Ecouter, parler... cela semble naturel ! Et pourtant que d’êtres parfois tout proches de nous que nous n’entendons plus, à qui nous ne parlons plus. Par lui-même, l’homme est enfermé dans son égoïsme, incapable d’une vraie écoute.

Ce qui est vrai, déjà, de nos relations humaines, est multiplié à l’infini dans nos relations avec Dieu. Pour écouter Dieu, nous sommes terriblement sourds. Pour  proclamer la Parole de Dieu, nous restons souvent muets...

Jésus, lui, est l’homme ouvert aux autres. Alors que scribes, pharisiens, esséniens et sadducéens élèvent des barrières pour s’isoler des pécheurs et des publicains, des païens et des Samaritains, Jésus, lui, recherche le contact avec tous. L’évangile d’aujourd’hui nous le montre en Phénicie et en Décapole, à l’aise partout, et mettant tout le monde à l’aise. Il est le Maître qui sait écouter. Il est l’Ami qui sait parler. Alors que Satan est fermé à tout et ferme l’homme en lui-même, Jésus brise ce monde clos d’un mot : « Effata, Ouvre-toi ! » Il nous ouvre à Dieu et aux autres.

Au temps de saint Marc, à Rome, on touchait les oreilles et les lèvres du baptisé en disant « Effata ». Ce rite est toujours employé. Nous naissons dans un monde clos. La foi, don du Christ à notre baptême, nous ouvre. Le prêtre dit, au baptême : « Le Seigneur Jésus a fait entendre les sourds et parler les muets : qu’il te donne, d’écouter sa Parole, et de proclamer la foi pour la louange et la gloire de Dieu le Père ».  Et remarquons comment c’est par son corps que Jésus nous guérit et nous libère. « Il lui mit les doigts dans les oreilles, et lui toucha la langue avec sa salive, puis, levant les yeux au ciel, il soupira... » 

Jésus nous sauve par des gestes parlants : le repas de la Cène, le sang versé de la croix, la pierre roulée du tombeau vide. Les sacrements sont dans ce droit fil : rencontrer Dieu réellement passe par les oreilles, et par la langue et par les yeux et par les signes sacramentels. Nous approchons-nous de Jésus pour qu’il fasse de nous un être neuf, guéri de sa surdité et de son mutisme ? Laissons Jésus nous déployer !

 

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