Méditation du mois

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Pour la Pâque


« Nous allons participer à la Pâque. Cette participation sera, maintenant encore, en figure, par le Sacrement. Toutefois, ce Sacrement sera plus parlant que dans la loi ancienne, car le Banquet pascal, j'ose le dire, était alors très obscur : c'était une préfiguration. Mais bientôt, la Pâque sera plus parfaite et plus pure, car le Verbe y boira avec nous le Vin nouveau dans le Royaume de son Père. Alors, en effet, Il nous révélera et nous enseignera ce qu'Il nous a montré jusqu'ici de façon restreinte. Car elle est toujours nouvelle, la Pâque que nous pouvons connaître aujourd'hui.

Quelle est donc cette Boisson délicieuse ? C'est à moi de l'enseigner, c'est au Christ de faire comprendre et assimiler cette doctrine à Ses disciples. En effet, la doctrine est une nourriture, même pour celui qui la donne aux autres.

Eh bien, quant à nous, participons à la loi, mais à la lumière de l'Évangile et non pas selon la lettre ; de façon parfaite et non ébauchée ; pour toujours et non pas pour un moment. Ayons pour capitale non pas la Jérusalem d'en bas, mais la Cité d'en haut ; non pas celle qui est piétinée par les armées, mais Celle qui est glorifiée par les anges. Offrons en sacrifice, non pas de jeunes taureaux ni des agneaux portant cornes et sabots — offrandes mortes et insensibles — ; offrons à Dieu un sacrifice de louange sur l'autel céleste, en union avec les chœurs du ciel. ~ Ce que je vais dire va plus loin : c'est nous-mêmes que nous devons offrir à Dieu en sacrifice ; offrons-lui chaque jour toute notre activité. Acceptons tout pour le Christ ; par nos souffrances, imitons sa Passion ; par notre sang honorons son Sang ; montons vers la Croix avec ferveur.

Si tu es Simon de Cyrène, prends la Croix et suis-Le. Si tu es crucifié avec Lui, comme le malfaiteur, reconnais, comme cet homme juste, qu'Il est Dieu. Si Lui-même a été compté parmi les pécheurs à cause de toi et de ton péché, toi, deviens un homme juste à cause de Lui. En te crucifiant, adore Celui qui a été crucifié à cause de toi, et tire quelque profit de ta méchanceté même ; achète le salut au prix de la mort ; entre au Paradis avec Jésus, pour comprendre de quels biens tu étais exclu. Contemple les merveilles qui sont là, et laisse mourir au-dehors, avec ses blasphèmes, celui qui L'injuriait.

Si tu es Joseph d'Arimathie, réclame le Corps à celui qui l'a fait mettre en Croix ; que ton souci soit le rachat du monde. Si tu es Nicodème, cet adorateur nocturne de Dieu, mets-Le au tombeau avec les parfums.

Si tu es une des saintes femmes, l'une ou l'autre Marie, si tu es Salomé ou Jeanne, va le pleurer de grand matin. Sois la première à voir la pierre enlevée, à voir peut-être les anges, et Jésus Lui-même. »

« Homélie 45, pour la Pâque ».

Grégoire de Naziance
(329-290)

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