logo

Calendrier liturgique 2013-2014 - Année A

Dernière modification de la page : 19-11-2014

| Christ- Roi | 1er Avent B |

Saint François

Solennité du Christ-Roi

Imprimer l'homélie
Une autre homélie ?
Abonnez-vous aux homélies

Bible de la liturgie
23 novembre 2014
Ezéchiel 34, 11-12. 15-17
Psaume 22
1 Corinthiens 15, 20-26. 28
Matthieu 25, 31-46

Dans la première lecture, le prophète Ezéchiel nous présente Dieu comme un bon berger. Il a regardé son peuple et a pris compassion de sa détresse. Il arrive à temps pour soigner son troupeau. Il se réjouit des belles brebis qui ont su profiter des meilleurs pâturages. Mais dans ce troupeau, il y a des brebis perdues et d’autres qui sont malades. Toutes sont à lui et il ne veut en perdre aucune.

Le Christ est pour nous ce bon berger qui se consacre entièrement chacune de ses brebis. Il voit la souffrance des uns et des autres. Il voit notre vie spirituelle anémiée . Il vient à nous pour nous relever et raviver notre espérance : « Le Seigneur est mon berger ; rien ne saurait me manquer. » C’est une invitation à l’espérance : Le Seigneur ne nous abandonne pas.

L’évangile nous montre un Jésus tellement proche des petits, qu’il s’identifie à eux. L’image du berger est toujours là, mais celle qui apparaît le plus, c'est celle du juge. Face à lui, nous serons renvoyés à ce qui aura fait la vraie valeur de notre vie. « J’avais faim… J’étais malade… J’étais étranger… » Ici, Jésus se présente sous l’aspect le plus fragile et le plus humilié de celui qui est dans le besoin. A travers celui qui est malade, en prison ou sans ressource, c’est lui que nous accueillons ou que nous rejetons.

Il est donc urgent d’exercer la miséricorde, de bâtir ce Royaume de justice et de paix, voulu par Jésus. Notre critère ne doit plus être le « chacun pour soi » mais le partage et la solidarité. L’évangile nous montre Dieu qui sépare les hommes, les bons à droite et les mauvais à gauche. Cela renvoie au récit de la création du monde : nous y découvrons Dieu séparant la lumière et les ténèbres, les eaux qui sont sous le firmament et celles qui sont au-dessus, la terre et la mer.

Dans ce récit du jugement, c’est donc une nouvelle création, celle d’un monde nouveau bâti sur l’amour et la fraternité, où « Dieu sera tout en tous. » Le seul critère de séparation qui y subsiste c’est l’amour des petits. Il n’y aura plus de distinction entre religions, entre tendances politiques, entre riches et pauvres. Il ne restera plus qu’un seul critère de séparation : d’un côté ceux qui auront aimé leurs frères et de l’autre ceux qui ne l’auront pas fait.
C’est exclusivement sur l’amour que nous serons jugés. Mais ce jugement, ce n'est pas seulement pour plus tard, pour après notre mort. C’est maintenant que nous accueillons ou que nous refusons d’accueillir le Christ, à travers le pauvre et le petit. Dieu n’aura pas à juger les hommes. Ils se seront eux-mêmes jugés tout au long de leur vie en accueillant ou en refusant son Royaume d’amour. Dieu n’aura rien d’autre à faire qu’à dévoiler ce qui était caché en chacune de leurs journées. La pratique de l'amour gratuit nous fait entrer dans une joie qui est joie divine.

Mais, inversement, celui qui n'aura pas su aimer avec gratuité, celui-là se sera cadenassé dans un égoïsme qui conduit à la tristesse et à la solitude. Sa vie se sera desséchée : il sera devenu une bale bonne seulement à être brûlée. Cette conséquence tragique de notre pratique quotidienne est toujours possible. Mais il ne faut pas que ce soit l'impression dominante de cette fresque du Jugement.

La parabole dit l'importance de la joie pour dire qu'elle peut nous échapper facilement. Mais trop s'attarder aux pleurs et aux grincements de dents serait risquer de douter de la bonté généreuse de Dieu et fermer les yeux sur les visites quotidiennes de Dieu dans nos frères. Mieux vaut changer notre cœur et nos actes. C'est ce qu'a si bien compris le grand poète indien Tagore:

« Je dormais et rêvais que la vie n'était que joie.
Je m'éveillais et je vis que la vie était service.
Je servis et je compris que le service était la joie. »

haut


1er dimanche de l'Avent B

Imprimer l'homélie
Une autre homélie ?
Abonnez-vous aux homélies

Bible de la liturgie
30 novermbre 2014
IsaIe 63, 16b-17. 19b; 64, 2b-7
PCorinthiens 1, 3-9
Marc 13, 33-37

Veillez donc

Veillez ! A quatre reprises, l’exhortation est répétée dans l’évangile d’aujourd’hui.  « Ah ! Si tu déchirais les cieux ! », disait Isaïe, tandis que saint Paul renchérit en parlant de « tenir solidement jusqu’au bout. » Le ton de cet Avent qui commence est donc bien donné par les lectures.

L’Avent est donc avant tout le temps de l’attente du Seigneur. « Reviens », dit Isaïe, « ne nous laisse pas tomber » pourrions-nous ajouter en termes actuels. Le peuple s’est détourné de Dieu, il erre sur des sentiers inconnus et ténébreux. Mais notre Dieu, nous rappelle le prophète, est un Dieu fidèle, qui répond  à celui qui revient à lui, un Dieu qui vient à la rencontre de celui qui attend.

L’Avent qui débute aujourd’hui nous est donné pour réveiller notre attente, notre soif de Dieu. Car nous sommes bien souvent guettés par l’assoupissement, comme le conducteur qui a trop bu et se jette dans l’obstacle. Restons sur nos gardes, soyons vigilants, vivons, comme le conseillait Charles de Foucauld, « chaque jour comme si tu allais mourir ce soir. »
 Car Dieu semble absent, comme cet homme de la parabole qui est parti en voyage. Dieu est le « Tout-Autre » qui nous laisse apparemment seuls, non pas tant dans le malheur que devant notre responsabilité d’êtres humains libres et adultes. Dans nos familles, dans nos métiers, dans la cité et dans l’Eglise.

S’il parle de l’absence, Jésus parle plus encore de son retour. Nous marchons vers cette rencontre. Celle de la fin du temps, où, Seigneur, je te verrai face à face, et je te connaîtrai comme je suis connu.

L’aujourd’hui de Dieu

Mais il nous renvoie aussi à l’aujourd’hui, où Dieu ne cesse de venir à nous,… « mais c’est de nuit », comme le dit l’un des grands poèmes de Jean de la Croix. Car notons le bien, l’évangile ne suggère qu’un retour de nuit : « le soir, ou à minuit, au chant du coq, ou le matin… »  Pourtant en Orient, jadis, il n’était pratiquement pas question de voyager de nuit, tant l’insécurité des chemin était grande. C’est donc vers la signification symbolique de la nuit qu’il faut nous pencher pour comprendre la nuit. La nuit, c’est le temps des ténèbres, celles où s’enfoncent Judas dans l’évangile de Jean, celles de la Passion, le temps de la tentation et de l’épreuve. C’est la nuit surtout, qu’il faut rester vigilant.

Veiller dans la nuit, c’est attendre dans les difficultés. C’est garder l’espérance quand tout est noir, c’est balbutier sa prière quand les vents sont contraires. C’est recevoir de Dieu la grâce de tenir bon, de rester debout lorsque tout paraît s’écrouler autour de nous. Dieu est là, source cachée, sourdant éternellement… mais c’est de nuit, chante le poète-mystique espagnol. Et Edmond Rostand, qui n’était pas un saint, a ce mot extraordinaire dans son « Chanteclerc » : «  c’est dans la nuit qu’il est bon de croire à la lumière ».

Car Dieu arrive chaque jour, mais toujours à l’improviste ! Il est inattendu, surprenant. Gardons-nous prêts pour l’imprévu de ses visites. C’est le temps de l’Avent. Devenons des guetteurs de l’aube divine, par la foi persévérante et par la charité attentive.

 

« Savez-vous ce que c’est que d’avoir un ami, d’attendre qu’il vienne, et de le voir tarder ? Savez-vous ce que c’est que de désirer que le temps passe, en attendant la venue de quelqu’un qui vous fait battre le cœur ? Savez-vous ce que c’est que d’avoir un ami au loin, d’attendre de ses nouvelles, de vous demander, jour après jour, ce qu’il fait en ce moment, et s’il se porte bien… Veiller dans l’attente du Christ est un sentiment qui ressemble à ceux-là ».

J. H. Newmanhaut

Abonnez-vous ici